Le conducteur de l’ambulance qui avait fauché accidentellement en 2022 Iris et Warren, deux jeunes de 15 et 17 ans, a été condamné à cinq ans de prison, dont un ferme, aménageable sous bracelet électronique.
Le conducteur de l'ambulance à l'origine de l'accident ayant tué Iris et Warren, deux adolescents à trottinette à Lyon en 2022, a été condamné mardi à cinq ans de prison, dont un ferme, aménageable sous bracelet électronique, par le tribunal correctionnel de Lyon.
L'homme âgé aujourd'hui de 40 ans a été reconnu coupable d'homicide involontaire avec la circonstance aggravante de «violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence». Au moment de rendre son jugement, la présidente du tribunal a souligné «la conduite dangereuse pour les autres usagers».
La peine pourra être aménagée à domicile sous surveillance électronique d'un bracelet. Son permis de conduire est annulé avec interdiction de le repasser pendant sept ans. Enfin, le tribunal lui a interdit définitivement d'exercer la profession d'ambulancier.
La procureure avait requis une peine plus sévère de quatre ans de prison dont un ferme, avec mandat de dépôt à effet différé, c'est-à-dire qu'elle demandait son incarcération. Avait également été requise l'annulation de son permis de conduire avec interdiction de délivrance de 10 ans, qui est la durée maximale possible.
À lire aussi À Lyon, la conduite dangereuse de l’ambulancier qui avait mortellement percuté Iris et Warren à trottinette au cœur du procès
«Sentiment de colère», pour les familles d’Iris et Warren
Les deux adolescents, Iris, 15 ans, et Warren, 17 ans, ont été fauchés vers 18 heures alors qu'ils circulaient ensemble sur une trottinette électrique sur une voie réservée aux bus et aux deux-roues non immatriculés. Après la lecture du jugement, la mère de Warren, Jessica Souchit, main dans la main avec la mère d'Iris, a confié «un sentiment de colère» vis-à-vis de la durée de l'interdiction de permis décidée. «C'est l'ambulancier qui est complètement en tort. On trouve que la peine, elle est quand même légère», a-t-elle déclaré aux journalistes.
«Nous, de la peine, du chagrin, on en a tous les jours et ça va continuer. On ne veut pas laisser que du chagrin après cette tragédie», a complété Laure Cédat, mère d'Iris. Les deux femmes se sont mobilisées tout au long de l'enquête et du parcours judiciaire et promettent de poursuivre leur combat pour sanctionner plus sévèrement ce qui est devenu depuis 2025 aux yeux de la loi un «homicide routier».
«Il faut qu'aujourd'hui, on trouve des peines et des sanctions qui soient adaptées à la terminologie», a asséné Laure Cédat. «La loi doit tendre aujourd'hui vers des annulations et des interdictions définitives de pouvoir conduire. Ça paraîtrait proportionnellement adapté», a observé en écho Me Florence Vincent, avocate de la mère de famille.
Lors du procès la semaine passée, l'accusation avait estimé que la vitesse excessive était à l'origine de l'accident causé par l'ambulancier. «C'était à lui de faire attention à la trottinette», avait asséné la procureure, pour qui l'ambulancier, qui intervenait en urgence, «a manqué de prudence et de mesure dans l'usage de son droit de priorité».
L'accident est survenu le 22 août 2022 vers 18H00 sur un axe habituellement très fréquenté en bord de Saône. Les deux adolescents ont été percutés par l'ambulance privée qui partait en intervention, et qui était autorisée à circuler sur cette voie. Leur mort avait suscité une immense émotion à Lyon.
Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira