En Tchéquie, les employés de la radio et de la télévision publiques sont en grève ce mardi 3 novembre pour défendre leur indépendance, menacée selon eux par une réforme du financement voulue par le gouvernement du milliardaire Andrej Babis. Le passage en force de la coalition, qui a fait examiner le texte en urgence pendant la nuit le week-end dernier, suscite une forte mobilisation et ravive les craintes d’une dérive à la hongroise ou à la slovaque.
Publié le : 03/11/2026 - 13:52Modifié le : 03/11/2026 - 13:54
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De notre correspondant à Prague, Alexis Rosenzweig
« Une journée sans précédent dans l’histoire des médias tchèques de service public » : c’est ainsi qu’a démarré le journal de minuit ce 3 novembre sur la télévision publique tchèque. Dans un pays où les grèves sont plutôt rares, les méthodes employées récemment pour réformer le financement de l’audiovisuel public par la coalition au pouvoir ont choqué – en faisant notamment adopter le texte en première lecture dans la nuit en urgence par ses députés.
« L’indépendance des médias publics est en danger, donc la démocratie aussi », selon Petr Gojda, producteur à la radio publique Cesky Rozhlas, dont une grande majorité d’employés sont en grève aujourd’hui, pour préserver une indépendance garantie jusqu’à présent par la redevance audiovisuelle.
« Plein de gens, plein d'organisations comprennent bien que c'est une lutte pour la démocratie. On a plein de soutien, des étudiants, des théâtres, etc. Vraiment, je vois qu'il y a plein de gens qui voient que ça c'est une lutte très importante », dit Petr Gojda, qui tente de rester optimiste.
Financer directement l’audiovisuel public par le budget de l’État semblait être le projet initial de la coalition au pouvoir à Prague et des partis d'extrême droite qui la composent, avec aussi d’autres pistes évoquées comme « des contributions volontaires » ou « des systèmes en place dans les pays nordiques ».
Le Premier ministre Andrej Babis se défend de vouloir museler l’audiovisuel public, mais pour de nombreux Tchèques les précédents dans ce domaine en Hongrie avec Viktor Orban et plus récemment dans la Slovaquie voisine sont autant d’avertissements sur les risques encourus : « On voit une déconstruction de la démocratie en Slovaquie, on ne veut pas ça ici », conclut Petr Gojda.
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Source: RFI
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