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Six auteurs sur sept échappent à la justice, alerte l’organisation, qui recense 189 journalistes tués en 2024 et 2025, pour les deux tiers dans des zones de conflits

(De gauche à droite) Said Khatib, Mai Yaghi, Adel Zaanoun, Mohammed Abed et Mahmud Hams, membres de l’équipe de l’AFP à Gaza ; Abdulmonam Eassa, photojournaliste syrien ; Aïdos Sadykov, journaliste kazakh ; Natallia Sadykova, kazakhe ; Adel

L’impunité des meurtres de journalistes est en hausse pour la première fois depuis 2012, alerte l’Unesco dans un rapport publié lundi 2 novembre, à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour ces crimes.

Cette année, « le taux global d’impunité pour les assassinats de journalistes a augmenté d’un point de pourcentage pour atteindre 86 % », annonce le rapport. Depuis 2012, ce taux, qui recouvre les meurtres dont les enquêtes n’ont pas abouti ou sont toujours en cours, n’avait cessé de diminuer, passant de son niveau record de 95 % à 85 % en 2024. Six auteurs de meurtres de journalistes sur sept échappent ainsi à la justice.

« Les enquêtes et les poursuites judiciaires concernant les assassinats de journalistes dans les zones de guerre restent particulièrement insuffisantes », a relevé devant la presse Mariya Gabriel, la sous-directrice générale pour la communication et l’information à l’Unesco. Elle précise que l’organisation internationale « n’est pas une cour de justice » mais elle fait « pression pour que justice soit rendue ».

Le rapport, publié tous les deux ans, dénombre 189 journalistes, professionnels des médias et créateurs de contenu sur les réseaux sociaux exerçant une activité journalistique tués en 2024 et 2025, dont 14 femmes.

Les deux tiers d’entre eux (67 %) ont été tués dans des zones de conflit, notamment sur le territoire palestinien, au Yémen ou en Ukraine. « Cela marque un changement majeur dans le paysage mondial des risques pour les journalistes », a déclaré Mariya Gabriel.

Un quart des meurtres commis par drone

L’Unesco constate également le recours croissant à des « véhicules aériens sans pilote ou drones », qui sont la cause de 26 % de l’ensemble des meurtres en 2024 et 2025. Au total, « l’Etat de Palestine a de nouveau enregistré le plus grand nombre de cas » en 2025, « avec au moins 32 homicides », précise le rapport.

Par ailleurs, l’organisation note que les journalistes continuent d’être tués chez eux ou en portant un gilet signalant leur profession. Au total, 1 641 journalistes ont été tués dans le monde depuis 2006, date à laquelle l’Unesco a commencé son suivi, soit un décès tous les quatre jours, en moyenne.

Certains chiffres rapportés par l’Unesco dans ce rapport diffèrent de ceux publiés par le Comité pour la protection des journalistes ou Reporters sans frontières. L’Unesco explique ces différences par « les circonstances d’un décès parfois difficiles à évaluer en raison de l’évolution constante des conflits ».

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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