Après une tournée de 28 étapes achevée dimanche au Kansas, le président américain s’exprimera au bord du bassin du Lincoln Memorial, récemment rénové, à 14 heures, soit 20 heures à Paris, selon son programme officiel. Il regagnera ensuite la Maison Blanche, d’où il participera à sept rassemblements téléphoniques entre 16 heures et 20 h 15, soit entre 22 heures et 2 h 15 du matin à Paris.
Live animé par Pierre Bouvier et Gabriel Coutagne (service Photo)
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17:52 Sur le terrain
En Géorgie, un couple conservateur en colère contre Trump au meeting de Jon Ossoff et de son invité Barack Obama
Même âge – 54 ans – et même colère contre Donald Trump. Todd et Sheryl Banister n’avaient jamais participé à une réunion politique avant ce 28 octobre. Lui se définit comme libertarien et porte un tee-shirt du groupe de heavy metal Megadeth. Il travaille dans le secteur des prêts immobiliers, comme informaticien. Elle, coach nutritionniste de formation, est inscrite dans les registres républicains. C’est dire si elle a fait du chemin.
Le couple a pris place dans la queue trois heures avant l’ouverture des portes près d’Atlanta (Géorgie), pour assister au meeting du sénateur démocrate Jon Ossoff et de son invité exceptionnel, l’ancien président Barack Obama.
Leur conseil aux conservateurs endurcis ? « Chacun devrait se demander s’il vit mieux qu’il y a deux ans », résume Todd. Des républicains basculant en faveur des démocrates ? Le phénomène est rare dans un pays aussi polarisé, où l’emprise de Donald Trump sur son parti ne se dément pas, malgré les sondages défavorables.
Sheryl Banister a voté pour Donald Trump en 2016 en suivant un calcul simple : elle voulait une majorité conservatrice à la Cour suprême, pour défendre ses valeurs chrétiennes. « J’ai grandi dans un foyer conservateur où l’on n’écoutait pas les démocrates. Maintenant, j’écoute tout le monde. Je suis dégoûtée par cette administration, par la corruption et les mensonges. » Le soir même du meeting, elle comptait mettre en ligne des selfies, pour témoigner de son expérience. « Je pense que je vais perdre des amies, qui considèrent que voter démocrate, c’est trahir notre foi chrétienne. Tant pis pour elles. »
Sheryl et Todd ont deux fils adultes, de 24 ans et 19 ans. « Je suis désolé pour nos garçons, soupire le père. Ils ne savent pas comment était la politique il y a 30 ans. Je ne veux pas que ce chaos soit normalisé et accepté. Comment peut-on par exemple placer son propre avocat à la tête du département de la justice ? C’est une destruction de notre système. Je veux revenir en arrière. On avait des attentes et des exigences plus grandes à l’égard de nos présidents. » Pour se tenir occupé dans la file d’attente, Todd Banister tient en main un pavé : le rapport de la commission parlementaire sur le 6-Janvier 2021.
« Beaucoup de gens étaient plus amoureux de l’idée d’un Donald Trump que de Donald Trump lui-même », estime-t-il. « Il a profité de l’exaspération par rapport à Washington, il est arrivé en disant qu’il n’était pas un politicien et qu’il allait purger le marais. C’est lui, le marais ! Il est impossible de croire que les électeurs veulent tout ça. Sinon, on se condamne à devenir une nation du tiers-monde. »
Piotr Smolar (Washington, correspondant)
17:34
Dernier jour de campagne : Donald Trump va lancer un ultime appel aux électeurs depuis Washington
Le président doit prononcer lundi son discours de clôture de campagne à Washington, à la veille d’élections de mi-mandat qui pourraient faire perdre aux républicains le contrôle du Congrès et entraver ses deux dernières années à la Maison Blanche.
Après une tournée de 28 étapes achevée dimanche au Kansas, le président américain s’exprimera au bord du bassin du Lincoln Memorial, récemment rénové, à 14 heures, soit 20 heures à Paris, selon son programme officiel. Il regagnera ensuite la Maison Blanche, d’où il participera à sept rassemblements téléphoniques entre 16 heures et 20 h 15, soit entre 22 heures et 2 h 15 du matin à Paris. Selon la Maison Blanche, son discours défendra son bilan et opposera le programme républicain à celui des démocrates.
