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Selon le règlement de l’Assemblée, un débat dans l’hémicycle autour d’une pétition peut être organisé passé le cap des 500 000 signataires provenant de 30 départements différents. Mais une commission doit d’abord décider de la classer ou de l’examiner.

Diffusion des programmes de la chaîne CNews, dans un bar du 11ᵉ arrondissement, à Paris, le 18 octobre 2026.

Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale appelant à « supprimer CNews de l’audiovisuel français » a dépassé, lundi 2 novembre, 600 000 signatures, ouvrant la voie à un possible débat sur le sujet dans l’hémicycle.

Lancée en juin par un particulier, cette pétition, qui plafonnait encore la semaine dernière à 100 000 signatures, a décollé après l’attentat raciste de Trappes.

Le texte, qui compare CNews, une chaîne de la galaxie de Vincent Bolloré, à « une machine de propagande » ou à la chaîne américaine Fox News, dépassait 600 000 signatures authentifiées lundi en fin de journée, contre 500 000 plus tôt dans la journée.

La France France Insoumise a salué ce succès, et promis de « démanteler » l’empire médiatique du milliardaire ultraconservateur en cas d’arrivée au pouvoir. « En démocratie, on ne ferme pas les médias », a réagi pour sa part l’un des porte-parole d’Edouard Philippe à la présidentielle, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus.

Selon le règlement de l’Assemblée, un débat dans l’hémicycle autour d’une pétition peut être organisé passé le cap des 500 000 signataires provenant de 30 départements différents. Mais une commission doit d’abord décider de la classer ou de l’examiner. Une pétition contre la loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre avait dépassé ce seuil mais a été classée par les députés membres de la commission des lois en juillet.

« Une machine de propagande »

« Nous ne ferons pas de commentaires », a réagi CNews, sollicitée par l’Agence France-Presse. La chaîne du groupe Canal+ est régulièrement accusée de promouvoir les opinions et les thèmes d’extrême droite, ce qu’elle conteste en assurant défendre la liberté d’expression.

« CNews n’est pas une chaîne d’information. C’est une machine de propagande », est-il écrit en introduction de la pétition. Ces accusations ont pris plus de vigueur après l’attentat raciste de Trappes et de La Verrière, le 23 octobre, dans lequel un Français de 39 ans, Kevin T., a affirmé aux policiers avoir visé « des personnes (…) de type musulman ou africain ou nord-africain », selon le procureur national antiterroriste, Olivier Christen.

Une partie de la gauche, à l’instar du maire de Trappes, Ali Rabeh, a accusé les médias, et en particulier CNews, d’avoir une responsabilité dans cette attaque, en donnant trop de place sur leurs antennes aux discours stigmatisant les immigrés.

CNews avait été mise en demeure en juin par le régulateur de l’audiovisuel de corriger un « déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion », notamment « sur la menace que représenteraient l’immigration et l’islam pour la société ».

La chaîne a été au centre de plusieurs autres controverses en 2026, notamment sur le maintien à l’antenne, finalement abandonné, de Jean-Marc Morandini, malgré des condamnations devenues définitives pour corruption de mineurs et harcèlement sexuel.

Les médias de la galaxie Bolloré (CNews, Europe 1, JDD, JDNews) ont aussi été dans le collimateur du gouvernement pour la place accordée à la chroniqueuse pro-Kremlin Xenia Fedorova. Cette dernière ne se trouve plus en France après avoir été visée par un arrêté d’expulsion des autorités, qui l’accusent d’être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » pour « déstabiliser l’ordre public ».

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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