Par Le Figaro avec AFP

Publié le 30/10/2026 à 15h39, mis à jour le 30/10/2026 à 15h40

Un camion après une attaque de drone dans la ville de Rama, près de la frontière érythréenne, Éthiopie, le 15 octobre 2026. Photo prise avec un téléphone. (Image d’illustration) Obtenue par Reuters / REUTERS

Un camp de déplacés et une localité proche de l’Érythrée ont été visés les 29 et 30 octobre dans le nord de l’Éthiopie. Des enfants figurent parmi les victimes, selon des témoins interrogés par l’AFP.

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Au moins 25 personnes ont été tuées jeudi et vendredi dans des frappes de drones dans les régions de l’Amhara et du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, selon une source médicale et des témoins.

«Ce matin (vendredi), la frappe a touché des gens qui ramassaient le grain d'un véhicule ciblé la veille» à Rama, située à environ sept kilomètres de l'Érythrée, a déclaré un témoin qui a requis l'anonymat, précisant que 13 personnes avaient été tuées. Selon une source médicale, «11 corps ont été apportés à notre hôpital».

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Le gouvernement fédéral a multiplié ces derniers mois les frappes de drones contre les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui ont lancé fin septembre une offensive pour «renverser» le pouvoir. Les forces fédérales les ont depuis repoussés vers la frontière érythréenne. Selon l’ONG Acled, spécialisée dans l’analyse des conflits, des civils ont été tués par ces frappes ces dernières semaines.

Un camp de déplacés frappé en Amhara

Jeudi, au moins 14 personnes, dont des enfants, ont été tuées par plusieurs frappes de drones sur un camp de déplacés à Hayk, à environ 400 kilomètres d’Addis-Abeba, dans la région de l’Amhara, ont rapporté des témoins à l’AFP.

«Quatre frappes de drones ont été effectuées l’une après l’autre. Nous avons enterré 14 personnes au centre pour déplacés. Deux autres sont décédées alors qu’elles recevaient des soins médicaux», a affirmé un résident, désigné sous le prénom fictif de Yasin pour sa sécurité. Selon lui, des femmes enceintes et des enfants figurent parmi les victimes. Deux autres résidents ont fait état de 14 et 15 morts.

Les frappes sont survenues «juste au moment où les élèves rentraient de l’école», a raconté l’un de ces témoins, appelé Ahmed. «Ma belle-sœur a été tuée, et nous n’avons même pas pu retrouver son corps car il a été démembré», a-t-il ajouté. Acled avance pour sa part un bilan compris entre 16 et 23 morts, sans préciser si des enfants figurent parmi eux. Sollicité par l’AFP, le porte-parole de l’armée fédérale n’avait pas donné suite.

Une alliance rebelle contre le pouvoir fédéral

Selon Acled, des déplacés ont signalé la présence, dans les environs du camp, de membres des Fano, les milices de l’ethnie amhara qui combattent les forces fédérales depuis plus de trois ans. Les habitants du camp sont, selon les témoins, originaires de l’Oromia, région voisine où l’Armée de libération oromo (OLA) mène également une lutte armée contre Addis-Abeba.

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Les Fano, l’OLA et le TPLF ont formé fin septembre une alliance avec d’autres groupes armés pour renverser le gouvernement du premier ministre Abiy Ahmed. Après des conquêtes territoriales dans le nord du pays, les Fano et les forces du TPLF ont dû se replier sous les frappes de l’armée fédérale.

Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP

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