Publié le 29/10/2026 09:13

Liste des vidéos similaires

Article rédigé par France 2 - - Édité par l'agence 6Medias

France Télévisions

Invité des "4 Vérités" sur France 2, Manuel Bompard, député LFI des Bouches-du-Rhône, s'est exprimé sur l'hommage national aux victimes de l'attentat terroriste de Trappes annoncé par Emmanuel Macron. Le coordinateur de La France insoumise estime "tout le monde est invité", mais qu'un certain nombre de responsables politiques ont tenu, et continue à tenir, des "propos extrêmement insupportables" à l'égard de la ville et de ses habitants. "Je vise en particulier l'extrême droite", précise-t-il.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Francis Letellier : L'auteur de l'attentat terroriste raciste de Trappes va être présenté aujourd'hui au juge. Emmanuel Macron a annoncé un hommage national prochainement qui sera présidé par Sébastien Lecornu. Si vous y êtes invité, vous y allez ?

Manuel Bompard : Évidemment. Je pense que c'est très important que le pays et la nation tout entière rendent hommage à Pengo Bossio Wangi, aux personnes qui ont été blessées aussi. Vous savez qu'une fillette de 12 ans en particulier a été criblée de balles et je pense que c'est important que ce soit le pays tout entier qui leur rende hommage.

Ça doit être un moment d'union nationale, donc tout le monde est le bienvenu dans ce moment à vos yeux ?

Écoutez, quand on fait un hommage national, tout le monde est invité. Après, chacun regardera devant sa conscience s'il a l'impression que sa place est à cette cérémonie. Je pense qu'un certain nombre de responsables politiques qui ont tenu ces dernières années des propos, et qui continuent d'ailleurs à les tenir depuis ce drame, des propos particulièrement inacceptables, particulièrement insupportables. Je vise en particulier l'extrême droite qui, encore en début de semaine, continuait à avoir des propos, notamment à l'égard de la ville de Trappes, qui étaient des propos extrêmement insupportables.

Pour vous, ils n'ont pas forcément leur place ?

Je vous dis, c'est un hommage national. Tout le monde est invité. Ensuite, chacun regarde devant sa conscience. Mais en tout cas, personnellement, et avec La France insoumise, nous y serons, évidemment. Et j'en profite pour dire mon soutien aux personnes blessées, mes condoléances.

Emmanuel Macron a dénoncé une désinhibition de l'antisémitisme chez certains, une désinhibition du racisme chez les autres. Est-ce que vous êtes d'accord, vous, pour dire que les deux doivent être combattus en même temps ?

Évidemment. Et quand on est un mouvement antiraciste conséquent comme l'est La France insoumise, on lutte contre toutes les formes de racisme, on lutte contre l'antisémitisme, on lutte contre l'islamophobie, on lutte contre la négrophobie. Je mets en garde le président de la République de ne pas opposer l'un à l'autre. Il faut lutter contre les deux, et pas seulement dans les phrases, pas seulement dans les mots, mais aussi dans les politiques qui sont mises en œuvre. Lutter contre les discriminations dans l'accès à l'emploi, dans l'accès au logement, lutter contre la haine en ligne. Voilà tout ce qu'on peut faire et il faut des réponses politiques.

Lundi, il y avait deux rassemblements contre le racisme organisés, l'un à La Courneuve avec Jean-Luc Mélenchon et, pendant le même temps, à Paris autour du premier adjoint socialiste de Paris Emmanuel Grégoire, où il y avait Raphaël Glucksmann aussi. Pourquoi la gauche n'est pas unie dans ces circonstances-là ?

Non mais, Monsieur, il y avait d'autres rassemblements aussi

Je parle de ceux-là parce que c'est quand même l'image de la gauche, alors que d'habitude, la gauche, contre le racisme, elle est unie.

Mais je crois qu'il faut qu'elle le soit, unie. Il y a eu des rassemblements dans un certain nombre de villes. À Paris, un rassemblement a été organisé, à La Courneuve aussi. Hier soir, il y en avait un à Saint-Denis. Il y a un certain nombre de municipalités qui organisent…

Est-ce qu'il y a une différence d'approche ?

Non, je vais vous dire la raison pour laquelle nous, les insoumis, nous sommes plutôt allés à La Courneuve : c'est qu'il faut comprendre que, dans ce moment-là, il y a une partie de la communauté nationale, une partie de nos concitoyens, nos concitoyennes qui ont peur, qui se disent : "Ça peut être moi, la personne suivante qui est visée". Et donc, ça nous a paru important d'être aux côtés des habitants de nos villes populaires qui font partie de ces gens qui ont peur. Et c'est la raison pour laquelle on a répondu à l'appel de Aly Diouara, le maire de La Courneuve, qui organisait ce moment d'hommage.

On va maintenant en venir au mouvement des lycéens. En particulier, le gouvernement a annoncé l'aménagement, dès cette année, de Parcoursup et des mesures : 28 élèves par classe maximum, 15 000 postes dans l'enseignement supérieur. Les lycéens commencent à saluer un premier pas. Est-ce que vous aussi, vous êtes sur la même longueur d'onde ?

J'observe, et il faut les féliciter, les lycéens, que leur mouvement commence à faire bouger le gouvernement. Ça, c'est certain. Un gouvernement qui, depuis des semaines et des semaines, était dans le déni, refusait d'y répondre, là commence à se rendre compte qu'il va falloir apporter des réponses politiques. Maintenant, il faut dire que les réponses qui sont apportées pour l'instant, elles sont très largement insuffisantes. La plateforme de revendications des organisations syndicales lycéennes et étudiantes, c'est 10 milliards d'euros pour pouvoir y répondre. Là, les mesures qui sont annoncées, c'est à peu près 400 millions d'euros. C'est moins de 5 % des revendications.

Pour vous, il n'y a pas matière à reprendre les cours dès lundi ?

Ce n'est pas moi qui le décide, mais de ce que j'ai entendu, les lycéens ont l'intention de poursuivre leur mobilisation et je pense qu'ils ont raison

Retrouvez l'intégralité de cette interview en cliquant sur la vidéo en tête d'article

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Sur le même thème

Shorts

Source: Franceinfo · France 2

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira