Jordan Bardella s’exprimant dans le cadre du congrès du Rassemblement national consacré sa réélection ce dimanche 25 octobre. Stephanie Lecocq / REUTERS

Pour avoir déployé une banderole fustigeant le racisme et l’antisémitisme au sein du parti, plusieurs étudiants affirment avoir été «frappés, étranglés et menacés, avant d’être évacués» sans ménagement par le service d’ordre du Rassemblement National.

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Pour une banderole dénonçant l’antisémitisme, ils auraient été «frappés», «étranglés» puis évacués de force. C’est en tout cas ce que dénoncent Mes Sacha Ghozlan et Lucas Veil, avocats de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), dans un communiqué transmis au Figaro. Ils y annoncent que l’organisation étudiante va porter plainte des chefs de «violences en réunion et de dénonciation calomnieuse.»

Les faits sont en lien avec le congrès du Rassemblement national - consacré la réélection de Jordan Bardella - qui s’est tenu ce dimanche 25 octobre dernier. Ce même jour, plusieurs militants de l’organisation étudiante avaient déployé dans l’enceinte du congrès une banderole proclamant : «Bardella réélu : le racisme et l’antisémitisme ça ne dérange pas le RN, au contraire !» Une action «strictement pacifique», selon leurs avocats, destinée à «dénoncer» ces dérives au sein du parti - et qui s’inscrit dans la foulée des révélations de Mediapart, qui a attribué fin septembre à Jordan Bardella des écrits antisémites réalisés dans sa jeunesse. Des accusations que le président du RN a démenties, en annonçant avoir porté plainte en diffamation contre le média en ligne. Présents à ce Congrès, deux journalistes de Mediapart ont par ailleurs été pris à partie par des participants comme le montrent plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux.

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Toujours selon leurs conseils, plusieurs étudiants de l’UEJF disent avoir été «frappés», «étranglés», «insultés» et «menacés» par des participants, avant d’être «brutalement exfiltrés » par le Département protection sécurité (DPS), le service d’ordre du RN. «De nombreuses vidéos tournées sur place, notamment par des journalistes, attestent du calme des militants de l’UEJF face à la violence qui s’est déchaînée contre eux», tonnent les deux avocats, qui font état de blessures sérieuses : une «fracture du nez», des «hématomes», des «traces de strangulation» et des «coups portés à la tête et au corps».

Deux responsables placés en garde à vue

Dans le sillage de l’altercation, des membres du service d’ordre auraient accusé deux responsables de l’UEJF présentes sur les lieux d’avoir elles-mêmes commis des violences. Les deux étudiantes auraient ainsi été placées en garde à vue, avant que la mesure ne soit levée quelques heures plus tard, assurent Mes Sacha Ghozlan et Lucas Veil. Ces derniers qualifient ces allégations de «parfaitement mensongères» et entendent engager des poursuites. «Deux responsables de l’UEJF ont été privées de liberté pendant plusieurs heures sur la foi d’accusations mensongères, alors que leurs agresseurs demeurent libres», s’insurgent les deux avocats, qui attendent de la justice une réponse pénale «à la hauteur de la gravité de ces faits».

À l’issue du congrès, Jordan Bardella a dénoncé auprès de la presse «l’ultragauche » venue selon lui «perturber gravement» l’événement et «s’en prendre à des militants pacifiques» et «à des familles». Pour les avocats, les élus du RN «tentent désormais de minimiser ces violences en qualifiant l’UEJF de mouvement d’ultra-gauche». Ils annoncent enfin le dépôt d’une plainte récapitulative entre les mains de la procureure de la République d’Orléans, qui viendra s’ajouter à celles déposées au commissariat de la ville dès le 25 octobre. Il appartient désormais à la justice d’établir les faits.

Source: Le Figaro · Leopold Paitier

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