Le tracé entre Bastille et Nation a d'abord été interdit par la préfecture. Mais le tribunal administratif de Paris a suspendu l'arrêté d'interdiction, donnant raison aux organisateurs. Le gouvernement a annoncé faire appel de cette décision.

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Publié le 30/10/2026 19:45 Mis à jour le 30/10/2026 19:49

Temps de lecture : 3min

Quelque 110 000 personnes ont manifesté à Paris, le 24 octobre 2026, selon le ministère de l'Intérieur. (VALERIE DUBOIS / HANS LUCAS / AFP)
Quelque 110 000 personnes ont manifesté à Paris, le 24 octobre 2026, selon le ministère de l'Intérieur. (VALERIE DUBOIS / HANS LUCAS / AFP)

Où les manifestants parisiens seront-ils finalement autorisés à défiler ? Le parcours du cortège du samedi 31 octobre, dont le coup d'envoi doit être donné à 14 heures, est au cœur d'un bras de fer judiciaire entre les organisateurs et la préfecture de police. Le tribunal administratif de Paris a autorisé, vendredi 30 octobre, le parcours entre les places de la Bastille et de la Nation que la préfecture avait interdit plus tôt dans la journée dans un arrêté.

Mais le ministre de l'Intérieur a annoncé dans la foulée que le préfet de police de Paris allait faire appel de cette décision. "Il y a des risques de troubles à l'ordre public importants, a justifié Laurent Nuñez lors d'un déplacement à Rouen. Si on a suspendu ce cortège, c'est parce qu'il y a eu des dégâts, il y a eu énormément de dégradations qui ont été commises le 17 octobre." C'est le Conseil d'Etat qui est saisi dans ce cas. Il pourrait rendre sa décision dans la nuit, compte tenu de l'urgence, selon l'AFP.

Dans la matinée de vendredi, les autorités avaient imposé par arrêté préfectoral un parcours en périphérie de la capitale, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, en passant par les boulevards des Maréchaux. Un trajet qui "permet d'éviter le centre-ville, d'éviter aussi la casse et donne une grande visibilité aux manifestants", avait justifié le préfet de police, Patrice Faure, dans Le Parisien.

Selon l'arrêté de la préfecture de police de Paris, les parcours proposés par la CGT entre les places de la Bastille et de la Nation et par les gilets jaunes entre Bastille et Concorde avaient donc été interdits en raison de "risques de violences" renforcés par la "fête d'Halloween", selon le préfet. Une décision conforme à la volonté d'Emmanuel Macron, qui avait prévenu que les manifestations devraient se tenir "hors des centres-villes".

Avant la publication de l'arrêté préfectoral, les autorités avaient informé à l'oral le refus des trajets proposés par les organisateurs. Jeudi, les sept syndicats de salariés et d'étudiants (CGT, FO, FSU, Solidaires, Fage, Union étudiante et Unef) avaient donc décidé d'attaquer en justice, en référé, la préfecture de police afin que soit publié "au plus vite" l'arrêté d'interdiction partielle de manifester, pour avoir ensuite le temps de le contester.

L'intersyndicale d'Ile-de-France s'inquiétait alors "de tomber dans le piège tendu par la préfecture lors de la manifestation du 24 octobre, consistant à prendre un arrêté d'interdiction bien trop tard pour [les] empêcher de le contester devant le tribunal" administratif. Il y a une semaine, les syndicats s'étaient déjà vus imposer un parcours en périphérie de Paris, entre les portes d'Italie et de Vincennes.

Après la publication de l'arrêté par la préfecture vendredi matin, les syndicats avaient décidé de le contester dans le but de "faire respecter le droit fondamental de manifester, y compris le choix du parcours". "On va attaquer en justice dès aujourd'hui [vendredi], on a des référés libertés qui sont en train de partir justement pour attaquer cette décision qui, pour nous, met en danger la sécurité", avait fait savoir Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, lors d'un point-presse.

"La préfecture nous balade de parcours en parcours, suit des ordres hiérarchiques incompréhensibles qui [sont] de nous interdire de manifester en centre-ville", avait aussi dénoncé Clara Privé, trésorière de l'Unef, accusant la préfecture de vouloir "museler la parole de la jeunesse". La responsable étudiante avait déclaré vouloir "marcher sur Bastille-Nation" malgré l'interdiction.

"On assiste à une répression administrative insupportable. On continuera dans la rue peu importe leurs manigances."

Un représentant de l'Union étudiante

cité par l'AFP

Outre ce changement de parcours à Paris, plusieurs interdictions de manifester ont aussi été annoncées, comme dans le centre-ville du Puy-en-Velay ou à Saint-Etienne. "Plus on interdit, plus ça incite des personnes à braver ces interdits, à manifester illégalement et à s'attrouper dans des endroits qui ne sont pas du tout sécurisés, avec aucun dispositif en place", alerte Azelma Sigaux, porte-parole de la coordination nationale des gilets jaunes, sur ICI (ex-France Bleu).

"On en a assez de nous faire imposer soit des parcours, soit de nous faire carrément interdire la manifestation qui est un droit constitutionnel."

Azelma Sigaux, porte-parole des gilets jaunes

sur ICI Saint-Etienne Loire

Ailleurs en France, des rassemblements ont été autorisés, mais toujours en périphérie des villes. A Lyon, une manifestation "contre la vie chère" a ainsi reçu le feu vert de la préfecture du Rhône, ont rapporté les syndicats organisateurs. La préfecture a validé un parcours allant de la Manufacture des tabacs "jusqu'à Jean Macé en passant par Garibaldi et Berthelot", hors de l'hyper-centre lyonnais.

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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