Sur le terrain, le vice-président J. D. Vance et Donald Trump Jr. feront campagne dans l’État de New York, auprès des candidats républicains à la Chambre Anthony Constantino et Kailee Buller, avant de rejoindre l’Ohio. Le président de la Chambre, Mike Johnson, multipliera les étapes en Caroline du Nord et en Virginie.
Les démocrates mobilisent eux aussi leurs figures nationales : le gouverneur du Kentucky, Andy Beshear, soutiendra Rob Sand, candidat au poste de gouverneur de l’Iowa, tandis que l’ancien ministre des transports Pete Buttigieg fera campagne auprès de David Crowley, candidat au même poste dans le Wisconsin. James Talarico et Adam Hamilton, candidats au Sénat, organisent également des rassemblements au Texas et au Kansas.
17:11 Vos questions
Bonjour,
Le discours sur la fraude peut souder la base trumpiste, mais complique la préparation de 2028 : il transforme une éventuelle défaite en injustice et évite un débat sur le bilan présidentiel. Dans une tribune publiée par Le Monde, le spécialiste des États-Unis Lauric Henneton explique ainsi que Trump pourrait délégitimer les résultats pour faire de 2028 l’élection de la revanche.
Les divisions sont déjà perceptibles. Selon Politico, des responsables républicains imputent en privé leurs difficultés à Trump, sans le critiquer publiquement. Le sondage cité illustre ce dilemme : 29 % des électeurs républicains interrogés expliqueraient un revers par son effet négatif sur la popularité du parti, contre 30 % par son absence sur les bulletins.
Une défaite ne condamnerait pas les chances républicaines en 2028, mais ses éventuels successeurs − à commencer par J. D. Vance − devront élargir leur audience sans perdre les fidèles du président, une tension relevée par Piotr Smolar, notre correspondant à Washington. Donald Trump entretient d’ailleurs l’incertitude en évoquant toujours un troisième mandat, malgré l’interdiction constitutionnelle d’être élu président plus de deux fois.
L’ampleur du revers éventuel pèsera donc sur la suite : une lourde défaite renforcerait les demandes de réorientation, sans garantir que le parti parvienne à s’affranchir de Trump.
16:38 Vos questions
Bonjour,
Donald Trump a assuré qu’il protégerait Elon Musk si les démocrates lançaient des enquêtes contre lui après les élections de mi-mandat, dans un entretien au podcast « Pod Force One », animé par Miranda Devine, éditorialiste au New York Post, et publié lundi, rapporte Axios.
Interrogé sur des rumeurs d’enquête ou de saisie des avoirs du patron de Tesla et de SpaceX, le président américain a répondu : « Ce ne sont que des paroles. Mais si cela se concrétise, nous devrons les protéger. » Selon Axios, Musk a consacré près d’un demi-milliard de dollars à combattre les démocrates durant ce cycle électoral.
Donald Trump a également évoqué la possibilité d’accorder des grâces préventives à ses collaborateurs et à d’autres alliés s’ils étaient visés. « Je le ferai si nécessaire, bien sûr, a-t-il déclaré. Je n’hésiterai même pas. Je le ferai. »
Le président a aussi réaffirmé qu’il aimerait briguer un troisième mandat, tout en reconnaissant que le texte constitutionnel était « très précis ». « Il nous reste plus de deux ans. C’est long. On peut faire beaucoup de choses pendant cette période », a-t-il ajouté.
16:09 Vos questions
Il existe toujours des risques de fraude dans les élections, mais historiquement elles sont très peu nombreuses aux Etats-Unis. Le système est compliqué, parce que chaque Etat a ses propres règles et ses propres modes de scrutin (avec des bulletins, des machines à voter, par correspondance…), et le décompte est souvent très long. Mais les résultats sont globalement jugés fiables.
Le vrai risque en l’occurrence est plutôt dans la contestation du résultat au nom de fraudes imaginaires, comme l’explique mon confrère Piotr Smolar dans son article de la semaine dernière.
Cela avait été le cas en 2020, lors de la présidentielle entre Joe Biden et Donald Trump. Le milliardaire avait accusé les démocrates de fraudes massives, alors que toutes les enquêtes ont montré que cela était faux. Au contraire, c’est lui qui avait appelé le secrétaire d’Etat de la Géorgie pour lui demander de « trouver 11 780 votes » en sa faveur. Mais le récit de la corruption électorale des démocrates s’est imposé au sein d’une large frange des républicains, qui continue de prétendre contre toute évidence que l’élection de 2020 a été volée.
Ces derniers mois, Donald Trump a préparé les esprits à ce scénario, en accusant par avance les démocrates de vouloir truquer les élections. Les soupçons républicains se portent principalement sur le fait que dans certains Etats, il n’y a pas besoin de documents d’identité pour voter (cela n’est pas obligatoire aux Etats-Unis et des millions d’Américains n’en possèdent pas).
Ce travail de sape de la confiance dans la démocratie porte ses fruits, mois après mois. Au meeting de Donald Trump dans l’Ohio mercredi dernier, plusieurs républicains m’ont affirmé en toute bonne foi que les démocrates faisaient entrer illégalement des étrangers dans le pays pour les faire voter aux élections en leur faveur. Absolument rien n’atteste cela.
Le risque est donc bien réel de voir les républicains monter au créneau demain soir, notamment si les résultats sont serrés.
Il faut ajouter que les démocrates leur ont donné du grain à moudre avec une manipulation honteuse en Alaska. Selon une enquête du New York Times, l’entourage de la démocrate, Mary Peltola, a suscité la candidature d’un homonyme du républicain Dan Sullivan afin de semer la confusion dans l’esprit des électeurs. Une enquête a été ouverte localement pour déterminer si la manœuvre est légale ou non, mais dans tous les cas, elle n’honore guère les démocrates.
Nicolas Chapuis (New York, correspondant)
Sur Le Monde aujourd’hui
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16:01 Vos questions
Bonjour,
Silver Bulletin est une source sérieuse, dont la méthodologie est détaillée, mais ses prévisions restent des probabilités, pas des certitudes. Agréger les sondages atténue leurs fluctuations sans éliminer leurs éventuels biais communs.
Pour apprécier les tendances, on peut confronter ses résultats aux moyennes de RealClearPolling et de Decision Desk HQ, ainsi qu’aux analyses du Cook Political Report. Leur convergence doit toutefois être relativisée : ils s’appuient souvent sur les mêmes enquêtes.
N’hésitez pas à reposer la même question demain matin, l’un de nos collègues suit de près ce que fait Nate Silver.
15:33
Les républicains renoncent à financer plusieurs courses jugées prioritaires
A la veille des élections de mi-mandat, les grands comités de soutien électoral réorientent leurs dépenses vers les courses qu’ils estiment encore gagnables. Selon Politico, ces arbitrages touchent plus d’une douzaine de scrutins au Sénat et à la Chambre des représentants et témoignent surtout des difficultés républicaines.
Le Senate Leadership Fund, qui soutient les candidats républicains au Sénat, a ainsi cessé ses dépenses publicitaires en Caroline du Nord et en Géorgie après avoir consacré 35 millions de dollars à chacun de ces États. Il privilégie désormais la défense de sénateurs sortants au Kansas, en Caroline du Sud et dans le Mississippi, pourtant des bastions conservateurs. Les démocrates ont également réduit leurs dépenses dans les deux Etats délaissés par leurs adversaires.
A la Chambre, le Congressional Leadership Fund a renoncé à financer les offensives contre plusieurs élus démocrates, dont Henry Cuellar au Texas, Greg Landsman dans l’Ohio et Kristen McDonald Rivet dans le Michigan. Il a aussi retiré son soutien à la républicaine Mariannette Miller-Meeks, élue dans l’Iowa avec moins de 800 voix d’avance en 2024.
Ces retraits permettent de concentrer les moyens sur d’autres élections. Dans la région de New York, des réservations publicitaires destinées à reconquérir des sièges démocrates ont ainsi été réaffectées à la défense du républicain Mike Lawler.
Les démocrates ont eux aussi abandonné certaines offensives, mais en moins grand nombre. Ces choix financiers ne préjugent pas des résultats : ils révèlent les courses que les stratèges des deux camps jugent désormais les plus difficiles à remporter.
15:23 Vos questions
A partir de quelle heure en France pourrons-nous connaître des tendances, à défaut de résultats ?
Bonjour,
Il est difficile de répondre à cette question. Tout dépend du scénario, des écarts et des chambres.
