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Le mécanisme financier censé aider les populations autochtones et communautés locales qui protègent la nature, mis sur pied lors de la dernière COP biodiversité en Colombie, n’a été abondé, à date, qu’à hauteur de 10 000 dollars.

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Des membres de communautés autochtones juste après l’adoption du fond Cali, lors de la dernière séance plénière du sommet COP16 à Cali (Colombie), le 1ᵉʳ novembre 2024.

A peine un peu plus de 10 000 dollars (8 900 euros). C’est la somme totale qui a pour le moment été déposée dans le fonds Cali, ce mécanisme censé être abondé par les entreprises des secteurs de la pharmacie, des biotechnologies ou des cosmétiques, générant des bénéfices à partir de l’utilisation des données de séquençage numérique (DSI, en anglais), c’est-à-dire les gènes, séquences de protéines et autres données tirées des plantes et des animaux. Seules cinq petites entreprises britanniques et belge ont accepté de jouer le jeu de ce qui devait permettre de redistribuer ces bénéfices générés à partir de la nature auprès des populations autochtones et communautés locales qui protègent cette même nature.

Un résultant profondément décevant, selon la plupart des observateurs, réunis à Erevan, capitale de l’Arménie, pour la dix-septième Conférence mondiale sur la biodiversité (COP17), qui doit aboutir, d’ici au soir du vendredi 30 octobre, à un accord pour venir au chevet de la biodiversité mondiale qui se dégrade d’année en année malgré les efforts mis en œuvre.

Adopté à Cali en Colombie, lors de la dernière COP, ce fonds était initialement promis à une plus grande ambition et devait récupérer un ou deux milliards de dollars par an. Un objectif impossible sans la participation des grands groupes pharmaceutiques et cosmétiques. « Le Fonds Cali est décevant, il ne peut pas fonctionner en l’état », estime la délégation française présente à Erevan. « Mais il faut impérativement montrer des progrès lors de cette COP pour éviter que les acteurs ne doutent de la démarche », avance une source diplomatique britannique.

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Source: Le Monde · Delphine Roucaute

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