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Leur ralliement donnerait sur le papier une majorité de 67 sièges au rival de Benyamin Nétanyahou, mais plusieurs dirigeants de l’opposition refusent de gouverner avec les formations arabes.
La principale liste arabe israélienne a annoncé, jeudi 5 novembre, soutenir le centriste Gadi Eisenkot pour tenter de former un gouvernement, le plaçant en position de force face au premier ministre Benyamin Néeyanyahou, privé d’un allié ultra-orthodoxe clé.
Dans la foulée des élections législatives du 27 octobre qui se sont achevées sans majorité absolue, le président israélien Isaac Herzog reçoit cette semaine les différentes forces politiques pour des consultations. Le chef de l’État a jusqu’au 11 novembre pour choisir la personne qu’il estime la mieux placée pour rassembler autour de son projet, généralement celle qui a obtenu le plus grand nombre de recommandations par les différents partis.
La Liste unifiée, principale formation à majorité arabe israélienne qui sera reçue par le président Herzog jeudi soir, a déclaré qu’elle recommanderait l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot pour former le prochain gouvernement. Cette décision répond à la « demande populaire visant à empêcher le retour au pouvoir de Netanyahu et de son gouvernement », a-t-elle expliqué dans un communiqué.
Quelques heures plus tôt, le parti du Judaïsme unifié de la Torah (JUT), formation ultra-orthodoxe qui soutient M. Nétanyahou depuis trois décennies, avait, lui, refusé de le recommander auprès de M. Herzog, préférant s’abstenir.
Ce désaveu, qui s’explique par des tensions autour de la délicate question de la conscription des étudiants religieux à laquelle s’opposent farouchement les partis ultra-orthodoxes, affaiblit les chances de Benyamin Nétanyahou de recevoir le mandat pour former le prochain gouvernement.
À l’inverse, M. Eisenkot, à la tête d’un large bloc d’opposition, bénéficie ainsi d’un deuxième appui précieux parmi les formations à majorité arabe, après celui de Raam (un acronyme signifiant en hébreu « Liste arabe unie »). « Nous tendons la main pour soutenir les efforts » de Gadi Eisenkot, et « nous ferons ce que nous pourrons pour écarter le gouvernement de Benyamin Nétanyahou », a déclaré le chef de Raam, Mansour Abbas, après sa rencontre avec le président israélien.
Casse-tête
Il faut au moins 61 députés pour avoir la majorité à la Knesset, le Parlement israélien. Lors du scrutin la semaine dernière, le camp de M. Nétanyahou a obtenu 53 sièges, contre 48 pour le bloc de M. Eisenkot.
Avec l’abstention du JUT, le nombre de soutiens déclarés pour le premier ministre sortant tombe à 46, tandis que M. Eisenkot totalise 67 recommandations. M. Herzog a prévu d’achever ses consultations jeudi soir mais n’a pas exclu de les prolonger si besoin.
Le candidat qu’il désignera aura vingt-huit jours pour tenter de former un gouvernement, une durée qui peut être prolongée de quatorze jours. En cas d’échec, une autre personne sera désignée. Et si l’impasse se confirme, de nouvelles élections seront organisées.
Si le camp anti-Nétanyahou part favori sur le papier, en réalité plusieurs de ses dirigeants s’opposent à toute alliance avec les partis arabes. Dans une société traumatisée par l’attaque du 7-Octobre, accepter la main tendue des Palestiniens d’Israël, comme sont aussi désignés les Arabes israéliens représentant environ 20 % de la population, risque en effet de braquer une partie de l’électorat juif.
Même s’il est désigné pour former un gouvernement, M. Eisenkot sera donc confronté à un casse-tête pour former une majorité sans voir son bloc d’opposition éclater en cas d’alliance formelle avec les formations arabes.
Une option serait qu’il constitue un gouvernement de minorité appuyé indirectement par les voix des formations arabes à la Knesset. Mais même cette option est rejetée par l’un des piliers du bloc d’opposition, le nationaliste Avigdor Liberman. M. Nétanyahou est conscient de ces hésitations et c’est ce qui explique ses attaques répétées contre les partis arabes, qu’il présente comme des « soutiens du terrorisme » qui voudraient « islamiser Israël ».
Le chef du gouvernement sortant a par ailleurs persisté dans ses allégations de fraude électorale massive contre ces formations, accusées d’avoir acheté des voix avec de l’argent du Qatar. Les autorités électorales ont nié toute atteinte susceptible de modifier le résultat du scrutin et l’opposition accuse Benyamin Nétanyahou de vouloir discréditer le scrutin pour s’accrocher au pouvoir.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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