Les agences spatiales poursuivent leur toute première opération de défense planétaire, en cas de risque de collision avec un un objet venu de l'espace. Après un impact provoqué en 2022 avec un astéroïde, une sonde arrive mercredi sur place pour étudier le détournement provoqué.

Radio France

Publié le 03/11/2026 11:32

Temps de lecture : 2min

La sonde DART (Double Asteroid Redirection Test) de la NASA juste avant son approche la plus proche de l'astéroïde Dimorphos, le 26 septembre 2022. (HANDOUT / ASI/NASA / AFP)
La sonde DART (Double Asteroid Redirection Test) de la NASA juste avant son approche la plus proche de l'astéroïde Dimorphos, le 26 septembre 2022. (HANDOUT / ASI/NASA / AFP)

Un scénario de films de science-fiction. Dans Armageddon, un équipage est envoyé dans l'espace pour détourner un astéroïde qui menace de s'écraser sur la Terre, ce qui était alors du cinéma devient aujourd'hui une réalité avec la mission Dart/Hera. Elle se déroule sans Bruce Willis mais avec des dizaines de scientifiques et ingénieurs impliquées dans ce qui est la toute première opération de défense planétaire organisée par les agences spatiales.

La cible s'appelle Dimorphos, un petit astéroïde de 150 mètres de long. Il se déplace dans notre système solaire, en tournant autour de son grand frère Didymos. Il y a quatre ans, en septembre 2022, une petite sonde appelée Dart volontairement envoyée vers Dimorphos, s'est crashée sur l'astéroïde en espérant modifier sa route. L'opération a réussi, On sait aujourd'hui qu'on peut modifier la trajectoire d'un gros caillou et qu'on pourrait donc se défendre si un tel objet nous menaçait.

Le petit satellite astéroïdal Dimorphos, tel qu’observé par la sonde spatiale DART, 11 secondes avant l’impact. (HANDOUT / NASA/Jons Hopkins APL / AFP)

Mais à l'époque, les données sont restées très parcellaires. On a donc décidé d'envoyer une deuxième sonde sur place, pour voir de plus près l'étendue des dégâts. Elle s'appelle Hera et va arriver sur zone, après deux ans de voyage, mercredi 4 novembre. On peut d'ailleurs dialoguer avec la sonde - sur le site hera.esa.int - et on peut lui demander de ses nouvelles grâce à une IA mise en place par l'Agence spatiale européenne. Si on lui demande comment elle va, Hera répond ainsi : "Ça va, je suis bien occupée avec la mission, les capteurs et les mises à jour. Et on se prépare pour l'arrivée."

La sonde va donc enquêter sur le crash de Dart de 2022 à l'aide de divers instruments de mesures et d'observations. Elle va pouvoir recueillir de nombreuses informations, attendues entre autres par l'astrophysicien Patrick Michel, responsable scientifique de cette mission : "Est-ce que l'impact a produit un cratère ? Et si oui, quelles sont sa taille et sa profondeur ? Ou est-ce qu'il a entièrement déformé l'astéroïde ? On doit aussi mesurer les caractéristiques physiques de l'astéroïde, en particulier sa structure interne et tous les paramètres qui influencent la réponse de l'astéroïde à l'impact."

"Hera va permettre de documenter entièrement et de façon détaillée le résultat de l'impact - ce dont on ne dispose pas pour l'instant - pour pouvoir en tirer des leçons et extrapoler à d'autres scénarios."

Patrick Michel, responsable scientifique de la mission Hera

à franceinfo

Les scientifiques cherchent ainsi à pouvoir à l'avenir déterminer quel type d'engin il faut envoyer, avec quelle masse et quelle vitesse, pour détourner un astéroïde en fonction de sa nature, parce qu'ils ne sont pas composés de la même manière.

Pour faire ces mesures, Hera dispose d'instruments propres et de deux assistants, deux plus petits engins qu'elle va larguer dans les prochains mois. L'un d'eux doit même aller se poser sur Dimorphos, un sacré défi technologique prévu au printemps. Le grand public pourra suivre toute l'opération. Les premières images seront présentées au fur et à mesure sur le site de l'ESA et une présentation plus détaillée aura lieu à la fin du mois. L'enquête scientifique finale sera, elle, présentée en juin, à Nice.

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Source: Franceinfo · franceinfo

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