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Le camp de Benyamin Nétanyahou accuse les partis arabes de fraudes massives lors des élections législatives le 27 octobre. L’opposition accuse en retour le premier ministre de vouloir discréditer un scrutin qu’il n’a pas remporté.

Des militants de gauche israéliens manifestent devant le tribunal de première instance de Tel-Aviv à la suite de l’arrestation du journaliste Abed Abu Shehadeh, le 4 novembre 2026.

La Liste unifiée, principale formation politique arabe israélienne, a dénoncé mercredi 4 novembre une « persécution politique », après des accusations relayées par le camp de Benyamin Nétanyahou affirmant que l’un de ses piliers, Ayman Odeh, était soupçonné de fraude aux législatives.

Le camp de Benyamin Nétanyahou a passé la campagne électorale à dénigrer violemment les listes arabes, les accusant de fraude dès l’ouverture des bureaux de vote le jour des élections législatives le 27 octobre.

Aucune majorité n’est sortie des urnes, mais ces listes menées par les Palestiniens d’Israël – comme sont aussi appelés les Arabes israéliens – ont effectué une percée historique. En s’alliant au chef de file de l’opposition Gadi Eisenkot, elles pourraient permettre d’écarter Benyamin Nétanyahou du pouvoir.

La Commission électorale a écarté toute fraude massive, confirmant toutefois l’existence d’une enquête menée par le renseignement intérieur (Shin Bet). Dans la journée, plusieurs médias et le Likoud de Benyamin Nétanyahou ont affirmé que le Shin Bet soupçonnait Ayman Odeh d’avoir reçu « des centaines de milliers de shekels d’une source étrangère ».

Le Likoud et ses alliés accusent depuis plusieurs jours les partis arabes d’avoir acheté des voix avec de l’argent envoyé par le Qatar, des allégations rejetées par Doha et l’opposition. « Il existe de graves soupçons selon lesquels des Etats étrangers auraient engagé des sommes considérables pour influencer les résultats des élections en Israël », a affirmé mercredi soir M. Nétanyahou.

« Escalade dangereuse »

La formation de M. Odeh, la Liste unifiée, a dénoncé une « escalade dangereuse de la campagne contre les citoyens arabes et leurs dirigeants », promettant de continuer à œuvrer « avec détermination » pour écarter Benyamin Nétanyahou du pouvoir.

Mardi, la procureure générale israélienne, Gali Baharav-Miara, avait souligné que le Shin Bet, dirigé par un proche de Benyamin Nétanyahou, n’avait pour l’heure produit aucune preuve, l’invitant à partager tout élément éventuel en sa possession.

Député sortant, Ayman Odeh, 51 ans, est une des figures arabes israéliennes les plus connues du paysage politique. Ancien chef du parti d’extrême gauche Hadash, il dirigeait la Liste unifiée depuis 2015, avant de quitter la Knesset à la fin de la dernière législature.

Le journaliste Abed Abu Shehadeh a, lui, été arrêté chez lui « par une quinzaine de policiers » mardi soir, a déclaré mercredi l’organisation de défense des droits humains Adalah. Il a été présenté à un juge mercredi après-midi, et est soupçonné d’être entré « en contact avec un agent étranger » et d’autres infractions « secrètes », d’après un journaliste de l’Agence France-Presse présent au tribunal. Sa détention a été prolongée jusqu’à dimanche, selon Adalah.

D’après l’ONG, les autorités lui reprochent une interview qu’il a menée au Qatar avec un ancien député arabe israélien, Azmi Bishara, quelques jours avant les législatives israéliennes. Azmi Bishara a fui Israël en 2007, sur fond d’accusations de liens avec le Hezbollah libanais – qu’il a démenties. Exilé au Qatar, il est devenu un intellectuel de premier plan dans le Golfe, très présent dans les médias pro-qataris de la région.

L’interrogatoire et la détention d’Abed Abu Shehadeh « ne sont liés qu’à une interview. Ce n’est pas une enquête, mais une campagne pour faire taire les journalistes palestiniens et les activistes politiques », s’est insurgé Adalah.

Cette succession d’événements est un « signal d’alarme » et une « menace pour la démocratie », a réagi mercredi l’opposant Yaïr Golan, chef de la gauche. « Nétanyahou a perdu les élections, mais refuse de reconnaître sa défaite et cherche à mener un coup de force pour s’emparer du pouvoir », a-t-il ajouté.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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