Le rappeur francilien écouté par des millions de fans se met à nu dans un film des réalisateurs Thibaut de Longeville et Yanis Tiliouine, disponible depuis mercredi matin sur la plateforme de streaming.
Passer la publicité Passer la publicitéLe rap français s’invite sur les écrans en novembre, avec la sortie de trois documentaires consacrés à des figures du genre : Koba LaD, actuellement incarcéré pour homicide involontaire, SDM, à l’approche de la sortie de son nouvel album, et Ninho, l’un des poids lourds de la scène française. Ce dernier, William Nzobazola à l’état civil, a dévoilé le sien sur Netflix ce mercredi matin. L’auteur du tube La vie qu’on mène l’a baptisé Le Prix à payer. Il en est le coproducteur. Pendant une heure et trente-cinq minutes, il y décrit son ascension au rang de superstar du hip-hop, mais aussi les vertiges de la célébrité, de son point de vue, celui de sa mère et ceux de ses proches comme les artistes Leto et Niska.
Depuis 2022, les caméras de Netflix ont suivi le quotidien de ce rappeur aux plus de quatre millions de disques vendus. Devant l’objectif, celui qui se fait appeler le « Jefe » témoigne de son enfance chaotique et marquée de bagarres dans l’Essonne, en région parisienne. Il évoque des embrouilles de quartier dont il n’a jamais parlé ni dans sa musique, ni en interview. Le documentaire retrace également ses premières séances en studio et ses immenses succès jusqu’à ses deux concerts au Stade de France en juillet 2025. Le sommet de sa carrière. Un de ses amis témoigne : « C’est un homme qui a toujours voulu percer dans le rap, mais n’a pas voulu devenir une vedette. »
Bande-annonce de Ninho - Le Prix à payer (2026)
« On voulait montrer dans ce film ce qu'est le rap français aujourd'hui, et qui sont ses acteurs que l'on connaît peu », a déclaré à l’AFP le réalisateur Thibaut de Longeville. D’après le cinéaste, « il y a un vrai mystère autour de Ninho. C’est super intéressant d’avoir un artiste au sommet qui te dit qu’il va peut-être arrêter ». Le second réalisateur, Yanis Tiliouine, s’est quant à lui félicité d’avoir pu explorer « une telle intimité ». « C’était périlleux, a-t-il confié, se souvenant de la séquence où Ninho raconte la disparition de son père et la naissance de son fils. Il a fallu beaucoup filmer pour qu’il me fasse suffisamment confiance. »
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Des histoires de racket
Une partie du documentaire est consacrée aux trahisons, aux jalousies et aux intimidations, racontées par le rappeur et son entourage, sans qu’on entende un point de vue critique. « Il y a un parti pris narratif, justifie Thibaut de Longeville. C’est son histoire. » Ninho évoque notamment des histoires de racket dont il a été victime en raison de sa notoriété. Elles font écho à des témoignages plus anciens rapportés par d’autres piliers du rap comme Lacrim, SCH ou encore Jul, cibles de la DZ Mafia. Il fait part enfin de litiges avec son ancien producteur, qui ne le rétribuait pas décemment et révèle les chiffres de son contrat avec son label Mal Luné.
Beaucoup de fans pensent que ce documentaire sonnera la fin d’une ère pour Ninho. Mais le rappeur ne semble pas vouloir mettre un terme à sa carrière. Il y a trois semaines, il foulait encore la scène de l’Accor Arena de Bercy lors du concert de Gradur. L’année 2026 a même été plus que prolifique pour lui avec l’organisation d’une exposition éphémère au Grand Palais Immersif, en janvier dernier, pour accompagner la sortie de son album M.I.LS 4. Après avoir décroché un disque de platine, - l’équivalent de 100 000 ventes -, le rappeur a promis à son public une réédition à la fin du mois de novembre. Visiblement, rien n’arrête le « Jefe »*.
*Jefe signifie le chef en espagnol
Source: Le Figaro · Charles Boutin
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