Le pays est malade. Mais une autre France majoritaire et silencieuse, prise en otage par ceux qui la font plus encore glisser vers le fond, veut que cesse le désordre.
La presse étrangère s’interroge sur les raisons de la colère qui embrase la France. Il suffisait d’être sur la place de la République, à Paris, en ce jeudi de manifestation, pour comprendre. Là, juché sur une estrade, le poing levé, entouré des élus de son clan et applaudi à tout rompre, un homme triomphait : « Mélenchon, président ! » L’Insoumis en chef avait la mine du vainqueur. Il aime tellement se regarder dans la foule. Non loin de lui, Raphaël Glucksmann, son concurrent de l’autre gauche, devait quitter les lieux sous les huées. En quelques instants, tout était dit. Avant les urnes, la présidentielle se joue d’abord dans la rue.
Le pays a une culture protestataire qui a certes toujours étonné le reste du monde, mais Jean-Luc Mélenchon y ajoute sa rhétorique insurrectionnelle. Il fait marcher derrière lui tous les adeptes du drapeau noir, les jeunes en mal d’un grand soir et les bataillons de syndicalistes anticapitalistes. C’est ainsi qu’il met le cap sur le second…
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Source: Le Figaro · Yves Thréard
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