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La présentatrice a tenu, à la fin de janvier, des propos sur les migrants « de nature à inciter à la haine », selon l’Arcom, « sans aucune réaction des autres personnes ». Sur l’échelle des interventions du régulateur, la mise en demeure précède toute sanction, notamment financière.

La journaliste Christine Kelly, à Paris, le 24 juin 2025.

La radio détenue par le milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré, Europe 1, a été mise en demeure par l’Arcom de se conformer à ses obligations, après des propos tenus par Christine Kelly « de nature à inciter à la haine », selon une décision du régulateur publiée lundi 26 octobre.

Dans l’émission « Christine Kelly et vous » du 26 janvier, « une séquence a été consacrée à une affaire de viol d’une femme âgée à Nice, dont le principal suspect était un ressortissant tunisien qui avait fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français », rapporte l’Arcom.

« On ne dit pas que tous les migrants sont des violeurs, mais beaucoup le sont, comme les chiffres le révèlent », avait alors affirmé la présentatrice au cours d’un débat. Et ce, « sans aucune réaction des autres personnes présentes à l’antenne » sur son plateau, souligne le régulateur de l’audiovisuel dans cette décision prise mercredi dernier.

Europe 1 dénonce une « ingérence majeure »

Selon l’Arcom, ces propos sur les migrants sont « de nature à inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires à leur égard en raison de leur origine ou de leur nationalité ».

Europe 1 ayant déjà été mise en garde précédemment pour de tels « manquements » à l’antenne, la station a cette fois été mise en demeure. Sur l’échelle des interventions du régulateur auprès des chaînes et des radios, la mise en demeure, qui a valeur d’avertissement, précède toute sanction, notamment financière.

« La station conteste avec la plus grande fermeté le bien-fondé de cette mesure et les griefs retenus », a réagi dans un communiqué Europe 1, qui estime que « rappeler ou débattre de réalités chiffrées ne constitue en aucun cas une infraction ». Face à ce qu’elle considère comme une « ingérence éditoriale majeure », la direction de la station a annoncé « former un recours gracieux auprès de l’Arcom afin d’obtenir le retrait de cette décision » et dit se réserver la possibilité de saisir le Conseil d’Etat.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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