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Tribune
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Les 24 et 25 octobre, au congrès du Rassemblement national, des journalistes de « Mediapart » et de « Politis » ont été molestés par le service d’ordre et des militants du parti. Plus de quarante sociétés de journalistes dénoncent ces violences et rappellent que la presse doit pouvoir couvrir librement les meetings politiques.
Publié aujourd’hui à 12h57 Temps de Lecture 1 min.
Samedi 24 octobre, alors qu’ils et elles couvraient le congrès du Rassemblement national (RN) à Orléans (Loiret), quatre journalistes de Mediapart ont été pris·es à partie sans ménagement et chassé·es de la salle du meeting par le service d’ordre du parti. Ils et elles ne faisaient pourtant que leur travail.
Sous les huées des militant·es et les cris « dehors Mediapart », l’une a été ceinturée, portée de force dans un escalier et empêchée de filmer. Un autre a été saisi au col, à moitié étranglé, puis violemment repoussé. Deux d’entre eux ont été plaqués contre un mur une fois sortis de la salle. Alerté, le service de presse du RN est intervenu, s’est excusé et a laissé les journalistes regagner le congrès.
Le lendemain, dimanche 25 octobre, un nouvel incident grave s’est produit. L’un des reporters de Mediapart, qui filmait une action de militant·es de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), a été évacué manu militari par le service d’ordre du RN. Pour le faire sortir, un agent de sécurité l’a poussé dans un escalier, tandis qu’une militante du parti lui enjoignait de « rentrer au bled ». La sécurité de ses journalistes n’étant plus assurée, la direction de Mediapart a dû leur demander de quitter les lieux du congrès.
Filmant cette même action, un journaliste de Politis a été interpellé par deux membres du public. Dans le mouvement de foule, un participant a frappé sa main d’un coup sec et fait tomber son téléphone plus loin. Demandant au service d’ordre qu’on le lui rende, il a aussitôt été ceinturé et mis à la porte. Dans une vidéo retrouvée sur son appareil, deux personnes se demandent à qui appartient le téléphone, et on entend dire : « C’est à un journaliste. Casse-le. »
Marine Le Pen a fait de ce congrès la rampe de lancement de sa campagne présidentielle. Il n’est pas acceptable que des journalistes soient ainsi exfiltré·es et malmené·es. Dans un État de droit, les partis politiques, tous bords confondus, doivent permettre à la presse, au service de tous les citoyens et citoyennes, d’accéder à leurs événements sans entraver son travail ni la brutaliser.
Les sociétés de journalistes et de rédacteurs de : Politis, Mediapart, Télérama, Le Monde, Radio France Internationale, Le Figaro, L’Express, France.TV Sport, Public Sénat, L’Humanité, Le Parisien-Aujourd’hui en France, l’Agence France-Presse, L’Informé, M6, LCP-AN, RMC, Franceinfo numérique, Libération, La Tribune-La Tribune Dimanche, France 3 rédaction nationale, TF1, BFM-TV, Sept a Huit, Challenges, LCI, Radio France, Marianne, Premières Lignes Télévision, Arrêt sur images, La Vie, Pôle Outre-mer de France Télévisions, France 24, Bayard-Milan, Arte, Les Echos, Groupe Profession Santé, Les Dernières Nouvelles d’Alsace et de L’Alsace, FranceTV Rédaction nationale, Lefebvre-Dalloz, Nouvel Obs, 20 minutes, Epsiloon, Blast, RTL.
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Source: Le Monde · Collectif
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