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Parmi les 47 ressortissants français transférés depuis la Syrie et jugés par la justice irakienne à Bagdad pour appartenance à l’organisation Etat islamique figurent des vétérans du djihadisme hexagonal, à l’image de Thomas Collange.

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Le palais de justice d’Al-Karkh, à Bagdad, le 5 octobre 2026.

Il ne dit presque rien. Grand, cheveux et barbe poivre et sel, en combinaison orange, Thomas Collange se tient droit face aux juges de la troisième chambre de la cour criminelle du quartier Al-Karkh, à Bagdad, celle qui juge les affaires sensibles, comme le terrorisme ou la corruption. Son acte d’accusation a déjà été lu lors d’une audience précédente. Mercredi 4 novembre, il n’a plus qu’à attendre. Son silence tranche avec la longueur de son parcours, qui épouse presque à lui seul plus de vingt ans de djihadisme français.

Né à Pau en 1983, Thomas Collange, alias Mokhtar, est fiché « S » dès 2002. Il est à l’origine de la conversion de sa mère et de sa compagne, Mayalen Duhart, condamnée en septembre 2025 à Paris à dix ans d’emprisonnement. Il s’installe en Syrie en 2004. Il appartient alors au réseau d’Artigat, en Ariège, l’une des premières filières d’acheminement de djihadistes français vers l’Irak, au milieu des années 2000, quand l’occupation américaine attirait déjà des volontaires. Il retourne en Syrie en 2014, au moment où le groupe qui deviendra l’organisation Etat islamique (EI) s’apprête à proclamer son califat. Proche des frères Clain, idéologues virulents qui ont revendiqué au nom de l’EI les attentats du 13 novembre 2015, il est capturé en 2017 par les forces kurdes syriennes.

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Source: Le Monde · Samuel Forey

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