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Publié le 04/11/2026 11:32 Mis à jour le 04/11/2026 11:46

Temps de lecture : 2min

Des policiers observent une manifestation étudiante, à Lyon, le 3 novembre 2026. (ALEX MARTIN / AFP)

Plusieurs dizaines de personnes ont été interdites de manifester le week-end dernier, après des arrêtés pris par le ministère de l'Intérieur. L'une d'elles a accepté de témoigner. Il est enseignant à Marseille.

Plusieurs ONG et avocats dénoncent "un niveau jamais égalé en France sur la question des atteintes aux libertés". Des dizaines de personnes ont été assignées à résidence et n'ont pas pu manifester le week-end du 31 octobre et du 1er novembre. Le ministère de l'Intérieur a pris ces arrêtés, fondés sur les dispositions de lutte contre le terrorisme, à l'encontre de militants n'ayant parfois aucun casier judiciaire et surtout sans aucun lien avec le terrorisme.

Dans la soirée du vendredi 30 octobre deux policiers toquent à la porte d'un enseignant marseillais et lui font signer cet arrêté. "Pour résumer, raconte-t-il, je n'avais pas le droit de quitter la commune de Marseille ce week-end. J'étais obligé de pointer à un commissariat à 15 heures le samedi et le dimanche, et j'avais interdiction de me retrouver dans des lieux où la manifestation se déroulait ou des lieux interdits à la manifestation."

Dans ce document, il y a notamment tous les éléments que les renseignements ont rassemblés à son encontre. Il a participé à des actions militantes écologistes il y a quelques années. Il a, surtout, été arrêté et placé en garde à vue le week-end précédent pour avoir bloqué un point de circulation. Par ailleurs, dans son sac, les policiers ont retrouvé du sérum physiologique et un masque pour se prémunir des gaz lacrymogènes. "On a tout un arsenal judiciaire qui est mobilisé sur des choses qui restent, de mon point de vue, des actions non violentes."

"Ce sont des actions, qui parfois, peut-être, sortent de la légalité, mais qui sont, pour moi, légitimes. Mais en tout cas qui ne peuvent pas vraiment être mises en lien avec des actes terroristes."

Un enseignant marseillais

à franceinfo

Les avocats qui défendent ces personnes assignées à résidence estiment que le ministère de l'Intérieur assimile ces militants à des terroristes et précisent que, si ces mesures ont déjà été utilisées ces dernières années, c'est la première fois qu'elles le sont aussi massivement avec comme objectif de décourager ces manifestants. "Sur le coup, ça fait peut-être un peu réfléchir, confie l'enseignant. Mais, c'est vrai que si cette manière de faire se reproduit, je pense que je continuerai quand même de manifester. Ce n'est pas quelque chose qui va m'empêcher de manifester."

"Je pense que le gouvernement ne va pas réussir à vraiment enrayer le mouvement social avec des interdictions telles que celles-ci."

Un enseignant marseillais

sur franceinfo

Des interdictions pour lesquelles il y a très peu de recours possibles, car dans la majorité des cas ces assignations à résidence sont communiquées quelques heures avant les manifestations. Ce qui laisse très peu de temps à la justice administrative pour se saisir de ces dossiers en référé-liberté.

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Source: Franceinfo · Valentin Dunate

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