La mairie de Limoges en feu, la toiture et le beffroi de ce bâtiment du XIXe siècle qui s'effondrent : c'est l'une des images de la journée de samedi dernier. Alors que Sébastien Lecornu a prévu de s'y rendre vendredi, un homme a été interpellé, mardi. Que sait-on de cet individu ?

Radio France

Publié le 20/10/2026 17:41 Mis à jour le 21/10/2026 12:17

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Incendie de l'hôtel de ville, après qu'un groupe d'individus a pénétré de force dans le bâtiment en marge de la manifestation contre la "vie chère" à Limoges, le 17 octobre 2026. (PASCAL LACHENAUD / AFP)
Incendie de l'hôtel de ville, après qu'un groupe d'individus a pénétré de force dans le bâtiment en marge de la manifestation contre la "vie chère" à Limoges, le 17 octobre 2026. (PASCAL LACHENAUD / AFP)

Mardi 20 octobre au petit matin, les enquêteurs sont allés interpeller un suspect à une cinquantaine de kilomètres de Limoges, dans le nord-ouest de la Haute-Vienne, avec l'appui des policiers du RAID, plus précisément, à Val-d'Issoire, selon des sources concordantes à franceinfo. Il est soupçonné d'être impliqué dans l'incendie de la mairie de Limoges le 17 octobre. L'hôtel de ville, un édifice datant de 1883, a été incendié samedi en marge des manifestations contre la vie chère. Le beffroi de la mairie s'est effondré.

L'homme arrêté a 34 ans. Il est bien connu des services de renseignements, étant notamment fiché S pour son appartenance à la mouvance d'ultragauche. Les policiers s'étaient intéressés à lui dans une enquête sur l'incendie de huit voitures d'Enedis à Limoges en 2020 et d'une antenne relai dans la communes des Cars en 2021. Une affaire pour laquelle le père du suspect, condamné à trois ans de prison avec sursis il y a quelques mois, clame son innocence.

Le trentenaire a déjà aussi eu affaire à la justice. Charpentier de profession - il avait été jugé en juillet 2025 pour des faits de violences envers un policier en marge d'une manifestation qui avait eu lieu en octobre 2024 à Guéret. Selon une source judiciaire à franceinfo, il avait été relaxé en première instance, en septembre 2025, avant d'être finalement condamné par la cour d'appel de Limoges en avril dernier à un an de prison avec sursis. Il s'était pourvu en cassation quelques jours plus tard.

Quant à l'incendie de la mairie de Limoges, samedi 17 octobre, on ne sait pas encore quel rôle il a joué. On ignore, par exemple, si le suspect est l'un des deux hommes que l'on voit sur une vidéo. L'un d'eux se tient devant une fenêtre au rez-de-chaussée de la mairie. Il porte un gilet jaune et tient à la main un objet enflammé, qu'il donne à l'autre, vêtu d'un tee-shirt noir et portant une cagoule, se tenant sur l'appui de fenêtre et entrant dans l'hôtel de Ville.

Le parquet de Limoges indique mercredi que la garde à vue du suspect "sera prolongée en fin de journée, celle-ci pouvant être portée à 96 heures s'agissant d'une infraction relevant du régime dérogatoire applicable en matière organisée". L'enquête a en effet été ouverte pour "destruction en bande organisée d'un bien par un moyen dangereux pour les personnes" et "menaces de mort sur personnes dépositaires de l'autorité publique et chargées d'une mission de service public", précise le parquet qui ajoute que les investigations se poursuivent.

La Sdat (Sous-direction anti-terroriste) est co-saisie avec la police de la Haute-Vienne. Ce sont ses effectifs qui ont régulièrement enquêté sur les destructions et incendies d'antennes 5G dans la région de Limoges, qui est une terre de contestation assez ancienne, non loin du plateau de Millevaches.

À ce stade, le parquet national antiterroriste n'est pas saisi mais est en observation. Il tâche de comprendre les intentions et le niveau d'organisation des auteurs de l'incendie. Il lui faut déterminer s'il s'agit d'un acte improvisé, d'un mouvement qui a dégénéré, ou d'une organisation qui visait les institutions.

On sait qu'il y avait plusieurs centaines de personnes devant l'hôtel de ville, samedi en fin de journée, dont certains ont empêché un temps les pompiers de travailler. Ce n'est pas nécessaire qu'il y ait une idéologie, précise un connaisseur. Ce qui compte, c'est l'entreprise terroriste, l'organisation, la concertation, pour causer le trouble à l'ordre public par l'intimidation ou la terreur.

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Source: Franceinfo · franceinfo

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