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Publié le 02/11/2026 16:31

Temps de lecture : 5min

L'astronaute française Sophie Adenot, lors d'une conférence de presse au siège parisien de l'Agence spatiale européenne (ESA), le 2 novembre 2026. (THOMAS SAMSON / AFP)
L'astronaute française Sophie Adenot, lors d'une conférence de presse au siège parisien de l'Agence spatiale européenne (ESA), le 2 novembre 2026. (THOMAS SAMSON / AFP)

Après trois semaines passées à Cologne, l'astronaute française était de retour au siège de l'ESA à Paris pour une conférence de presse. "Ça va très bien", a-t-elle assuré, admettant aussi que "l'esprit met du temps à se réadapter".

"Quelle aventure !" Sophie Adenot a tenu, lundi 2 novembre, sa première conférence de presse depuis la fin de son programme de réadaptation à la vie sur Terre, qui a duré trois semaines. La Française l'avait débuté au Centre des astronautes européens, à Cologne (Allemagne), le 10 octobre, deux jours après avoir amerri au large de la Californie. L'astronaute a répondu pendant plus d'une heure aux questions des journalistes avec son sourire et sa jovialité habituels. Franceinfo revient sur les principaux points à retenir.

Sur sa récupération physique

Après huit mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS) pour la mission Epsilon, Sophie Adenot a d'emblée été interrogée sur son état de santé. Le 10 octobre, sur le tarmac de l'aéroport de Cologne, la pilote d'essais d'hélicoptère était apparue très affaiblie, deux médecins devant la supporter pour qu'elle puisse se tenir debout et s'adresser à la presse. "Ça va très bien", a affirmé l'astronaute de l'Agence spatiale européenne (ESA).

"Le retour, vous l'avez tous perçu quand je suis arrivée à Cologne, était physiologiquement très, très éprouvant. (...) Aujourd'hui, on peut dire que je suis dans la même forme qu'avant, si ce n'est mieux."

Sophie Adenot

en conférence de presse

Si la récupération physique est bonne, il faut aussi un certain temps pour que le mental redescende sur Terre. "L'esprit met du temps à se réadapter", a-t-elle concédé, racontant d'un ton léger que voir des objets posés sur une table lui semblait presque étrange. Elle s'attend à ce qu'ils se mettent à flotter, comme ils le font dans la Station spatiale internationale, où tout est attaché avec des mousquetons, sanglé ou fixé avec du velcro.

Sophie Adenot a aussi dit être "dans la joie de retrouver les petits plaisirs de la Terre", qui sont "peut-être innocents et insignifiants pour des gens qui sont restés sur Terre pendant cette phase de huit mois, mais qui pour [elle] sont magiques". Elle raconte ainsi avoir été "émerveillée" la première fois qu'elle a entendu à nouveau la pluie tomber sur une fenêtre de toit.

Sur les premiers résultats de sa mission

Depuis son retour sur Terre, Sophie Adenot subit de nombreux prélèvements. L'objectif est de compléter les données de suivi des astronautes, avant, pendant et après le séjour à bord de la Station spatiale internationale. Lors d'une précédente prise de parole, le 13 octobre, elle avait affirmé que les premiers résultats sur sa densité osseuse et sa masse musculaire sont "absolument époustouflants". Grâce à un protocole d'exercices et de pratique sportive notamment, "non seulement [il n'y a] pas de perte de densité osseuse et pas de perte de masse musculaire, mais même dans certaines régions du corps, [on constate] une augmentation des deux", avait-elle déclaré. Une surprise totale. "On est en train de bouleverser ce qu'on dit depuis des années, avait-elle commenté. On attend la suite des analyses bien sûr, mais ça va donner de l'espoir incroyable à beaucoup de malades : ceux touchés par l'ostéoporose, les personnes âgées, sans parler des maladies dégénératives."

"L'entraînement, je le faisais tout le temps à la même heure, avec la première énergie du matin où vraiment je me donnais à fond", a détaillé lundi Sophie Adenot, décrivant des exercices de résistance réalisés avec des charges de plus en plus importantes sur une machine appelée Ared. "Les os, pour augmenter en densité, ils ont besoin de charges lourdes. Cela a été démontré par plusieurs articles scientifiques", explique-t-elle. Cela tranche avec les pratiques et savoirs en vigueur il y a trente ans où "on était plutôt orientés fitness, cardio", a-t-elle remarqué.

Sur ses sorties spatiales

Sophie Adenot a réalisé son rêve et atteint le graal de tous les astronautes en réalisant trois sorties extravéhiculaires pendant son séjour à bord de l'ISS. Si elle affirme ne pas avoir ressenti de peur lors de la première, elle a raconté un moment précis, pendant la deuxième, où elle s'est sentie "dépassée" par les événements. En prenant un chemin exotique le long de la paroi de la Station, elle s'est retrouvée à l'avant de l'ISS, "tout devant", avec la Terre face à elle.

"C'est impressionnant de ne voir que la Terre, l'immensité de la Terre, ce bleu incroyable et puis le vide. Il n'y avait rien d'autre."

Sophie Adenot

en conférence de presse

Sur ses observations depuis l'ISS

Interrogée sur les observations de la voûte céleste et de l'espace depuis la Station spatiale internationale, Sophie Adenot a reconnu qu'elle n'était pas la plus qualifiée pour en parler mais a fait part d'un enthousiasme communicatif. "Ce que l'on peut observer depuis la Cuppola, c'est déjà le premier contraste du noir, d'une densité vraiment impressionnante, a-t-elle raconté. Le vide spatial, c'est noir et c'est dense, en comparaison de la luminosité de la Terre."

"On a l'habitude sur Terre de voir les constellations : la grande ourse, la petite ourse", a-t-elle rappelé. Mais "de là-haut, on en voit des milliers et des milliers et c'est beaucoup plus difficile de reconnaître les constellations".

Quant à la Lune, elle n'est pas visible avec différentes couleurs comme depuis le sol, mais "elle apparaît plus nette, plus pure parce qu'on ne la voit pas à travers l'atmosphère", a-t-elle poursuivi. "Je me souviens de couchers de Lune splendides où l'on voyait le rose des nuages, et la Lune qui descendait. C'était très émouvant, très beau, très spirituel aussi", a-t-elle ajouté mentionnant également des aurores boréales "magnifiques" évoquant "une lumière verte qui danse".

Sur la suite de sa carrière

Après une première mission constellée de records, comment Sophie Adenot envisage-t-elle la suite de sa carrière d'astronaute ? "Je n'ai rien commencé à négocier", a-t-elle affirmé. Mais interrogée sur la mission Artemis, qui vise le retour durable de l'homme sur la Lune, elle a reconnu que fouler le sol du satellite naturel de la Terre est un objectif qui l'habite.

"Oui, ça me fait rêver d'aller marcher sur la Lune. Mais non, je n'en ferai pas un objectif quitte à faire n'importe quoi. Non."

Sophie Adenot

en conférence de presse

"Moi, je vais rester droite dans mes bottes et authentique, a-t-elle poursuivi. Et si un jour ces missions doivent m'emmener sur la Lune, je serai ravie de le faire et très honorée que me soit confiée cette grande responsabilité."

Une chose est certaine : Sophie Adenot compte rester active le plus longtemps possible. "Après cette aventure spatiale, je suis encore plus passionnée d'exploration spatiale que je ne l'étais, a-t-elle prévenu en souriant. Donc vous n'êtes pas près de me voir prendre ma retraite."

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Source: Franceinfo · Louis San

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