Quel est le poids de la guerre en Iran dans la déroute du camp républicain aux Etats-Unis ? Le président américain admet mercredi que le conflit déclenché en février contre Téhéran lui a sans doute coûté des sièges au Sénat.

Radio France

Publié le 04/11/2026 14:08

Temps de lecture : 2min

Rassemblement devant un panneau anti-américain représentant Donald Trump, sur la place Enghelab à Téhéran, le 3 novembre 2026. (ATTA KENARE / AFP)

"Les Américains ont dit non à la guerre et nous approuvons ce message", jubile, mercredi 4 novembre, le président du Parlement iranien, également négociateur en chef avec les États-Unis. La république islamique craignait une reprise des bombardements américains et israéliens après les élections. Elle se réjouit aujourd'hui de la défaite des républicains. Mohammad Bagher Ghalibaf salue le vote des électeurs américains contre Donald Trump, que ce soit "par conscience ou à cause du coût de la vie".

Le président américain admet lui-même, du bout des lèvres sur Fox News, que la guerre contre l'Iran a pesé "en partie" sur les résultats et la hausse des prix du pétrole, même s'il estime toujours que "les gens en comprennent l'importance".

La position iranienne se renforce donc dans les négociations au moment ou Téhéran craignait une nouvelle attaque américaine, juste après les élections. Benyamin Nétanyahou, lui aussi, est sorti dans une posture délicate des urnes en Israël, sans majorité, alors qu'il ne cessait d'appeler Donald Trump, ces derniers jours, pour le convaincre de frapper au plus vite l'Iran.

La perspective d'une nouvelle escalade reste incertaine. Donald Trump a revendiqué un bombardement, lundi 2 novembre, sur une infrastructure anti-aérienne en Iran. Mais l'attaque est restée limitée, tandis qu'un troisième porte-avion américain fait actuellement route vers le Moyen-Orient.

La République islamique se prépare toujours à l'éventualité d'une reprise des combats directs et menace Donald Trump de vivre un "cauchemar", "si le gouvernement américain trahit la volonté de son peuple" après sa défaite électorale.

Par ailleurs, de nombreux pays mènent une intense activité diplomatique pour éviter une reprise de la guerre. Le Qatar, médiateur dans le conflit, espère toujours un accord alors que d'énièmes pourparlers sont en cours. Téhéran a proposé de rouvrir le détroit d'Ormuz en deux jours en cas de succès des négociations.

La Chine, principal importateur du pétrole iranien, veut aussi éviter des nouvelles tensions au Moyen-Orient. C'est sa priorité "absolue", dit-elle, après des rencontres cette semaine avec des responsables iraniens, saoudiens et omanais. Dans la région même, le Liban s'inquiète. Le Premier ministre Nawaf Salam met en garde le Hezbollah contre "les dangers qu'il y aurait à entraîner le Liban dans une nouvelle aventure insensée". "Nous n'accepterons pas que le pays redevienne le théâtre des conflits des autres", prévient-il.

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