Par Le Figaro avec AFP

Publié le 31/10/2026 à 16h49

Selon le registre des entreprises, le groupe n’en a ouvert qu’une quinzaine notamment à La Défense ou au centre commercial Parly 2, en région parisienne (photo d’illustration). dvoevnore / ADOBE STOCK

ProNoïa aurait été rattrapé par la dette levée pour financer une expansion rapide qui a creusé ses pertes. En cas d’échec du plan de sauvegarde, l’entreprise peut être placée en redressement, voire en liquidation.

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ProNoïa, un des principaux franchisés en France de l'enseigne de poulet frit KFC avec une quarantaine de restaurants, a été placé en procédure de sauvegarde, selon des annonces légales publiées samedi. D'après ses comptes consultés par l'AFP, le franchisé a été rattrapé par la dette levée pour financer une expansion rapide qui a creusé ses pertes. Le tribunal de commerce de Bordeaux a ouvert fin septembre cette procédure pour la holding et ses filiales, qui exploitent notamment les KFC de la gare du Nord et du Forum des Halles à Paris, de Bayonne ou de Dijon et qui emploient quelque 900 salariés. La sauvegarde gèle les dettes le temps de négocier un plan, qui peut les étaler sur dix ans. En cas d'échec, elle peut déboucher sur un redressement, voire une liquidation judiciaire.

L'histoire commence à Pau, où le fondateur de ProNoïa, Pierre Tritz, ouvre son premier KFC en franchise en 2013. Dix ans plus tard, son groupe annonce un financement de 85 millions d'euros, majoritairement auprès de banques, avec l'objectif de passer de 26 restaurants à près d'une soixantaine d'ici 2025 et de «capter plus du tiers de la croissance» de KFC en France. Selon le registre des entreprises, le groupe n'en a ouvert qu'une quinzaine notamment à La Défense ou au centre commercial Parly 2, en région parisienne. C'est là que se concentrent les pertes: 4,7 millions d'euros pour la filiale francilienne sur l'exercice clos fin mars 2026, avec des dettes qui dépassaient alors de 14,6 millions d'euros la valeur des actifs.

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Recul des ventes

Le groupe, encore bénéficiaire en 2021-2022, a perdu 7,2 millions d'euros sur l'exercice clos fin mars 2025 pour 83,9 millions de chiffre d'affaires, et accumulait une dette financière de 60,7 millions d'euros. Deux exercices de suite, il ne respectait pas les ratios financiers exigés par ses banques, qui lui ont accordé une dérogation fin 2025, en pleines discussions pour rééchelonner sa dette. Contacté par l'AFP, KFC France a indiqué que son franchisé avait engagé une démarche «proactive» pour «adapter et restructurer son activité face à un environnement économique exigeant». Les restaurants «poursuivent normalement leur activité», assure l'enseigne.

ProNoïa n'est pas le seul franchisé à souffrir. L'activité française d'AmRest, autre grand franchisé de KFC, qui exploite aussi des Sushi Shop, a vu ses ventes reculer de plus de 10% l'an dernier et au premier trimestre, avant des «signes d'amélioration» au deuxième trimestre, selon le groupe. Si la consommation de poulet a progressé de 5,6% en France en 2025, portée notamment par la restauration, selon l'interprofession Anvol, les enseignes concurrentes de KFC se sont multipliées (Tasty Crousty, Popeyes, etc). Sollicité, ProNoïa n'a pas réagi dans l'immédiat.

Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP

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