Quelles sont les attentes de la presse française vis-à-vis des candidats à l'élection présidentielle en 2027 ?

C'est une presse malade, qui multiplie les plans sociaux et voit ses recettes s'effondrer, que les candidats sont venus rencontrer à la mi-octobre au bien nommé Pavillon Élysée, à Paris. Alors, messieurs-dames candidats, quelles sont vos propositions pour venir en aide à une presse qui concourt à l'information, donc à la démocratie ? Ont répondu à l'appel Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, tandis que Marine Le Pen était représentée par Philippe Ballard, Jean-Luc Mélenchon par Manuel Bompard et Raphaël Glucksmann par Boris Vallaud.

Tous ont conscience des difficultés de la presse. Le 9 octobre, les salariés des neuf journaux du groupe Ebra ont fait grève après la suppression de 400 emplois sur 3 200 parmi des titres comme Le Progrès, Le Dauphiné libéré, les Dernières Nouvelles d'Alsace ou le Bien public. Ce groupe de presse qui couvre 23 départements a perdu en dix ans la moitié de sa diffusion. Alors bien sûr, les éditeurs demandent à la puissance publique d'intervenir en finançant une restructuration des imprimeries, en aidant à la distribution des journaux et en leur permettant de lutter contre les plateformes numériques qui pompent leurs revenus publicitaires et l'attention de leurs lecteurs.

Qu'est-ce qui est ressorti des interventions des candidats ?

Les candidats ont trouvé un consensus : il faut aider la presse qui concourt à éclairer le citoyen. Seul le Rassemblement national fait exception en estimant qu'il faut supprimer en cinq ans les aides directes aux journaux. Ensuite, il s'agit de permettre aux titres de mieux recouvrer leurs droits voisins sur les réseaux sociaux et de faire en sorte qu'ils ne soient pas pillés par les acteurs de l'intelligence artificielle (IA). C'est pourquoi tous sont favorables à une proposition de loi Darcos qui propose d'exiger des géants de l'IA qu'ils fassent la preuve qu'ils n'utilisent pas de contenus de presse dans leur modèle.

Pour LFI, Manuel Bompard insiste, lui, sur la nécessité de lutter contre la concentration de la presse et de soumettre les aides à des critères sociaux et de gouvernance, comme un droit de veto de la rédaction en cas de changement de direction. Enfin, et c'est sans doute l'idée la plus neuve, Édouard Philippe a proposé de revoir le modèle économique de la presse en l'alignant sur le régime de l'audiovisuel ou du cinéma, autrement dit en lui faisant profiter des mécanismes de soutien à l'exception culturelle. À quand une taxe sur les plateformes ou les IA pour préserver l'information écrite ? En attendant, les éditeurs demandent au gouvernement d'orienter une petite partie du budget publicitaire numérique des annonceurs vers leurs médias en ligne.

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Source: RFI · Amaury de Rochegonde

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