En ce qui concerne la Chambre des représentants, en cas de victoire large de l’un des camps, une forte tendance pourrait se dessiner dans la soirée aux Etats-Unis, entre 23 heures et minuit sur la Côte est (entre 5 heures et 6 heures du matin le mercredi à Paris). Cela avait été le cas en 2018, lors des élections de mi-mandat sous la première présidence de Trump, en faveur des démocrates. Mais si le résultat est très serré, cela pourrait prendre plusieurs jours. En 2022, les résultats avaient été validés huit jours après le scrutin.
L’explication est simple : le scrutin se jouant à quelques voix près dans une poignée de circonscriptions, il faut attendre d’avoir reçu tous les bulletins par correspondance, qui peuvent être envoyés jusqu’au jour du vote. Ils arrivent donc par la poste plusieurs jours après.
En ce qui concerne le Sénat, le raisonnement est le même. Une forte tendance pourrait se dégager dans la soirée aux Etats-Unis, dans les circonscriptions clés. Celles qui sont sur le fuseau horaire de la Côte est (six heures de décalage avec la France) comme la Caroline du Nord, l’Ohio, le Maine, sont attendues en premier. Le Texas, l’Iowa et le Kansas, très surveillés, sont sur le fuseau Central Time (sept heures de décalage), et comme rien n’est jamais simple aux Etats-Unis en la matière, le Michigan est… à cheval sur les deux fuseaux.
Il existe un scénario où tout se joue à un poste de sénateur près. Et dans ce cas-là, tous les regards se tourneront vers… l’Alaska, et ses dix heures de décalage avec la France. Le sort du Sénat serait alors suspendu, car les républicains contestent déjà le résultat : les démocrates sont soupçonnés d’avoir suscité la candidature d’un homonyme du candidat républicain, afin de créer la confusion pour les électeurs.
En résumé, la soirée et la nuit s’annoncent longues aux Etats-Unis, mais le direct du Monde sera là pour vous accompagner, plusieurs jours durant s’il le faut.
Nicolas Chapuis (New York, correspondant)
15:14 Vos questions
« Quels sont les pouvoirs des gouverneurs ? »
Bonjour,
Les gouverneurs sont les chefs de l’exécutif de chacun des 50 Etats américains, élus par leurs habitants pour quatre ans, sauf dans le Vermont et le New Hampshire, où leur mandat dure deux ans. Les règles encadrant leur réélection varient selon les Etats.
Leurs pouvoirs varient selon les constitutions locales, mais ils dirigent l’administration de leur Etat, proposent son budget et peuvent mettre leur veto aux lois adoptées par son parlement. Beaucoup peuvent également rejeter certaines dépenses sans bloquer l’ensemble du budget, contrairement au président américain.
Leur action touche directement la vie quotidienne : éducation, santé, infrastructures, fiscalité ou sécurité. Ils disposent aussi de pouvoirs de nomination et de gestion des crises, mais doivent composer avec leur parlement, les tribunaux et le droit fédéral. Ce sont des responsables politiques autonomes, et non des représentants du président.
Leur influence dépasse parfois leur Etat. Comme nous l’expliquions lors des élections de mi-mandat de 2018, ils peuvent, dans de nombreux Etats, mettre leur veto au redécoupage des circonscriptions électorales, susceptible d’influer sur la composition de la Chambre des représentants à Washington.
Ces compétences expliquent l’importance politique et financière de leurs élections : remporter un poste de gouverneur permet de peser sur des politiques publiques et des budgets considérables. Les campagnes se disputent aussi à l’échelle d’un Etat entier, parfois très peuplé. En 2024, Piotr Smolar signalait que l’élection au poste de gouverneur en Caroline du Nord était l’une des plus coûteuses du pays.
Cette année, ces scrutins constituent également un test politique national. Selon les derniers sondages du New York Times/Siena, les démocrates sont en tête dans cinq des sept courses étudiées et au coude-à-coude avec les républicains au Texas et au Kansas. Ces enquêtes suggèrent que les difficultés de Donald Trump pourraient profiter aux démocrates jusque dans des États qui lui étaient favorables, sans préjuger du résultat. Au Texas, notamment, d’autres sondages donnent encore l’avantage au gouverneur républicain Greg Abbott.
Enfin, le scrutin pourrait marquer une étape dans la représentation politique : selon le magazine Time, qui cite le Centre pour les femmes américaines et la politique de l’université Rutgers, un nombre record de 26 femmes briguent un poste de gouverneur. Des candidates pourraient devenir les premières femmes noires ou amérindiennes à diriger un Etat américain.
