Par Le Figaro avec AFP

Publié le 30/10/2026 à 20h29, mis à jour le 30/10/2026 à 20h30

Cette photographie montre un livre posé sur la tombe de l’écrivain guatémaltèque Miguel Angel Asturias au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, le 20 août 2026. LOU BENOIST / AFP

Les cendres d’Asturias, récompensé par le Nobel en 1967, arriveront le 12 novembre depuis Paris, où elles reposaient au cimetière du Père-Lachaise après sa mort en Espagne à l’âge de 74 ans, des suites d’un cancer.

Passer la publicité Passer la publicité

Les cendres du prix Nobel de littérature Miguel Angel Asturias, décédé en 1974 et inhumées à Paris, seront rapatriées au Guatemala pour des funérailles nationales le 15 novembre, a annoncé la famille de l'écrivain à l'AFP.

Les cendres d'Asturias, récompensé par le Nobel en 1967, arriveront le 12 novembre depuis Paris, où elles reposaient au cimetière du Père-Lachaise après sa mort en Espagne à l'âge de 74 ans, des suites d'un cancer. La France et le Guatemala préparent des funérailles d'État pour l'écrivain, qui sera inhumé dans un monument érigé au sein du principal centre culturel du pays qui porte son nom. La famille a décidé de rapatrier ses cendres après l'arrivée au pouvoir du président social-démocrate Bernardo Arévalo en 2024, a expliqué à l'AFP Miguel Angel Asturias Amado, fils du Nobel.

Passer la publicité

Le président Arévalo «n'est pas corrompu», a-t-il ajouté. Le chef de l'État a pris ses fonctions malgré les manoeuvres pour l'en empêcher de l'ex-procureure Consuelo Porras liée, selon ses détracteurs, à un «pacte des corrompus», supposé réseau incluant des responsables politiques, des membres de l'élite entrepreneuriale et le crime organisé. Avoir constaté «l'unité» dans les manifestations contre les tentatives de l'ancienne procureure a convaincu la famille que les conditions étaient réunies pour le transfert des cendres de l'écrivain.

«Un acte de justice»

«Je crois qu'il existe une petite lueur au milieu d'une obscurité, d'un tunnel très sombre pour le Guatemala», a assuré son fils. «Nous venons de gouvernements corrompus qui ont détruit le Guatemala, ils ont tué tous les futurs dirigeants que nous aurions pu avoir (...), tout cela a fait que le Guatemala a beaucoup souffert», a-t-il déploré. Asturias est né le 19 octobre 1899 à Guatemala, la capitale. Avocat, romancier et diplomate, il fut aussi journaliste et, en 1937, fonda le premier journal radiophonique du pays. Le rapatriement de ses cendres est «un acte de justice envers ce qu'est encore aujourd'hui Miguel Angel Asturias comme écrivain universel», a ajouté son fils, ingénieur électromécanicien de 85 ans.

«Mon père a été un grand écrivain, un grand homme de lettres, mais aussi une personne engagée pour le Guatemala, engagée face à ses problèmes sociaux et politiques.» En 1954, après une invasion armée financée par les États-Unis, qui mit fin à une décennie de réformes démocratiques au Guatemala, Asturias fut privé de sa nationalité, ses livres furent interdits et il partit en exil. Parmi ses oeuvres se distinguent «Monsieur le Président» (1946), livre inspiré de la dictature de Manuel Estrada Cabrera (1898-1920), «Hommes de maïs» (1949), considéré comme le premier roman hispano-américain du mouvement du «réalisme magique», et «Légendes du Guatemala» (1930), son premier ouvrage publié, qui reprend des récits d'origine maya.

L'écrivain rentre brièvement au Guatemala en 1959, pour finalement ne «plus jamais revenir», se souvient son fils. Un nouveau gouvernement lui restitua ses droits en 1966 et il fut alors nommé ambassadeur à Paris. «L'exil a signifié des séparations. On souffre énormément», confie M. Asturias Amado, qui a quitté le Guatemala à l'adolescence et vit en Argentine. Le rapatriement intervient deux ans après l'annonce faite conjointement par la famille et le président Arévalo.

Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira