Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, leader du parti Likoud, réagit alors qu’il parcourt le marché Mahane Yehuda, avant l’élection nationale d’Israël, à Jérusalem, le 23 octobre 2026. (Image d’illustration) Kevin Coombs / REUTERS

Pour prendre part aux législatives du 27 octobre, les Israéliens expatriés doivent regagner leur pays. Le Likoud, parti de Benyamin Netanyahou, s’est opposé à l’assistance proposée pour leur voyage par une association, estimant que ces facilités pouvaient avantager l’opposition.

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Pour glisser un bulletin dans une urne, certains Israéliens doivent d’abord acheter un billet d’avion. La règle est exigeante, mais laisse peu de choix : sauf exceptions concernant notamment les diplomates et certains agents en mission, Israël ne permet pas à ses citoyens de voter depuis l’étranger. Des dizaines de milliers d’entre eux ont donc envisagé de prendre l’avion pour voter ce mardi 27 octobre. Leur droit de participer au scrutin n’est pas contesté. L’aide apportée pour organiser leur retour, en revanche, a occupé la commission électorale centrale du pays il y a quelques semaines.

À l’origine du différend, Fly&Vote, un programme destiné à faciliter le retour des Israéliens établis à l’étranger, en lien avec des compagnies aériennes et des agences de voyages. Il est porté par AID Coalition, une association à but non lucratif basée aux États-Unis, issue de la mobilisation de 2023 contre la réforme judiciaire du gouvernement Benyamin Netanyahou. L’organisation se déclare toutefois non partisane, affirme ne soutenir aucun candidat ni aucun parti, et assure que les voyageurs règlent eux-mêmes leurs frais. Six vols ont ainsi été proposés. Le 16 septembre, le Likoud, le parti du premier ministre Benyamin Netanyahou, a saisi la commission électorale centrale, chargée de veiller au bon déroulement du scrutin, pour contester cette assistance.

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Les réservations du Likoud

Le recours ne portait pas sur le droit des expatriés à voter, mais sur les moyens employés pour les faire venir. Selon l’avocat du Likoud, Ilan Bombach, les aides à la réservation, les réductions de prix et les services annexes pouvaient constituer des avantages interdits par la législation électorale, susceptibles d’inciter leurs bénéficiaires à voter pour les partis d’opposition à Benyamin Netanyahou. Il mettait aussi en cause l’intervention d’une organisation établie à l’étranger.

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Le 6 octobre, la procédure s’est achevée par un compromis devant le juge Noam Sohlberg, président de la commission électorale centrale. Le Likoud a retiré son recours ; en contrepartie, AID Coalition s’est engagée à ne subventionner aucun billet, à n’accorder aucune réduction et à ne pas organiser de vols supplémentaires. Les six déjà annoncés sont maintenus, aux tarifs fixés par les compagnies aériennes. L’accord limite aussi les prestations annexes, notamment le transport et l’hébergement. L’association doit enfin verser 10.000 shekels au titre des frais de justice du Likoud. Ce dernier a revendiqué une victoire juridique, tandis que les organisateurs ont souligné qu’ils pouvaient encore poursuivre leur activité.

Faciliter sans financer

Reste à savoir combien d’Israéliens établis à l’étranger ont effectivement fait le déplacement : dans ces élections annoncées serrées, leurs suffrages pourraient peser sur le résultat. Le 22 octobre, Fly&Vote a estimé à environ 67.000 le nombre d’expatriés prévoyant de rentrer voter, contre 53.000 au début du mois. Pour les voyageurs, une obligation demeure : être présents en Israël le jour du scrutin, ce mardi 27 octobre.

Source: Le Figaro · Marion Prost

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