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14:44
Donald Trump dit qu’il n’hésiterait pas à accorder une grâce préventive à Elon Musk
« Je le ferai si c’était nécessaire, bien sûr. Je n’hésiterai pas ». C’est ainsi que Donald Trump a répondu, selon Bloomberg, à une question sur le podcast Pod Force One à propos d’éventuelles grâces préventives pour le milliardaire et ses proches, qui pourraient faire l’objet d’enquêtes parlementaires si le Parti démocrate prenait le contrôle du Sénat.
« C’est ce qu’a fait Biden. Il a donné une grâce à tout le monde », a poursuivi le président américain, faisant allusion au pardon présidentiel accordé par l’ancien président américain à son fils, Hunter, poursuivi dans des affaires de détention illégale d’arme à feu et de fraude fiscale. Il avait également accordé des grâces préventives à des élus, fonctionnaires et membres de sa famille.
Donald Trump a ajouté qu’il « protégerait » plus largement Elon Musk, ses proches qui ont participé au très décrié Département pour l’efficacité gouvernementale (DOGE) au début de son mandat, et Space X, que certains démocrates veulent nationaliser.
L’entrepreneur continue de son côté de mettre son argent – plus de 400 millions de dollars dépensés – et ses outils numériques – notamment le réseau social X – au profit des républicains. Dans un post publié vendredi, il a redit qu’une majorité républicaine au Sénat était nécessaire pour empêcher l’avènement d’un « parti-Etat permanent ».
13:39 Les ateliers du « Monde »
Au lendemain des midterms, quel monde après Trump ?
Quel bilan peut-on commencer à tirer de la présidence de Donald Trump, à deux ans de son départ de la Maison Blanche ? Comment imaginer l’après-Trump ? C’est ce que propose la soirée spéciale organisée par Le Monde au Grand Rex le 10 novembre.
L’événement réunira l’analyse de huit journalistes de la rédaction (Raphaëlle Bacqué, Valentine Faure, Alain Frachon, Michel Guerrin, Sylvie Kauffmann, Delphine Papin, Gilles Paris, Nabil Wakim), la danse avec les danseurs du Ballet de l’Opéra Grand Avignon et leur spectacle America, la musique du Groupe N U I T et le dessin de Sergio Aquindo, avec la participation artistique de Thomas Jolly. Plus d’informations et réservations ici. Cet événement sera aussi retransmis dans des cinémas, dont vous pouvez retrouver la liste ici.
Lire aussi :
13:37 Ce que nous lisons
Ce que nous lisons/écoutons en ce moment
Le refus de reconnaître les résultats d’une élection, une tradition américaine. La crainte que Donald Trump ne reconnaisse pas les résultats, comme il l’a déjà fait en 2020, augmente à mesure que les midterms approchent. Le magazine de droite Commonplace replace le concept d’election denier (« déni d’élection ») dans le contexte historique américain.
Comment gagner une élection au Texas ? De la bière et des saucisses gratuites. C’est la technique du candidat républicain Ken Paxton, qui donne tout pour essayer de recoller au démocrate James Talarico. « Confronté à la possibilité d’une rare défaite des républicains au Texas, M. Paxton a pris des mesures inhabituelles pour remplir les salles », écrit The New York Times, qui a suivi ses derniers jours de campagne, entre open bars à Fort Worth et barbecue gratuit à Abilene.
Et le dernier épisode du toujours (après tant d’années) percutant John Oliver.
13:21 Vos questions
Bonjour,
Vous êtes (très) nombreux à nous poser cette question.
Les élections auront lieu mardi, mais il faudra probablement plusieurs jours pour connaître avec certitude la composition des deux chambres du Congrès. Les premières tendances seront disponibles dans la nuit du 3 au 4 novembre, heure française. Si les résultats sont suffisamment nets, on pourrait connaître dès mercredi le parti majoritaire à la Chambre des représentants et au Sénat.
En 2022, il avait fallu quatre jours pour connaître la majorité au Sénat, acquise aux démocrates le 12 novembre, et huit jours pour celle de la Chambre des représentants, remportée par les républicains le 16 novembre.
Cette année, certaines courses serrées pourraient également retarder les résultats, notamment dans le Maine et en Alaska, où le vote préférentiel pourrait aussi prolonger l’attente : si aucun candidat ne dépasse 50 % des voix, plusieurs étapes de redistribution des suffrages peuvent être nécessaires pour départager les candidats.
