L'adjointe au maire de Paris en appelle également "à la responsabilité des médias" au moment où elle signe, mardi, une tribune invitant à "refuser le silence et l'indifférence" aux côtés d'une centaine de personnalités de la culture et du sport.

Radio France

Publié le 27/10/2026 14:43

Temps de lecture : 2min

L'adjointe à la mairie de Paris, Audrey Pulvar, lors d'un meeting de campagane pour les municipales, à Paris, le 26 février 2020. (MICHEL STOUPAK / NURPHOTO / AFP)
L'adjointe à la mairie de Paris, Audrey Pulvar, lors d'un meeting de campagane pour les municipales, à Paris, le 26 février 2020. (MICHEL STOUPAK / NURPHOTO / AFP)

L'adjointe au maire de Paris et ancienne journaliste Audrey Pulvar déplore mardi 27 octobre sur France Inter "le déluge de racisme sur les plateaux télé" et en appelle "à la responsabilité des médias", quatre jours après l'attentat raciste survenu dans les Yvelines. Elle signe ce mardi, avec près d'une centaine de personnalités de la culture et du sport, un texte publié sur le site de Politis pour appeler à "refuser le silence et l'indifférence", après cet attentat qui a fait vendredi un mort et cinq blessés. La personne décédée est Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d'origine africaine.

"C'est toujours difficile de faire un lien direct de cause à effet, mais il est évident que l'atmosphère générale, le déluge de racisme, de xénophobie et de contre-vérités sur les plateaux depuis une dizaine de jours et même depuis des années, permet à des esprits infectés par la haine de passer à l'acte et de, peut-être, se dire qu'on peut passer à l'acte en toute impunité puisqu'y compris sur des radios ou des plateaux télé généralistes, on a une parole qui est décomplexée", estime Audrey Pulvar.

L'ancienne journaliste déplore "la stigmatisation, voire l'animalisation des pillards du 17 octobre" entendue dans les médias les jours précédant l'attentat. "À partir du moment où on voit des scènes de pillage, on imagine qu'il s'agit de jeunes 'racailles de banlieue', c'est-à-dire dans l'esprit de celles et ceux qui parlent, des Noirs et des Arabes, pour faire vite, puisque c'est comme ça qu'ils réfléchissent, par raccourci", pointe-t-elle.

Je ne comprends pas pourquoi, au nom du pluralisme, on accepterait des expressions délictuelles.

Audrey Pulvar, adjointe au maire de Paris et ancienne journaliste

à France Inter

Audrey Pulvar, qui dit avoir quitté le métier de journaliste en 2017 notamment parce qu'elle a "eu la sensation qu'y compris les grands médias généralistes de référence se laissaient aller à un peu de facilité sur beaucoup de sujets, et sur celui du racisme en particulier". "Les concepts de l'extrême droite sont passés dans le langage commun", comme le terme "submersion migratoire", estime-t-elle, renvoyant les médias et l'autorité de régulation de l'audiovisuel à leur responsabilité.

Audrey Pulvar appelle tous les "Français blancs" à se tenir aux côtés des personnes racisées : "Après des attentats comme ceux qui ont touché les dessinateurs de Charlie ou l'Hyper Cacher, on a été des millions dans la rue. Que reste-t-il de l'esprit du 11 janvier ? Moi, j'attends l'appel à la manifestation contre le racisme, pour la démocratie, pour la République lancé par la présidente de l'Assemblée nationale et le président du Sénat et j'attends qu'il y ait 2 millions de personnes dans la rue pour dire non au racisme", demande-t-elle.

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Source: Franceinfo · Adrien Serrière

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