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Le premier ministre sortant joue son avenir politique dans un scrutin où les sondages le donnent au coude-à-coude avec le bloc principal de l’opposition emmené par un ancien chef de l’armée, le centriste Gadi Eisenkot.

Une affiche électorale pour Benyamin Nétanyahou, à Ramle (Israël), le 14 octobre 2026.

C’est un scrutin serré aux allures de référendum pour le premier ministre Benyamin Nétanyahou. Plus de sept millions d’Israéliens sont appelés aux urnes, mardi 27 octobre, pour les premières élections législatives depuis les attaques du mouvement palestinien Hamas sur le sol de l’Etat hébreu, le 7 octobre 2023, qui ont constitué un traumatisme pour toute la population.

Ces élections interviennent sur fond de critiques internationales croissantes contre la conduite de la guerre à Gaza, ainsi que les violences et l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée sous le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël.

Les résultats seront scrutés aussi à l’étranger, alors que M. Nétanyahou multiplie de nouveau les menaces contre l’Iran au risque d’aggraver un conflit régional qui a déjà eu des répercussions dans le monde entier.

Selon les derniers sondages, la coalition de droite et d’extrême droite de M. Nétanyahou et le bloc principal de l’opposition emmené par un ancien chef de l’armée, le centriste Gadi Eisenkot, sont au coude-à-coude. Mais aucun des deux camps ne semble en mesure de décrocher la majorité des 61 sièges à la Knesset, ce qui augure de longues tractations à l’issue du scrutin.

Un scrutin sous haute tension

Les médias israéliens anticipent un taux de participation très élevé, à la mesure des enjeux du scrutin. Des dizaines de milliers d’expatriés sont ainsi revenus au pays pour voter, et la minorité arabe israélienne, qui constitue 20 % de la population et se dit discriminée comme jamais, est poussée par un vent puissant de dégagisme.

Les quelque 7,3 millions d’électeurs israéliens pourront voter entre 6 heures et 21 heures (heure de Paris). Les principales chaînes de télévision publieront des projections immédiatement après, en attendant les résultats officiels dans les jours suivants.

Signe de la polarisation extrême de la société israélienne depuis le 7-Octobre, les deux blocs présentent ces élections comme existentielles, mais pour des raisons différentes.

M. Nétanyahou, 77 ans dont dix-neuf à la tête du gouvernement, soit plus qu’aucun de ses prédécesseurs, a cherché à convaincre qu’il restait le mieux placé pour assurer la sécurité d’Israël malgré l’échec du 7-Octobre, en mettant en avant les coups portés au Hamas à Gaza et au Hezbollah au Liban.

Vendredi, à quatre jours des élections, il s’est immédiatement rendu sur les lieux d’une attaque qui a coûté la vie à deux soldats israéliens en Cisjordanie occupée, promettant la plus grande opération militaire dans ce territoire palestinien « depuis la guerre des Six-Jours » en 1967, soit un potentiel front de plus.

Il a aussi promis, en cas de victoire, de « finir le travail » en Iran, tandis que ses ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ont présenté des plans pour expulser les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie occupée.

Accusations de corruption

Pour ses opposants, ce scrutin est décisif pour sauver la démocratie israélienne, alors que M. Nétanyahou, en procès pour des accusations de corruption, n’a eu de cesse de s’en prendre au pouvoir judiciaire.

Ancien chef d’état-major, M. Eisenkot a mené une campagne plus discrète que l’actuel premier ministre, misant sur une image de sobriété et de sérieux, et promettant de « rassembler à nouveau tous les Israéliens ».

Son camp, qui compte les ex-premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid, ou encore les politiciens chevronnés Avigdor Liberman et Yaïr Golan, a notamment promis de créer une commission d’enquête pour établir les responsabilités dans les défaillances ayant conduit au 7-Octobre.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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