Le skippeur breton de 49 ans prendra le départ de la Route du Rhum, dimanche, à bord de son Ultim Banque Populaire XI, avec une arrivée prévue, pour les plus rapides, le week-end prochain à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 30/10/2026 06:00

Temps de lecture : 4min

Le skippeur Armel Le Cléac'h pose à bord de son multicoque Ultim "Banque Populaire" lors d'une séance d'entraînement entre Bordeaux et Lorient, en vue de la Route du Rhum, le 28 mai 2026. (LOIC VENANCE / AFP)
Le skippeur Armel Le Cléac'h pose à bord de son multicoque Ultim "Banque Populaire" lors d'une séance d'entraînement entre Bordeaux et Lorient, en vue de la Route du Rhum, le 28 mai 2026. (LOIC VENANCE / AFP)

Il en a fait sa priorité de l'année. Le 1er novembre, Armel Le Cléac'h prendra le départ de la Route du Rhum pour la cinquième fois. Le Breton de 49 ans possède l'un des palmarès les plus importants du milieu de la voile, avec le Vendée Globe (2017), la Transat Jacques Vabre (2023) ou encore trois victoires sur la Solitaire du Figaro (2003, 2010, 2020). Mais il n'a jamais remporté la Route du Rhum. À bord de son Ultim Banque Populaire XI, Armel Le Cléac'h compte bien y remédier sur cette édition.

franceinfo: sport : Comment s'est passée votre préparation pour la Route du Rhum ?

Armel Le Cléac'h : Nous avons eu la préparation que nous voulions. En début d'année, j'ai fait la traversée de l'Atlantique jusqu'en Guadeloupe, en solitaire à l'aller, et en équipage au retour. On a fait une tournée en Méditerranée également. Il n'y a pas eu d'obstacles dans notre programme, ou en tout cas d'événements qui auraient pu nous ralentir. Le dernier mois a permis de régler les petits détails.

Vous êtes un des seuls à avoir réalisé le tracé de la Route du Rhum à blanc cette saison, pourquoi ce choix ?

C'était un objectif pour nous, sachant qu'il n'y avait pas forcément un programme de course très important cette année dans le circuit Ultim. L'exercice qu'on a mené en février était intéressant pour s'entraîner et tester le bateau dans le rythme d'une transatlantique sur une semaine. Ça peut aussi être un peu risqué dans le sens où on peut avoir de la casse ou se mettre dans des situations difficiles. Les conditions étaient assez similaires à celles que l'on aura pour la Route du Rhum.

"Pour moi, il était important de retrouver la navigation en solitaire, ce que je n'avais pas forcément fait depuis très longtemps sur ce bateau-là."

Armel Le Cleac'h, skippeur de l'Ultim Banque populaire

à franceinfo: sport

La dernière fois remonte à l'Arkéa Ultim Challenge en 2024 [première édition du tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, en multicoques Ultim], où j'étais vraiment tout seul sur le bateau.

Quel est votre objectif sur cette édition ?

L'objectif est évidemment la victoire. À chaque fois que nous sommes au départ d'une course, nous recherchons la victoire. C'est l'ADN de l'équipe. Cette année ne fait pas exception. On sort d'une Route du Rhum qui, il y a quatre ans, a été compliquée, parce que nous avions dû faire l'escale à Lorient pour réparer notre dérive et repartir [il avait terminé 7e].

Armel Le Cléac'h, skippeur de l'Ultim Banque Populaire XI, le 8 septembre 2026. (Vincent Curutchet / BPCE)
Armel Le Cléac'h, skippeur de l'Ultim Banque Populaire XI, le 8 septembre 2026. (Vincent Curutchet / BPCE)

Nous avons progressé par rapport à tout cela. Le bateau [qui date de 2021] a évolué et a beaucoup progressé puisque nous avons mis de nouveaux foils, de nouveaux safrans. Depuis quatre ans, nous avons fait d'autres courses, des transats en double, un tour du monde en solitaire, on a transporté la flamme olympique. Il y a eu plein d'histoires, mais la Route du Rhum est vraiment l'objectif numéro un.