13:15 Pour approfondir
13:00 Vos questions
Bonjour, Andros,
Vous faites allusion au post de l’ancien journaliste de Fox News devenu commentateur d’extrême droite, à l’influence considérable en ligne. Il écrit notamment que « sous la pression du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, l’administration Trump serait à quelques jours de lancer une frappe nucléaire sur l’Iran. La cible serait Pickaxe Mountain, où les services de renseignement israéliens assurent que le gouvernement iranien a relancé son programme d’enrichissement nucléaire ». Il précise que, étant donné « qu’aucune arme classique de l’arsenal américain ne peut pénétrer » les fortifications, « la seule option militaire serait une frappe nucléaire » et affirme que « Nétanyahou pousse sans relâche en ce sens ».
La Maison Blanche n’a pas commenté ces informations. Donald Trump a effectivement discuté au cours de ce week-end avec le premier ministre israélien, mais il n’a pas dit de quoi. Il a, en revanche, à nouveau menacé l’Iran ce week-end.
S’il s’est éloigné de Donald Trump et des sphères MAGA historiques, Tucker Carlson reste proche du vice-président, J. D. Vance. Et, comme le note sur X Ryan Grimm, journaliste du média de gauche DropSite News, que l’on ne peut soupçonner d’être proche de Carlson, ce dernier « a d’excellentes sources au sein de l’administration Trump et ne doit pas être ignoré ».
12:04 Vos questions
Bonjour, Marco, et merci de nous rejoindre pour la dernière ligne droite !
Les élections de mi-mandat auront lieu mardi 3 novembre, même si le vote par correspondance est ouvert depuis le 4 septembre dans certains Etats qui l’autorisent (plus de 54,7 millions de personnes ont déjà voté, selon l’agence AP et CNN).
Vous pourrez retrouver tous les résultats, ainsi que les analyses de notre rédaction, pendant la nuit de mardi à mercredi sur ce direct.
11:46 Pour approfondir
La gauche, désabusée par les luttes identitaires, se redécouvre un intérêt pour la pensée marxiste
Par Valentine Faure
En novembre 2025, la Chambre des représentants des Etats-Unis votait une résolution dénonçant les « horreurs du socialisme ». Le 1er septembre, une nouvelle résolution condamnait cette fois le « socialisme sous toutes ses formes », en particulier le mouvement Democratic Socialists of America (« socialistes démocrates d’Amérique », DSA), la principale organisation socialiste du pays. Bien qu’ils n’aient pas force de loi, ces textes donnent une idée de l’anxiété qui gagne les républicains – ainsi que certains démocrates – face au retour du « péril socialiste ».
11:24
Que pèsent les nouvelles menaces de Donald Trump formulées contre l’Iran ?
La guerre en Iran, peut-être le principal héritage du début du deuxième mandat de Donald Trump, pourrait peser sur les élections de mi-mandat. C’est le président américain lui-même qui a réitéré ses menaces au cours du week-end, dans les médias et lors d’un meeting dans l’Ohio. Dans un discours décousu dont il a le secret, il a ainsi déclaré dans le Buckeye State :
« La seule raison pour laquelle je n’en ai pas encore fini avec l’Iran, c’est que je veux être gentil… Mais nous allons devoir, à un moment, leur donner un coup de massue. »
Il a dit qu’il restait « un ou deux sites » à traiter, notamment le mont Kolang, surnommé « Pickaxe Mountain », situé à environ 200 kilomètres au sud de Téhéran, près du complexe nucléaire de Natanz. « Nous pouvons faire ça en dix minutes », a-t-il lancé à des journalistes en Floride, assurant pouvoir intervenir « très rapidement ».
Reste à savoir quel est ce « moment ». Depuis la fin du cessez-le-feu d’avril, les tirs de missiles et de drones ont régulièrement lieu, du Golfe à la Jordanie en passant par le détroit d’Ormuz. Selon le média Axios, habituellement bien informé, l’entretien téléphonique, samedi, entre Donald Trump et Benyamin Nétanyahou, qui a perdu sa majorité en Israël, a servi à parler de l’opportunité et du calendrier d’une intensification des opérations militaires. Le premier ministre israélien aurait insisté pour que Washington frappe l’Iran immédiatement après les élections, tandis que M. Trump a émis le souhait de laisser les négociations suivre leur cours.
