Le compromis avait pourtant été validé par l'Assemblée de Corse en 2024, puis préservé lors d'un vote favorable de l'Assemblée nationale en juin 2026.

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Publié le 27/10/2026 06:34

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L'hémicycle du Sénat à Paris, le 1er juillet 2026. (QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / AFP)

Un net coup de frein au processus initié depuis 2022. Le Sénat a rejeté dans la nuit de lundi à mardi 27 octobre la réforme constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse, suscitant la colère du camp autonomiste, qui a annoncé son "retrait" du processus de Beauvau, initié en 2022 et censé aboutir à l'octroi de pouvoirs dérogatoires à l'île.

À l'initiative de la droite, la Haute assemblée avait d'abord largement réécrit le texte constitutionnel adopté à l'Assemblée nationale, refusant notamment d'inscrire dans le texte suprême l'existence d'une "communauté insulaire" et amoindrissant la portée des pouvoirs dérogatoires accordés à la collectivité de Corse. Mais ce texte détricoté n'a finalement plus contenté grand monde. Après des débats chaotiques, il a été rejeté dans son ensemble à 181 voix contre 134, emporté par l'addition des voix des opposants à toute réforme et de ceux qui refusaient la copie sénatoriale.

Les réticences du Sénat risquent de compromettre durablement le processus : pour entrer en vigueur, toute réforme constitutionnelle doit en effet être votée dans les mêmes termes par les deux chambres du Parlement, puis, lors de leur réunion en Congrès, à la majorité des trois cinquièmes des parlementaires. Un aboutissement de la réforme avant la présidentielle paraissait déjà très improbable. Les débats de lundi éloignent encore plus cette hypothèse.

L'issue des débats au Sénat donne un net coup de frein au processus initié depuis 2022 par l'ex-ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à la demande d'Emmanuel Macron. Le compromis avait pourtant été validé par l'Assemblée de Corse en 2024, puis préservé lors d'un vote favorable de l'Assemblée nationale en juin 2026.

"Une majorité archaïque a choisi ce soir de détruire un accord politique équilibré patiemment construit et porteur d'espoir (...) Dans ces conditions, nous nous retirons du processus de Beauvau", a lancé le sénateur de Haute-Corse Paul Toussaint Parigi (Femu a Corsica), avant de quitter l'hémicycle aux côtés de plusieurs représentants autonomistes et nationalistes venus assister aux débats à la chambre haute. "L'adoption d'un tel texte aurait été inacceptable", a pour sa part réagi le parti autonomiste Femu a Corsica sur X, soulignant "une défaite cuisante pour la droite sénatoriale et ses soutiens en Corse qui s'impatientaient de célébrer l'enterrement du processus".

"Nous sommes venus avec la volonté de construire une solution politique, nous avons rencontré une volonté claire de mettre à bas tout cela", a regretté le maire de Bastia Gilles Simeoni, figure autonomiste corse, au micro de France 3 Corse. Les autonomistes du Parti de la nation corse (PNC) ont également annoncé dans un communiqué qu'ils retiraient leur "soutien au processus", critiquant le "mépris" des sénateurs.

La ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel, s'est désolée de l'issue des débats. "Ce soir, on a vu qu'on a un peu de mal à prendre en compte tout le travail qui a été accompli pendant quatre ans", a-t-elle déploré, assurant que "le gouvernement continuera à discuter" et "reprendra contact avec les élus corses" dès mardi.

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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