Par Le Figaro avec AFP

Publié le 29/10/2026 à 09h19

Le Comité pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de l’Europe s’inquiète de l’allongement de la durée moyenne de rétention depuis 2018, qui atteint près de 35 jours en moyenne. Joël SAGET / AFP

Le constat survient après une visite du Comité pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de l’Europe en octobre 2025 dans six centres de rétention administrative où sont détenus des étrangers en situation irrégulière.

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«Hygiène déplorable», «violences» : le Conseil de l'Europe a exhorté la France à prendre des «mesures urgentes» afin d'améliorer l'état de ses centres de rétention et prévenir les agressions entre personnes retenues, dans un rapport publié jeudi. Cette demande fait suite à une visite du Comité pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de l'Europe en octobre 2025 dans six centres de rétention administrative (CRA) - où sont détenus des étrangers en situation irrégulière.

Il s'agit des centres de Coquelles (près de Calais), Lyon, Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), Paris-Vincennes et les deux zones aéroportuaires de Roissy-Charles-de-Gaulle et Lyon-Saint-Exupéry. La visite «met en évidence un sentiment largement partagé selon lequel ces lieux constituent de véritables poudrières», prévient le CPT. Il déplore «l'absence d'amélioration, voire l'aggravation, des tensions et des mauvais traitements observés en rétention depuis 2018», date de sa précédente mission ad hoc.

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Et d'appeler la France à «prendre des mesures urgentes» pour prévenir les violences entre personnes retenues et garantir des «conditions matérielles et d'hygiène dignes». Le CPT s'inquiète de l'allongement de la durée moyenne de rétention depuis 2018, qui atteint près de 35 jours en moyenne. Plusieurs associations s'étaient également alarmées en mai de ce phénomène, qui ne conduit pas à davantage d'expulsions, au contraire, et pèse sur la santé physique et psychique des personnes retenues.

«Des conditions matérielles vétustes voire très dégradées»

La durée maximale est fixée à 90 jours, et même 210 jours quand il s'agit de condamnés pour terrorisme - contre 180 jours avant une réforme entrée en vigueur en juillet. Sur la liste des griefs du comité figurent aussi une «carcéralisation des bâtiments», la quasi-absence d'activités, une sécurité inefficace, «des conditions matérielles vétustes voire très dégradées, une hygiène déplorable, et des carences dans la prise en charge sanitaire».

Des reproches en partie rejetés par les autorités selon lesquelles chaque détenu reçoit un kit d'hygiène, des draps et couverture propres, un matelas et les locaux sont quotidiennement nettoyés, selon une réponse publiée par le CPT. Pour ce dernier cependant, les «conditions de vie dégradées» contribuent à exacerber les violences entre personnes retenues. Au niveau national, le nombre d'incidents, tels que des rixes, extorsions, blessures (ecchymoses ou traumatismes), a quasiment doublé ces dernières années, selon lui.

Plusieurs résidents ont affirmé aussi avoir été brutalisés par des policiers, évoquant «des provocations, des insultes, y compris à caractère raciste». Parallèlement, le CPT souligne que de nombreux agents estiment ne pas disposer «des moyens ou de la formation nécessaires» pour faire face à «l'évolution du profil des personnes retenues», qui souffrent souvent d'addictions et des troubles psychiatriques.

Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP

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