Face au risque "très élevé" de débordements, Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, prévoit de mobiliser quelque 70 000 membres des forces de l'ordre.

France Télévisions

Publié le 30/10/2026 05:51

Temps de lecture : 2min

Une foule de manifestants brandissant des pancartes défile à Paris, 24 octobre 2026. (TELMO PINTO / NurPhoto)
Une foule de manifestants brandissant des pancartes défile à Paris, 24 octobre 2026. (TELMO PINTO / NurPhoto)

Combien de manifestants vont se donner rendez-vous le jour d'Halloween ? La mobilisation se poursuit, samedi 31 octobre, pour le troisième week-end de suite après les 17 et 24 octobre, où des centaines de milliers de personnes avaient manifesté dans toute la France. Parmi les causes dénoncées : la vie chère, les moyens insuffisants de l'Education nationale ou encore la gestion policière du mouvement lycéen. Comment s'organise le mouvement ? Comment les autorités se préparent-elles ? Franceinfo fait le point.

Près de 180 manifestations prévues

Dès samedi 24 octobre, les gilets jaunes ont appelé à un "acte 3 pour nos libertés" et ont donné rendez-vous le 31 octobre. Benjamin Ball, porte-parole de la coordination des gilets jaunes, affirme que l'objectif de cette nouvelle journée de mobilisation est la "convergence des luttes", notamment avec la jeunesse. Le mouvement dénombre 179 manifestations organisées partout en France sur son site internet.

L'intersyndicale de la jeunesse, qui rassemble des syndicats étudiants comme L'Union étudiante, La Fage et l'Unef ainsi que l'Union syndicale lycéenne (USL), a également appelé à retourner dans la rue, malgré les promesses du gouvernement de remplacer Parcoursup, de créer des places dans l'enseignement supérieur ou de réduire le nombre d'élèves par classe.

Si des organisations lycéennes se sont félicitées d'annonces allant "dans [leur] sens", elles veulent "continuer la mobilisation", le temps "d'avoir des retours très concrets du terrain", selon Nathanaël Combary, figure du mouvement des blocus de lycées. Plusieurs syndicats appellent aussi à des mobilisations localement, comme la CGT, FSU et Solidaires.

Un risque "très élevé" de violences

Dans un document adressé à tous les préfets Laurent Nuñez alerte sur le risque "très élevé" de violences urbaines, "du début de soirée jusque tard dans la nuit". Le ministre de l'Intérieur évoque aussi dans ce courrier de "nombreux appels" à se rassembler "dans les centres-villes, sur toutes les places publiques, au prétexte de la fête d'Halloween".

Des collectifs appellent notamment à "une nuit des ténèbres", référence à un message attribué à des policiers tentant de se faire passer pour des lycéens. Lors d'une conférence de presse, Laurent Nuñez a fait état "de nombreux appels à faire dégénérer ces rassemblements publics", émanant de "mouvances radicalisées" sur les réseaux sociaux.

"Ces rassemblements seront bien évidemment interdits par les préfets. Ce sont des appels très clair au fait de commettre des violences, des exactions, des débordements."

Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur

en conférence de presse

Le ministre de l'Intérieur affirme que "la réponse qui sera apportée sera de la plus grande fermeté".

Quelque 70 000 policiers et gendarmes mobilisés

Dans sa note aux préfets, le ministre de l'Intérieur appelle les forces de l'ordre à "travailler dans le même esprit que le 24 octobre". Comme le week-end précédent, Laurent Nuñez leur demande aussi d'éviter les cortèges dans les centres-villes.

C'est notamment le cas à Paris, où la préfecture de police a refusé le parcours de l'intersyndicale entre Bastille et Nation et proposé un itinéraire reliant la porte de Bagnolet à la porte de Charenton. "Les préfets sont en train de discuter avec les organisateurs", a précisé Laurent Nuñez devant les journalistes.

En conférence de presse, le ministre a décrit un "dispositif policier extrêmement important" avec "70 000 effectifs" mobilisés. Soit le même nombre de membres des forces de l'ordre que lors du samedi 24 octobre, dont certains étaient chargés de sécuriser le congrès sous haute tension du RN à Orléans.

Comme la semaine dernière, des effectifs du Raid seront par ailleurs déployés "pour protéger les bâtiments publics les plus exposés". Ils pourront être mobilisés en cas de "besoin urgent et impérieux", selon Laurent Nuñez.

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Source: Franceinfo · Lucie Rivière

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