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Le site d’information est l’un des derniers espaces de liberté d’expression qui subsistent dans le pays. Il est la cible de poursuites judiciaires et sa rédactrice en chef, brièvement incarcérée, doit passer en jugement le 11 novembre.

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La journaliste égyptienne Lina Attalah, fondatrice et rédactrice en chef du journal en ligne « Mada Masr », au Caire, le 28 décembre 2020.

Confronté à une offensive judiciaire d’une vigueur inédite, Mada Masr vit peut-être ses derniers jours. Le média indépendant est l’un des derniers espaces de liberté d’expression qui subsistent dans une Egypte sous la coupe d’un régime militaire qui a méthodiquement éliminé tout contre-pouvoir. Vigie critique des autorités, aussi précis qu’impartial, il est reconnu internationalement comme l’une des meilleures sources d’information sur le pays et la région.

Le 11 novembre, Lina Attalah, sa fondatrice et rédactrice en chef, comparaîtra devant un tribunal pénal. Elle risque une peine d’un an de prison. C’est la toute première fois que la journaliste et Mada Masr sont visés par une procédure judiciaire, depuis la fondation du média en 2013, à la veille du coup d’Etat qui a porté le président Abdel Fattah Al-Sissi au pouvoir.

Mme Attalah sera jugée pour « diffusion de fausses informations » ainsi que pour « exploitation d’un site Internet sans accréditation », une infraction passible d’une amende de 2 millions de livres égyptiennes (32 200 euros).

« Farce judiciaire »

L’offensive judiciaire remonte au 21 octobre. Lina Attalah a alors été convoquée par le procureur général de la sûreté de l’Etat, une branche des services de renseignement égyptiens. Libérée quelques heures plus tard, elle a ensuite appris qu’elle était renvoyée en jugement le 27 octobre, également pour défaut d’accréditation – une procédure d’une exceptionnelle rapidité pour la justice égyptienne.

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Source: Le Monde · Samuel Forey

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