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La présentatrice a tenu, à la fin de janvier, des propos sur les migrants « de nature à inciter à la haine », selon l’Arcom, « sans aucune réaction des autres personnes ». Sur l’échelle des interventions du régulateur, la mise en demeure précède toute sanction, notamment financière.
La radio détenue par le milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, Europe 1, a été mise en demeure par l’Arcom de se conformer à ses obligations, après des propos tenus par Christine Kelly « de nature à inciter à la haine », selon une décision du régulateur publiée lundi 26 octobre.
Dans l’émission « Christine Kelly et vous » du 26 janvier, « une séquence a été consacrée à une affaire de viol d’une femme âgée à Nice, dont le principal suspect était un ressortissant tunisien qui avait fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français », rapporte l’Arcom.
« On ne dit pas que tous les migrants sont des violeurs, mais beaucoup le sont, comme les chiffres le révèlent », avait alors affirmé la présentatrice au cours d’un débat. Et ce, « sans aucune réaction des autres personnes présentes à l’antenne » sur son plateau, souligne le régulateur de l’audiovisuel dans cette décision prise mercredi dernier.
Europe 1 dénonce une « ingérence majeure »
Selon l’Arcom, ces propos sur les migrants sont « de nature à inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires à leur égard en raison de leur origine ou de leur nationalité ».
Europe 1 ayant déjà été mise en garde précédemment pour de tels « manquements » à l’antenne, la station a cette fois été mise en demeure. Sur l’échelle des interventions du régulateur auprès des chaînes et des radios, la mise en demeure, qui a valeur d’avertissement, précède toute sanction, notamment financière.
« La station conteste avec la plus grande fermeté le bien-fondé de cette mesure et les griefs retenus », a réagi dans un communiqué Europe 1, qui estime que « rappeler ou débattre de réalités chiffrées ne constitue en aucun cas une infraction ». Face à ce qu’elle considère comme une « ingérence éditoriale majeure », la direction de la station a annoncé « former un recours gracieux auprès de l’Arcom afin d’obtenir le retrait de cette décision » et dit se réserver la possibilité de saisir le Conseil d’Etat.
Le Monde avec AFP
Source: Le Monde · Le Monde avec AFP
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