Dans cet État rural du nord-est des États-Unis, la républicaine Susan Collins brigue un sixième mandat face au démocrate Troy Jackson, sur fond de difficultés économiques et de divisions politiques autour de Donald Trump.

Radio France

Publié le 02/11/2026 06:48

Temps de lecture : 3min

Un pêcheur de homards sur Swan's Island (Maine), octobre 2026 (BENJAMIN ILLY / / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
Un pêcheur de homards sur Swan's Island (Maine), octobre 2026 (BENJAMIN ILLY / / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

À la veille des élections de mi-mandat américaines, le Maine figure parmi les États-clés à surveiller de près. Dans cet État rural du nord-est des États-Unis, frontalier du Canada et réputé pour sa pêche au homard, la bataille politique fait rage. La sénatrice républicaine sortante, Susan Collins, brigue un sixième mandat consécutif face au démocrate Troy Jackson, qui mise sur le vote sanction contre Donald Trump.

À Portland, la plus grande ville du Maine, les docks sont presque déserts avant le lever du soleil : c'est l'heure des pêcheurs. Certains s'apprêtent à prendre la mer, d'autres sont venus ranger leurs casiers à homards. Un secteur essentiel dans cet État : la pêche au homard pèse un milliard de dollars par an dans le Maine. Mais la crise des carburants est passée par là.

Wallis a 76 ans. Il a du mal à marcher et de plus en plus de mal à s'accrocher à son métier, la pêche au homard. C'est toute sa vie. "Je suis heureux, dans ce que je fais, mais si les prix continuent de grimper, je devrais penser à la retraite. Le prix du gazole est astronomique. On est obligés de naviguer lentement pour éviter de trop consommer, ce qui rend nos journées plus longues et plus pénibles. Et le prix de l'appât pour le homard a triplé ! De nos jours, il faut pêcher 180 kilos de homard pour commencer à dégager un bénéfice. C'est presque absurde. Pourquoi est-ce qu'on continue ? Il y a un vrai déclin : on a perdu plus de 30% des bateaux sur ce port."

Questionné sur le vote, Wallis estime que "c'est toujours la même histoire. Que le gazole soit à 6 dollars le gallon ou à 50 cents, ça ne change rien. J'essaie simplement de voter pour la meilleure personne, homme ou femme, peu importe. Mais honnêtement, je ne sais toujours pas pour qui voter. Je regarde les informations tous les soirs."

"On est bombardés de publicités sur ces politiciens. J'ai juste envie de tout éteindre."

Wallis

à franceinfo

David Crofoot, ancien chirurgien, a 80 ans. Il est inscrit comme républicain mais a décidé de voter démocrate. "J'avais toujours voté pour Susan Collins mais pas cette fois. D'abord, elle est presque aussi vieille que Trump. Elle s'est toujours revendiquée comme un esprit libre et essaie en effet de s'éloigner de Trump, mais en fin de compte, elle cède tout le temps", regrette David. Pour lui, le président américain est "une crapule. Il essaye de dominer d'une façon qui nous fait peur pour la démocratie". Il considère ces élections de mi-mandat comme "un référendum sur Trump".

David, électeur républicain qui vote démocrate pour protester contre Trump et Susan Collins. (BENJAMIN ILLY / / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
David, électeur républicain qui vote démocrate pour protester contre Trump et Susan Collins. (BENJAMIN ILLY / / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Jason Joyce, 56 ans, navigue sur son bateau dans les environs de Swan's Island. Cette petite île de 350 habitants vit au rythme de la pêche au homard. Ce qui n'empêche pas "Captain Joyce" de suivre la campagne électorale. En 2020, à la convention républicaine, il avait soutenu Donald Trump.

Jason Joyce à la barre de son bateau. (BENJAMIN ILLY / / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
Jason Joyce à la barre de son bateau. (BENJAMIN ILLY / / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"Je ne suis pas d'accord avec tout ce que fait Susan Collins, concède-t-il, mais c'est une républicaine indépendante. Et elle défend notre industrie. Voter contre Susan Collins simplement parce qu'on n'aime pas Donald Trump, c'est se punir soi-même, car elle s'est toujours battue pour les pêcheurs. Je pense qu'elle va gagner. Le côté partisan que son adversaire tente d'introduire dans cette campagne ne s'applique vraiment pas à elle."

Jason Joyce a donc choisi son camp : celui de Susan Collins, la sénatrice sortante. Elle est au coude-à-coude dans les sondages avec son rival démocrate, Troy Jackson. Mais Susan Collins a déjà déjoué les pronostics. Donnée perdante en 2020, elle avait finalement remporté l'élection avec neuf points d'avance.

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