Le Parlement européen a décerné jeudi 22 octobre son prix Sakharov 2026, qui récompense le combat pour la démocratie et la liberté de pensée, à la Cour pénale internationale.

Une grosse partie de l'hémicycle soutenait largement cette candidature, estimant que cela résonnait avec l'actualité récente, marquée par de nouvelles attaques de l'administration Trump contre ce pilier de l'ordre juridique mondial.

Défendre cette juridiction contre Trump

Le 9 octobre, Washington a annoncé de nouvelles sanctions contre la CPI visant à paralyser son fonctionnement quotidien, quelques heures après la remise du prix Nobel de la paix à l'une de ses anciennes juges, la Sud-Africaine Navi Pillay.

Le président américain Donald Trump, qui estime que le prix Nobel aurait dû lui revenir, a fustigé un choix "honteux". Et son secrétaire d'État Marco Rubio a promis de démanteler "brique par brique" la Cour de La Haye, qualifiée de "tribunal voyou".

"Alors que la CPI et ses juges font face aux intimidations et sanctions de Trump, défendre cette juridiction, c’est défendre l’État de droit et les droits humains", avait fait valoir l'eurodéputée écologiste belge Saskia Bricmont.

"Le seul continent qui peut soutenir encore la CPI, c'est l'Europe", a estimé de son côté Chloé Ridel, du groupe Socialistes et Démocrates (S&D) qui a porté dès le début le choix de la CPI pour le prix Sakharov.

Plus globalement, depuis qu’elle a délivré un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine en mars 2023, puis contre Benjamin Netanyahu en novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) fait face à une offensive sans précédent. La Russie a riposté en criminalisant toute coopération avec la Cour. Les États-Unis ont à leur tour sanctionné 13 responsables de l’institution et promis son "démantèlement".

L’autorité de la CPI a également été fragilisée par le retrait coordonné du Burkina Faso, du Mali et du Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), puis ceux du Tchad et du Venezuela en juillet 2026 et enfin par le départ forcé du procureur Karim Khan, visé par des allégations d’agression sexuelle.

En l’espace de quelques années, la CPI a ainsi vu se multiplier les pressions politiques, les sanctions et les contestations de son autorité. Récompenser la CPI - qui juge des individus - et/ou la Cour pénale de justice - qui juge des États - enverrait un message fort de soutien à ces institutions.

En 2025, ce prix européen créé en l'honneur du dissident soviétique Andreï Sakharov avait récompensé deux journalistes emprisonnés en Biélorussie et en Géorgie, Andrzej Poczobut et Mzia Amaghlobeli. Andrzej Poczobut, un Polono-Bélarusse arrêté par Minsk en 2021, a été libéré en avril 2026 dans le cadre d'un échange de prisonniers coordonné par les États-Unis.

Avec AFP

Source: France 24 · FRANCE 24

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