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Tribune

Inès Bernard

Déléguée générale d’Anticor

Clara Gonzales

Juriste

Défendre la probité doit être une priorité politique face à la montée des populismes, appuient, dans une tribune au « Monde », la déléguée générale de l’association de lutte contre la corruption Anticor, Inès Bernard, et la juriste Clara Gonzales.

Publié aujourd’hui à 13h00 Temps de Lecture 4 min.

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Le Parlement européen a adopté, le 8 octobre, une résolution visant à établir la première stratégie globale de lutte contre la corruption de l’Union européenne (UE). Les gains potentiels de la mise en œuvre d’une action politique forte de l’UE ont été évalués à 58,5 milliards d’euros par an. En France, alors que plus de 30 candidats sont déclarés pour l’élection présidentielle de 2027, la lutte contre la corruption fait singulièrement figure de grande absente des débats. Les défis nouveaux ne manquent pourtant pas, à l’instar de l’évolution des risques de corruption liés à la criminalité organisée et aux nouvelles technologies identifiée par le Parlement européen.

Face à la montée des populismes, à des agents économiques internationaux toujours plus puissants et aux risques accrus d’ingérences étrangères, défendre la probité publique et protéger nos garde-fous démocratiques doivent constituer une priorité politique. Selon les dernières statistiques du ministère de l’intérieur, les infractions à la probité se trouvent au niveau le plus haut jamais enregistré. Elles ont augmenté de plus de 81 % entre 2016 et 2025. Des chiffres inquiétants, qui devraient davantage mettre en alerte la machine répressive de l’Etat que quelques poubelles qui brûlent.

Dans les prochaines semaines, la justice aura à se prononcer sur des affaires d’atteintes à la probité publique impliquant une femme politique de premier plan ayant exercé les fonctions de ministre de la justice [2007-2009], de députée européenne [2009-2019] et de ministre de la culture [2024-2025], Rachida Dati, un ancien président de la République [2007-2012], Nicolas Sarkozy, ainsi que la candidate désignée à l’élection présidentielle par le premier parti d’extrême droite, Marine Le Pen.

Un calendrier judiciaire rythmé, qui devrait mettre la puce à l’oreille des candidats déclarés sur l’omniprésence du risque de corruption aux plus hautes fonctions. Mais le débat semble figé. En juillet, rares sont les acteurs du débat public qui ont fait de la double condamnation de Marine Le Pen, pour avoir été l’instigatrice d’un détournement de plusieurs millions d’euros d’argent public, un sujet politique.

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Source: Le Monde · Inès Bernard, Clara Gonzales

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