Malgré votre palmarès XXL, la Route du Rhum est la dernière course mythique qui vous résiste encore. Comment l'aborde-t-on dans ce contexte ?

Je n'ai pas l'impression que cette course me porte malheur ou d'être malchanceux. Cela fait partie de mon histoire avec cette course. Il s'agit de ma cinquième participation, dont deux en monocoque, et la course s'était plutôt bien passée [4e en 2006 et 2e en 2010]. Depuis, en multicoque, c'est vrai, nous avons eu deux éditions compliquées, même si cela n'a pas empêché Banque populaire de gagner en 2014 [avec Loïck Peyron]. Nous savons que nous avons un bateau capable de gagner chez les Ultim, et nous nous sommes préparés dans ce sens-là.

"Remporter cette course est un objectif très important. Je ne regarde pas forcément en arrière. Je ne me mets pas de pression."

Armel Le Cleac'h, skippeur de l'Ultim Banque populaire

à franceinfo: sport

Je me nourris plutôt de ces expériences passées pour essayer d'être meilleur, de progresser techniquement, de ne rien laisser au hasard avec l'équipe. Tout cela, dans le but d'être vraiment prêt pour le jour J. Chez les Ultim, sur ce format de course, il s'agit d'un sprint sur l'Atlantique d'une semaine à peine. Il va falloir être à 100 % du début à la fin. Il y aura peu de place à l'observation et à la gestion de course, comme on peut le faire sur un tour du monde.

Avez-vous changé quelque chose dans votre préparation, et notamment mentale ?

Mentalement, pas vraiment. J'avais essayé, il y a quelques années, d'avoir un préparateur mental qui m'accompagne mais je n'y ai pas trouvé un équilibre au quotidien. Ma préparation se concentre avant tout dans la gestion générale du projet, notamment le travail avec l'équipe, les programmes qu'on met en place pour se préparer à des échéances, avec des préparations techniques, physiques, sur l'ensemble des paramètres.

A bord de son Ultim Banque Populaire, Armel Le Cléac'h vise la victoire sur la Route du Rhum 2026, dernière course qu'il manque encore à son palmarès. (Alexander Champy-McLean - BPCE)
A bord de son Ultim Banque Populaire, Armel Le Cléac'h vise la victoire sur la Route du Rhum 2026, dernière course qu'il manque encore à son palmarès. (Alexander Champy-McLean - BPCE)

Mon objectif est d'arriver le 1er novembre avec toutes les cases cochées. En fait, je suis sur une rampe de lancement, je monte en puissance pour qu'à 13 heures, le 1er novembre, je sois prêt à 200 % à partir. Voilà ma préparation mentale.

Avez-vous déjà une idée de la suite de votre calendrier ?

Oui, tout va s'enchaîner. Après la Route du Rhum, et si le bateau n'a pas de problème majeur à son retour à Lorient par la mer, nous allons nous lancer sur le Trophée Jules Verne [à partir du 20 décembre], deuxième objectif de l'année. L'équipage est formé et le bateau sera mis en configuration Tour du monde juste après la Route du Rhum.

Pour l'année prochaine, nous serons au départ de la Transat Café L'or [en double], avec un enchaînement assez rapide sur l'Arkéa Ultim Challenge [lors de l'hiver 2027-2028], qui sera le gros morceau en termes de course en solitaire en Ultim. Le programme est donc assez costaud pendant deux ans et en parallèle, je suis engagé dans la construction d'un nouvel Ultim [avec Banque Populaire]. Si nous avons bien avancé, la mise à l'eau est prévue pour 2029.

Qui sera votre binôme sur la Transat Café L'or ?

Je ne sais pas encore mais j'ai des idées. Je garde un peu de suspense pour le futur (sourire).

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Source: Franceinfo · Apolline Merle

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