Le fer, essentiel à la fabrication de l'acier, a vu son prix tomber au plus bas depuis plus de deux ans. Plusieurs fois ces derniers jours, les cours sont passés sous la barre des 90 dollars la tonne. Cette baisse s'explique par une combinaison de deux facteurs essentiellement, l'offre et la demande.
La demande mondiale en fer a tendance à diminuer, en particulier en Chine, le premier acheteur mondial – qui absorbe les deux tiers du fer commercialisé par voie maritime. Dès que les usines sidérurgiques chinoises qui transforment le minerai en acier baissent leur activité, cela finit par se reporter sur les cours du fer. Les chiffres de cette année montrent que la production locale d'acier s'essouffle : sur les neuf premiers mois de l'année 2026, les volumes produits ont été les plus bas depuis 2018, et ce en raison de la morosité des secteurs de l'immobilier et de l'automobile.
À ce contexte mondial, il faut ajouter une demande d'acier traditionnellement faible en novembre-décembre et des stocks portuaires chinois élevés : ils ont progressé de 14% sur un an selon l'agence de presse Reuters, ce qui ne stimule pas les achats, au contraire.
Une offre importante à court terme
En face, l'offre mondiale ne fait que grossir. Les livraisons des quatre principaux groupes miniers – dont Rio Ttinto et BHP – sont attendues en hausse au quatrième trimestre. Une abondance à laquelle contribue, en particulier, la mine géante de Simandou, entrée en exploitation il y a moins d'un an en Guinée.
Tous ces facteurs pourraient maintenir les prix au niveau actuel, voire les tirer encore un peu plus bas à court terme. Mais à moyen terme, « tout le monde nage dans l'incertitude » confie Jean-Paul Mermet, directeur d'AC3A, cabinet spécialisé dans le trading d'acier et d'aluminium, qui évoque un « marché de l'acier et de l'aluminium d'une volatilité inouïe » dans lequel les acheteurs s'engagent sur des périodes de plus en plus courtes, faute de pouvoir faire des projections. « Ce qui est vrai un jour ne l'est plus le lendemain », résume l'expert.
Conséquences au Brésil
La baisse actuelle des prix a de multiples conséquences, notamment au Brésil, le deuxième fournisseur mondial. Plusieurs petits producteurs brésiliens indépendants ont décidé de limiter leur production et parfois même de mettre au chômage une partie de leurs employés : leurs marges sont devenues trop basses avec la hausse des coûts du transport maritime. Sur la route Brésil-Chine, le coût d'un navire chargé de minerai de fer était deux fois plus élevé en septembre qu'il y a un an.
Indirectement, les cours ont eu un impact aussi sur la vente d'un des principaux ports minéraliers du Brésil. La faiblesse des prix a pesé sur les offres d'achat jugées insuffisantes pour les vendeurs, qui en attendaient 30% de plus, selon les vendeurs. La vente a été suspendue en attendant que les perspectives économiques du secteur soient meilleures.
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Source: RFI · Marie-Pierre Olphand
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