Le candidat des Républicains à l'Elysée considère qu'un second tour organisé le 2 mai, au lendemain des traditionnelles manifestations de la fête du travail ,est de nature à fausser le scrutin.

France Télévisions

Publié le 28/10/2026 16:19

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Emmanuel Macron salue Bruno Retailleau, patron des Républicains, lors d'une rencontre avec les chefs de partis à l'Elysée (Paris), le 18 septembre 2026. (THOMAS SAMSON / AFP)
Emmanuel Macron salue Bruno Retailleau, patron des Républicains, lors d'une rencontre avec les chefs de partis à l'Elysée (Paris), le 18 septembre 2026. (THOMAS SAMSON / AFP)

Il persiste et signe. Bruno Retailleau est remonté au créneau, mercredi 28 octobre, pour demander un changement du calendrier de l'élection présidentielle, les 18 avril et 2 mai. Le choix de la date du second tour, prévu au lendemain des traditionnels défilés syndicaux du 1er-Mai, déplaît au candidat des Républicains.

"Il y a un problème de légalité", a-t-il déclaré sur CNews, craignant que les candidats de gauche ne "s'affichent" lors des manifestations, alors que la campagne est suspendue la veille d'un scrutin, et que le droit de réserve s'applique. "Si vous ne changez pas ces dates, j'y verrai une arrière-pensée", poursuit-il, s'adressant au président de la République. L'exécutif lui a opposé une fin de non-recevoir quelques heures plus tard par l'entremise de Maud Bregeon à l'issue du Conseil des ministres. ""Pas question de modifier, les dates de l'élection présidentielle", a déclaré la porte-parole du gouvernement.

Si l'ancien ministre de l'Intérieur avait déjà formulé ces arguments au début de l'été, les événements du 17 octobre ont, à ses yeux, renforcé le poids de sa demande. "Que feront des gens qui sont capables de brûler des mairies si Marine Le Pen est bien placée pour l'emporter ?", s'interroge son entourage auprès de franceinfo. Pour les proches du chef de l'Etat, les récentes manifestations n'ont pas changé la donne : "Le sujet du 17 octobre, c'est un manque d'anticipation. On peut imaginer que pour le 1er mai, il y aura anticipation." Pour le reste, ils reprennent les arguments déjà avancés en juillet, expliquant qu'"il y a eu concertation et le choix a été fait pour favoriser la participation maximale malgré les vacances scolaires, deux zones étant hors congés le 2 mai et la troisième rentrant le lendemain".

Bruno Retailleau a fait valoir son point de vue à Sébastien Lecornu lors de la rencontre organisée jeudi à Matignon avec les responsables politiques après les violences du 17 octobre. Il a trouvé une alliée en Nathalie Delattre, présidente du Parti radical, formation centriste membre de la coalition gouvernementale. Elle s'est également émue devant le Premier ministre du choix du 2 mai. "Le 17 octobre et le lendemain, on a vu des manipulations d'images sur les réseaux sociaux. Si ça reproduisait le 2 mai avec beaucoup d'émotion sur les réseaux, ça serait de nature à altérer le scrutin", confie-t-elle à franceinfo. Elle entend envoyer un courrier à Sébastien Lecornu pour continuer à mettre la pression sur le sujet.

Cette position n'est pas partagée par tous au sein du bloc central. Le leader des députés MoDem, Marc Fesneau, estime changer le calendrier revient à "donner raison aux casseurs et baisser les bras face à eux". "Il faut peut-être demander aux black blocs et aux pilleurs aussi les dates qui les arrangent ?", a-t-il ironisé sur Public Sénat. Un autre membre du bloc central se montre plus fataliste. "Si, hélas, il y avait un duel RN-LFI, le désordre risquerait de se produire dès le lendemain du premier tour", estime-t-il auprès de franceinfo.

De son côté, le Rassemblement national s'inquiète également de ce calendrier après les manifestations du 17 octobre. La date du 2 mai prive, en outre, Marine Le Pen du traditionnel rassemblement qu'organise son parti à l'occasion chaque fête du travail, en raison du droit de réserve. "La neutralité et la sérénité qui doivent prévaloir avant le vote du dimanche seront nécessairement rompues", a estimé Louis Aliot, maire RN de Perpignan, dimanche lors du congrès du parti à Orléans (Loiret). Pas question pour autant de demander officiellement un changement. "Nous n'avons pas décidé de cette date. Et il n'y en a aucune de satisfaisante de toute façon", glissent plusieurs autres cadres du parti.

Pour respecter les délais de carence du pouvoir, entre trente à trente-cinq jours avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron, un scrutin organisé les 11 et 25 avril constituerait la seule alternative. Soit en plein durant les vacances scolaires. Officiellement, les dates peuvent encore être modifiées : la loi prévoit que le "décret de convocation" des électeurs sera publié au plus tard dix semaines avant la date du scrutin.

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Source: Franceinfo · Daïc Audouit

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