Beaucoup de grands noms et favoris ont déjà dû abandonner la Transatlantique, partie dimanche de Saint-Malo pour rejoindre la Guadeloupe en fin de semaine.

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 04/11/2026 22:11

Temps de lecture : 2min

Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) au départ de la Route du Rhum. (VINCENT OLIVAUD / Route du Rhum 2026 / AFP)

L'océan Atlantique n'a prévu aucun cadeau pour les skippeurs lors de cette Route du Rhum 2026. La Transatlantique, qui s'est élancée dimanche 1er novembre de Saint-Malo pour rallier Pointe-à-Pitre, a déjà connu beaucoup de soubresauts. Mercredi soir, on comptait déjà 10 abandons toutes catégories confondues, et notamment un des favoris Armel Le Cléac'h (Maxi Banque Populaire XI), qui a chaviré, ainsi que deux anciens vainqueurs avec Francis Joyon (Oceans), lauréat en 2018 en Ultim, et Armel Tripon (Les P'tits Doudous), vainqueur la même année en Multi 50.

Si le tenant du titre Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) n'est pas encore compté par les organisateurs comme officiellement hors course puisqu'il se déroute vers Lorient, il a lui aussi été contraint de se retirer en raison d'une avarie. Mercredi soir, après trois jours de course, le pourcentage d'abandons s'élève à 8,6% avec 10 abandons pour 115 partants : 3 Ultim, 1 Ocean Fifty, 2 Imoca, 3 Class 40 et 1 Vintage Multi. En 2022, au même moment de la course, les organisateurs enregistraient le même total d'abandons. Le ratio était alors légèrement plus faible (7,2%) puisque davantage d'embarcations avaient pris le départ. En 2018, en revanche, seulement trois des 18 multicoques avaient franchi la ligne d'arrivée.

Sur cette édition 2026, une collision entre Violette Dorange (Initiatives Coeur) et Romain Pilliard (Use It Again) a marqué le début de course, dès la première nuit. Les deux skippeurs sont actuellement à quai pour tenter de réparer leur bateau. L'enchaînement des pépins, surtout chez les principaux concurrents, peut donner l'impression d'hécatombe. Est-ce vraiment le cas ? Pour le juger, il faudra attendre la fin officielle de la course, fixée au 3 décembre. Selon le site officiel, en 2010, le taux d'abandon final était de 16,5% (14 abandons pour 85 partants), en 2014 il était de 27,4% (25 pour 91 partants), en 2018 de 35,7 % (44 pour 123 partants) et en 2022 de 25,3% (35 pour 138 partants).

Ces nombreux dégâts ne s'expliquent pas par la météo, plutôt clémente, mais par deux autres facteurs, selon Jacques Caraës, ancien directeur de course du Vendée Globe et de la Route du Rhum. "Dans chaque catégorie, même chez les amateurs, on prend un degré supplémentaire en sportivité et en challenge à chaque édition. Les skippeurs poussent beaucoup plus. La technique permet aux skippeurs d'aller plus loin, et donc on va vers les limites. Et en solitaire malheureusement, avec le gigantisme de certains bateaux, ça oblige parfois de rentrer à l'écurie", analyse le navigateur auprès d'ICI Bretagne .

"C'est un sport mécanique. La casse fait partie du sport, c'est inhérent au fait de naviguer sur les océans. Et ça montre que ce n'est pas une banalité de traverser l'Atlantique", appuie de son côté Michel Desjoyeaux, double vainqueur du Vendée Globe. Pour l'ancien skippeur, le nombre d'engagés augmente aussi le risque de casse. Ils sont 115 sur cette édition, dans six catégories différentes. Ils étaient, à titre de comparaison, 138 lors de l'édition précédente en 2022 (record), 123 en 2018 et 91 en 2014.

Il fallait mettre le pied au plancher tout de suite. Le niveau a augmenté partout dans la flotte, chez les mecs, chez les filles, on se tire la bourre et cette pression-là n'est pas facile à mesurer.

Michel Desjoyeaux, double vainqueur du Vendée Globe

à l'AFP

"C'est assez rare, ça fait un nombre impressionnant de bateaux, et le pourcentage d'avaries est encore très faible par rapport au nombre d'engagés", estime Jacques Caraës. Michel Desjoyeaux lui emboîte le pas : "Il y a beaucoup d'engagés, donc beaucoup de casse. On ne peut pas encore parler d'hécatombe".

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Source: Franceinfo · Théo Gicquel

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