Cet article vous est offert

Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.

Se connecter

Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement

« Mythologies de l’IA » s’inspire de Roland Barthes et de ses « Mythologies » pour penser l’émergence de l’IA à travers les « fables » qui l’accompagnent.

Article réservé aux abonnés

« Mythologies de l’IA. Ulysse et les périls du numérique », de Jean-Gabriel Ganascia, Seuil, « La couleur des idées », 240 p., 18 €, numérique 13 €.

Il n’est pas une semaine sans que la presse rapporte que tel modèle d’intelligence artificielle (IA) a désobéi, contourné ses restrictions ou adopté des comportements faisant penser à une forme de conscience. Ces menaces ne sont pourtant, selon le philosophe et spécialiste de l’IA Jean-Gabriel Ganascia, que des « mythes ».

Dans son nouveau livre, Mythologies de l’IA, il reprend la notion forgée par Roland Barthes dans Mythologies (Seuil, 1957) pour désigner l’émergence d’un phénomène culturel à partir de choses banales, comme le catch ou la Citroën DS 19. Et, à sa suite, se met en quête du « sens second » de ces « historiettes » produites autour des entreprises de l’IA.

L’exercice est périlleux. Ecrire sur l’IA comporte au moins deux écueils. Le premier est de donner l’impression, à la lecture, que les exemples cités sont déjà datés – même si prendre le temps de l’analyse suppose précisément de se désolidariser de l’actualité immédiate. Le second, plus sérieux, apparaît lorsque l’auteur tente d’étendre cette grille de lecture à l’ensemble du numérique, au risque de la rendre moins éclairante.

Pour Jean-Gabriel Ganascia, les « mythes » de l’IA ont d’abord une fonction : laisser entrevoir, par l’exemple, la puissance supposée de ses modèles. Aucun de ces récits ne vaut preuve, objecte-t-il. En outre, la plupart d’entre eux ne sont, au fond, pas nouveaux. Il en va ainsi de la « fable de l’usine à trombones ». Cette parabole suppose qu’une IA dont le but serait de produire des trombones avec efficacité finirait, en l’absence de toute éthique, par épuiser toutes les ressources du monde à sa disposition. Comment ne pas penser également, se demande le philosophe, à l’histoire de Mickey, qui, dans Fantasia (1940), sur la musique de L’Apprenti sorcier, de Paul Dukas, ordonne au balai qu’il a animé de faire le ménage, avant de se retrouver totalement dépassé face à une armée de balais…

Il vous reste 37.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source: Le Monde · Gabriel Coutagne

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira