Par Le Figaro avec AFP
Publié le 29/10/2026 à 13h24
Le texte élargi par le Sénat prévoit de faire contribuer au remboursement des dégradations certains participants à des rassemblements, même sans en être les auteurs. Les deux syndicats contestent aussi la saisie possible d’aides sociales et les peines envisagées pour la participation à une manifestation interdite.
Passer la publicité Passer la publicitéLes deux premiers syndicats français, la CFDT et la CGT, ont dénoncé jeudi 29 octobre dans des communiqués séparés le projet de loi «casseurs-payeurs» comme une entrave à la liberté de manifester. Dans sa mesure phare, le projet de loi adopté et élargi par le Sénat après les dégradations commises en marge du mouvement de contestation sociale du 17 octobre, crée une solidarité financière pour toute personne ayant «sciemment participé» à un groupement formé en vue de commettre des dégradations ou pour ceux qui se maintiendraient dans un «attroupement» susceptible de troubler l'ordre public, malgré deux sommations des forces de l'ordre.
La CFDT s'inquiète d'un projet «dont la première rédaction portait déjà atteinte à la liberté de manifester et qui a été encore durci lors de son examen au Sénat ». «Il est inutile de fragiliser davantage les libertés publiques pour lutter contre les casseurs», selon le premier syndicat, qui relève que le texte «franchit aussi de nouveaux seuils préoccupants».
Une responsabilité collective contestée
La CFDT dénonce notamment la volonté de permettre «la saisie des allocations familiales ou de logement (APL)», de faire «peser sur toute une famille des faits reprochés à un de ses membres», ou la possibilité de condamnation à «une peine de 6 mois d'emprisonnement pour la simple participation à une manifestation interdite , même en l'absence de violences, là où le droit existant ciblait uniquement l'organisateur de la manifestation».
Pour la CGT, «cette loi vise avant tout à faire peur aux manifestants pacifistes qui pourraient se trouver près de zones de dégradation». «La responsabilité collective sera le principe, sans lien avec l'infraction de violence ou les dégradations reprochées, à rebours des principes fondateurs de l'État de droit», selon son communiqué publié mercredi.
Pour la CGT, «le gouvernement reprend donc à son compte une revendication installée à droite et à l'extrême droite depuis longtemps, démontrant son enjeu purement électoraliste. Il participe à la confusion d'une corrélation étroite entre la participation à une manifestation et les pillages » , une association qui «n'a jamais été démontrée». Pour la CFDT, «la lutte contre les violences ne peut servir de prétexte à l'adoption de mesures liberticides. Le droit de manifester fait partie des piliers d'une démocratie».
Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP
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