La Française Gabby Williams a mené sa franchise des Golden State Valkyries à la finale du championnat nord-américain de basket, la WNBA, qui débute ce samedi.

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 17/10/2026 06:00 Mis à jour le 17/10/2026 09:29

Temps de lecture : 5min

Gabby Williams (Golden State Valkyries) contre les Dallas Wings, le 2 octobre 2026 (Thearon W. Henderson / AFP via Getty Images North America)
Gabby Williams (Golden State Valkyries) contre les Dallas Wings, le 2 octobre 2026 (Thearon W. Henderson / AFP via Getty Images North America)

Il n’y a pas que "Wemby" dans la vie, il y a aussi Gabby. Si on vous dit star du basket français, qualifiée cette saison pour la finale du championnat nord-américain, l’image de Victor Wembanyama devrait arriver à l’esprit d’une grande majorité. Il faut désormais y adjoindre celle de Gabby Williams. Si elle ne se démarque pas par un gabarit hors-norme comme son homologue des San Antonio Spurs, l’ailière s’est elle aussi un peu plus imposée comme l'une des figures de la balle orange outre-Atlantique. L’internationale tricolore a mené sa franchise des Golden State Valkyries jusqu’en finale de la WNBA, qui débute samedi 17 octobre (21h30) contre le Dream d’Atlanta.

Le microcosme du basket français ne s’y trompe déjà pas. Gabby Williams a reçu le 2 octobre dernier le trophée Alain-Gilles, récompensant le basketteur ou la basketteuse tricolore de l’année. Et le meilleur restait encore à venir. La joueuse de 30 ans se sublime ces dernières semaines lors des playoffs, les phases finales de la ligue nord-américaine.

"On a toujours su qu’elle avait un potentiel incroyable parce qu’elle avait tout", assure à franceinfo: sport Edwige Lawson-Wade, ancienne internationale française et directrice sportive de Lattes-Montpellier lors du passage de Williams en 2019-2020. "Il ne lui manquait que l’adresse à ses débuts, c’était aussi lié au mental. Maintenant, quand je l’entends parler, elle a énormément progressé sur cet aspect mental. Aujourd’hui, tout ce potentiel est en train d’exploser."

Championne d’Europe des clubs en 2025-2026 avec les Turcs de Fenerbahçe en Euroligue, finaliste de la Coupe du monde avec l’équipe de France… Gabby Williams se révèle en talisman indispensable au succès de ses équipes. "C’est une leader", décrypte pour franceinfo: sport Noé Delaunay, créateur du site spécialisé sur le basket féminin Taille 6. "Elle sait tout faire, et tout bien faire pour elle comme pour les autres. Ce n’est pas la joueuse la plus clinquante. Mais c’est une joueuse qui gagne, et qui transmet aussi des belles choses en dehors du terrain. C’est un personnage assez unique du basket."

Comme l’été dernier, quand Gabby Williams privilégie le média Taille 6 pour annoncer sa future équipe WNBA plutôt que les traditionnels canaux de communication employés par les stars du jeu (médias américains comme ESPN, réseaux sociaux…) "Cela en dit long sur son attachement pour la France, qui est hyper fort et qu’elle revendique" estime Noé Delaunay. "Elle ne veut pas forcément les caméras, mais elle sait bien gérer quand elles sont sur elle." Gabby Williams est parvenue à transcender l’image de la joueuse à la double nationalité française et américaine, arrivée presque sur la pointe des pieds dans le basket tricolore.

"Son parcours n’est pas le même que celui d’autres grands noms : elle a grandi, elle a mûri. Elle n’était pas une grosse star dès ses premières saisons."

Edwige Lawson-Wade, ancienne internationale française

à Franceinfo

La voilà désormais joueuse-clé du potentiel champion WNBA. "Athlète hors normes", d’une "belle élégance sur le terrain, avec un beau QI basket" comme la décrit Edwige Lawson-Wade, Gabby Williams est la figure de proue de Golden State. Arrivée il y a tout juste quelques mois dans la baie, la franchise de San Francisco en est déjà dingue. "Imprimez bien ça : Gabby Williams est la meilleure joueuse du monde", a jubilé Joe Lacob, propriétaire des Valkyries, après la grosse performance de sa joueuse lors du 1er match de la demi-finale contre Las Vegas le 4 octobre dernier. "La meilleure joueuse du monde, personne n’en parle, mais il va falloir commencer à le dire."

Reconnue de longue date pour ses qualités défensives - elle a encore été élue dans le meilleur cinq défensif de la saison WNBA après avoir été meilleure défenseuse de l’Euroligue et de la Coupe du monde en 2026 -, Gabby Williams se montre toute aussi étincelante de l’autre côté du terrain dans les matchs couperets. De 14,4 points à 40,4% de réussite en saison régulière, sa moyenne a bondi à 22,7 points à 44,9 % de réussite en playoffs. Et même dans une soirée difficile comme lors de sa dernière sortie le 9 octobre contre les Las Vegas Aces, elle reste le phare des Valkyries. Limitée à huit points après quarante minutes en manquant deux occasions de plier la rencontre, Gabby Williams a survolé la prolongation avec huit des seize points de sa formation vers la victoire.

"J’en rigolais parce que je n’arrivais pas à croire que j’avais manqué ces deux derniers tirs" avait-elle expliqué après la rencontre au diffuseur NBC / Peacock. "Et je me suis dit, si je souris, je vais redresser les épaules, ma tête va rester haute, et je mettrai le tir suivant. J’aurais pu baisser la tête mais je voulais montrer à mes coéquipières que je n’étais pas inquiète. Et qu’elles ne devaient donc pas l’être non plus."

C’est ça la méthode Gabby Williams, superstar par l’exemple avant de peut-être devenir celui de toute une génération, comme Tony Parker avant elle dans les années 2000. "Je discutais il y a quelques jours avec quelqu’un qui me disait ‘ma fille, maintenant j’ai envie de lui montrer des Gabby Williams, plus forcément des Stephen Curry’" relate Noé Delaunay, en comparaison avec la star des Warriors, l’équipe masculine de Golden State.

"Gabby est en train d’apporter à la France et à ses jeunes basketteuses des rêves, appuie Edwige Lawson-Wade. Elle les inspire. Elle est capable d’être MVP [meilleure joueuse] des finales, il n’y a aucun doute là-dessus. Elle a déjà apporté énormément au basket féminin en France, et elle ne fait que continuer. Si elle réussit de bonnes finales, elle va commencer à être un des visages que va utiliser la WNBA dans les années à venir."

Reste pour cela à vaincre "un autre niveau d’attention, de pression, de regards" comme décrit Edwige Lawson-Wade, une des premières Françaises à avoir vécu une finale WNBA, avec San Antonio en 2008. D’autant que Gabby Williams aura du répondant, avec face à elle Angel Reese, élue défenseuse de l’année, ou Rhyne Howard, également présente dans le meilleur cinq défensif de la saison. Un premier trophée outre-Atlantique appuierait encore "cette volonté d’inspirer les futures générations", dixit Noé Delaunay.

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Source: Franceinfo · Loris Belin

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