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Formation aux premiers secours, recours à des experts en externe… A l’heure où les arrêts liés aux risques psychosociaux augmentent, les TPE-PME cherchent aussi des moyens de s’en prémunir, même si elles ont souvent moins de ressources que les grandes structures pour anticiper ces enjeux.

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« Dans un premier temps, nous avons pensé que les collaborateurs partaient car ils perdaient le sens de ce que faisait l’entreprise. » En 2023, Camille Pocholle, directrice des ressources humaines de Novepan, un groupe spécialisé dans la fabrication de pains, dont le siège est à Lille, assiste à une vague sans précédent d’absentéisme et de turnover. « Pour y remédier, nous avons essayé d’expliquer davantage nos décisions, de travailler plus encore sur l’ergonomie. Mais rien n’y a fait », raconte-t-elle.

Les dirigeants font alors appel à l’Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail, qui lui recommande de se joindre à un groupe de PME confrontées aux mêmes enjeux. Ensemble, elles cherchent à identifier les sources du problème en bâtissant un baromètre sur le bien-être au travail, dont les résultats sont affinés grâce à des entretiens menés par une psychologue auprès de salariés.

« Le résultat nous a surpris. Nous ne nous attendions pas au fait qu’il y avait un vrai besoin, chez les salariés, de clarification des rôles de chacun et du périmètre des responsabilités », dévoile Camille Pocholle, en précisant que cette confusion pouvait générer des frustrations. « Pour nous, ce n’était pas un sujet. On considérait qu’un organigramme, une fiche de poste pouvaient suffire. Or, le plus intéressant est que chacun puisse parler de son poste aux autres pour voir comment ensemble on peut interagir. »

38 % des arrêts de travail

A l’heure où les troubles psychiques (stress, anxiété, dépression…) représentent désormais 38 % des arrêts de travail, selon le baromètre Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis, et alors que les entreprises de moins de 50 salariés ont vu leur absentéisme grimper de plus de 40 % entre 2019 et 2025, ces dernières sont souvent moins armées pour anticiper des enjeux qu’elles ignorent parfois.

Faute de temps, de personnel ou de ressources financières, une partie d’entre elles ne réalisent d’ailleurs pas le document unique d’évaluation des risques professionnels, considéré comme une des pierres angulaires de la prévention. « Il n’est pas toujours identifié par les petites entreprises comme un apport de solution, mais plus comme une contrainte administrative, complexe, avec un risque juridique fort », souligne Camy Puech, président fondateur du cabinet de conseil en prévention des risques psychosociaux Qualisocial, en rappelant que ces PME et ces TPE sont dans leur ensemble confrontées à d’importants soucis de rentabilité et font face à un nombre inédit de mises en liquidation judiciaire.

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Source: Le Monde · Marjorie Cessac

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