L’Iran a répondu dimanche qu’une reprise des hostilités pourrait entraîner une guerre « plus longue que la précédente ». « Les restrictions géographiques imposées au conflit » ont été « levées » et « les différentes cibles matérielles et immatérielles de l’ennemi identifiées », a ajouté le porte-parole des gardiens de la révolution, Hossein Mohebi, selon l’agence de presse ISNA.
11:07 Pour approfondir
Dans l’Ohio, une campagne républicaine sous tension et sans retenue
Par Nicolas Chapuis
Donald Trump a une nouvelle obsession, que personne n’avait vue venir : le postérieur de Jon Husted. Le président américain a une nouvelle fois fait longuement l’apologie de la plastique du sénateur républicain de l’Ohio – qui tient à son physique d’ancien footballeur universitaire –, candidat à sa réélection, lors d’un meeting à Chillicothe, une petite ville dans le sud de cet Etat industriel du Midwest, mercredi 28 octobre.
10:10
Psychodrame dans le Michigan : retour sur le lâchage de dernière minute dans le camp démocrate
L’élection sénatoriale dans cet Etat du Midwest était déjà l’une des plus suivie de ce cycle électoral, elle vient de prendre une tournure inattendue à seulement deux jours du vote. Haley Stevens, l’élue démocrate qui a perdu la nomination face Abdul El-Sayed, a lâché son camp et apporté son soutien au républicain Mike Rogers.
Voici l’analyse à chaud de notre correspondant à New York, Nicolas Chapuis :
Ce coup dur pour la campagne démocrate est l’aboutissement de plusieurs mois de tensions. La primaire avait été très virulente entre les deux candidats, particulièrement opposés sur la situation au Moyen-Orient. Abdul El-Sayed, 42 ans, qui deviendrait le premier musulman à siéger au Sénat en cas de victoire mardi, est farouchement propalestinien, quand Haley Stevens, 43 ans, est l’une des plus grandes défenseuses d’Israël dans les rangs démocrates au Congrès. Les différents lobbys en faveur de l’Etat hébreu aux Etats-Unis ont versé près de 40 millions de dollars (35,7 millions d’euros) en faveur de sa candidature – ou pour critiquer celle d’Abdul El-Sayed. En vain.
Pourquoi une telle décision, alors qu’Hayley Steven affirmait encore vendredi au New York Times qu’elle voterait pour lui ? Un élément de réponse pourrait être la campagne particulièrement dure menée par les deux démocrates pendant la primaire.
La représentante a déclaré qu’elle attendait des excuses du candidat pour des déclarations durant la campagne des primaires, ainsi qu’une condamnation d’un spot publicitaire diffusé par l’un de ses groupes de soutien liant l’augmentation du coût de la vie dans le Michigan aux milliards de dollars que les Etats-Unis versent à Israël, « utilisés pour tuer des Palestiniens ». Devant ces conditions jugées inacceptables, les équipes d’Abdul El-Sayed ont demandé à Haley Stevens de rester à l’écart de la campagne. Le candidat s’est donc rendu dimanche à un office religieux dans une autre église noire de Detroit, sans son ancienne adversaire.
Ce psychodrame pourrait avoir des conséquences bien plus profondes sur le futur du Parti démocrate, comme le note le site Semafor. « Si El-Sayed perd, il y aura une bataille entre les démocrates, qui ont dépensé plusieurs millions de dollars pour l’aider, et l’aile gauche du parti, qui dira qu’on ne peut pas faire confiance à l’establishment quand un de leurs candidats remporte une nomination (…) Mais si El-Sayed gagne, son camp dans le parti pourra dire qu’il l’a fait malgré l’opposition des démocrates pro-Israël ».
Le Michigan est un des sièges du Sénat que les démocrates doivent absolument conserver, tout en enregistrant un gain net de quatre autres sièges, pour en prendre le contrôle. Abdul El-Sayed est donné vainqueur par la plupart des sondages, dont celui du New York Times qui lui donne 11 points d’avance.
Lire aussi :
Le contexte
Ce live a également été animé par Luc Vinogradoff ainsi que par Emile Drousie (service Photo).
Le Monde tient un direct consacré aux midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, alors que de nombreux sondages annoncent « une vague bleue » et la reprise en main du Congrès par le Parti démocrate.
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Source: Le Monde · Pierre Bouvier et Gabriel Coutagne (service Photo)
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