Tous les appareils se sont posés en sécurité. On ne connaît pour l'heure ni l'origine ni les motivations de ces fausses alertes.

France Télévisions

Publié le 05/11/2026 16:38 Mis à jour le 05/11/2026 16:39

Temps de lecture : 5min

Un appareil de la compagnie Aer Lingus reliant Dublin à Rome a atterri sur la base militaire d'Evreux-Fauville (Eure), le 5 novembre 2026. (GUILLAUME SALIGOT / AFP)
Un appareil de la compagnie Aer Lingus reliant Dublin à Rome a atterri sur la base militaire d'Evreux-Fauville (Eure), le 5 novembre 2026. (GUILLAUME SALIGOT / AFP)

Des alertes qui n'en finissent plus. Pour la troisième fois de la semaine, des alertes à la bombe ont perturbé le trafic aérien européen, jeudi 5 novembre, touchant cette fois une douzaine d'appareils. Plusieurs vols ont dû être déroutés, notamment au départ de l'Italie et à destination de la Bulgarie ou de la République tchèque. L'un d'entre eux a atterri sur la base militaire d'Evreux-Fauville (Eure), de manière à ce qu'il ne survole pas la région parisienne, a par ailleurs appris France Télévisions auprès de l'armée de l'air et de l'espace. Certains vols ont finalement atteint leur destination. Franceinfo fait le point.

Un vol Dublin-Rome dérouté

Un vol de la compagnie Aer Lingus reliant Dublin (Irlande) à Rome (Italie) a été dérouté jeudi dans la matinée sur la base aérienne d'Evreux-Fauville dans l'Eure, ont annoncé les services du Premier ministre Sébastien Lecornu. A bord de l’appareil, 157 personnes étaient présentes : 151 passagers et six membres d'équipage.

Dans un communiqué, la compagnie irlandaise a assuré que le vol EI402 avait "atterri en toute sécurité" et qu'elle travaillait à acheminer ses clients vers leur destination finale "le plus rapidement possible". "Les passagers sont tous descendus de l'avion, ils ont été contrôlés par les gendarmes", le temps que les services de déminage interviennent, a fait savoir le procureur de la République d'Evreux, Rémi Coutin, qui s'est rendu sur place, en début d'après-midi.

Selon les informations de France Inter, l'un des pilotes a dans un premier temps refusé l'ordre de redirection vers cette base militaire, pour demander à se poser sur un aéroport civil. Ce qui a contraint deux avions de chasse à venir escorter l'appareil pour l'obliger à se poser sur la base normande. "Le pilote n'ayant pas coopéré comme attendu avec les autorités, le Premier ministre a immédiatement ordonné que des avions de chasse interceptent l'appareil et l'escortent", a confirmé Matignon.

Une enquête a été ouverte par le parquet d'Evreux afin de faire la lumière sur le comportement de ce pilote irlandais, susceptible de constituer "une infraction", a fait savoir le procureur de la République d'Evreux. Il "sera entendu en audition libre et je déciderai plus tard d'une éventuelle garde à vue", a précisé Rémi Coutin.

Onze autres vols européens visés

D'autres alertes à la bombe ont perturbé le trafic aérien européen, poussant plusieurs vols à se dérouter dans la journée jeudi. En plus de l'appareil ayant atterri à Evreux, onze autres vols ont été concernés par ces alertes. Tous se sont posés en sécurité, ont confirmé les compagnies concernées.

Parmi ces appareils, trois avions de la compagnie aérienne Ryanair, en provenance de Madrid (Espagne), Copenhague (Danemark) et Londres (Royaume-Uni) et à destination de Sofia (Bulgarie), ont fait l'objet de fausses alertes, a confirmé à l'AFP une porte-parole du ministère bulgare des Transports. Les deux premiers ont tout de même atterri à destination, tandis que le troisième a été dérouté vers l'aéroport de Plovdiv (Bulgarie), à l'est de la capitale. Les trois appareils ont été inspectés et aucun explosif n'a été découvert, selon une porte-parole du ministère de l'Intérieur bulgare.

Un autre vol reliant Helsinki (Finlande) à Rome (Italie) pour la compagnie Finnair a également été visé par une fausse alerte et escorté par des avions de chasse italiens jusqu'à l'aéroport romain de Fiumicino, a confirmé à l'AFP un porte-parole des Aéroports de Rome. "Rien d'anormal n'a été constaté", selon la compagnie, qui précise qu'un autre vol reliant Helsinki à Vienne (Autriche) a aussi fait l'objet d'une fausse alerte. Deux vols Wizz Air au départ de Milan (Italie) et à destination de Bucarest (Roumanie) et Varsovie (Pologne) ont par ailleurs été concernés. Le vol vers Varsovie a atterri à Vienne, d'après un communiqué de la compagnie low-cost.

De fausses alertes dans la semaine

Lundi déjà, un vol de la compagnie Wizz Air reliant l'aéroport de Luton, à Londres, à Sofia avait été dérouté en raison d'une menace à la bombe et contraint de faire un atterrissage d'urgence à Budapest (Hongrie). Mardi, une dizaine de vols commerciaux en Europe avaient aussi été visés. Au moins quatre alertes avaient concerné des vols de la compagnie irlandaise Ryanair. Deux vols à destination de Varsovie, de la compagnie scandinave SAS et de la compagnie polonaise LOT, avaient aussi été ciblés, ainsi qu'un vol Wizz Air reliant Bergame (Italie) à Sofia.

Tous les avions ont été inspectés à l'atterrissage, sans qu'aucun engin suspect ne soit découvert. Le commissaire européen aux transports, Apostolos Tzitzikostas, a affirmé jeudi sur X qu'il était encore "trop tôt" pour dire si toutes ces alertes à la bombe étaient liées entre elles.

My statement on Reported Bomb Threats Affecting European Flights https://t.co/dWcLSVz82b

— Apostolos Tzitzikostas (@tzitzikostas) November 5, 2026

Par ailleurs, les autorités portuaires de l'île de Syros, en Grèce, ont évacué mardi soir par mesure de précaution le paquebot de croisière Crown Iris, qui y faisait escale. Selon les garde-côtes, une personne non identifiée avait contacté le navire en affirmant qu'un engin explosif avait été placé sur la coque. Le paquebot battant pavillon panaméen devait mettre le cap sur Haïfa (Israël) avec 940 passagers et 597 membres d'équipage. Aucun explosif n'a été découvert pour l'instant mais l'enquête se poursuit, selon les autorités grecques.

Une origine et des motivations inconnues

Ces alertes à la bombe, dont on ne connaît pour l'heure ni l'origine ni les motivations, s'inscrivent dans un contexte de recrudescence d'attaques hybrides en Europe parfois liées par les autorités ou les chercheurs à la Russie ou à l'Iran. Jeudi en République tchèque, "c'est l'aéroport de Prague qui a reçu les menaces par courrier électronique", a précisé la porte-parole de l'aéroport, Denisa Hejtmankova, à l'AFP. Elle a ajouté que les e-mails provenaient d'adresses anonymes. Pour le vol qui a atterri à Evreux, l'alerte à la bombe est arrivée via les autorités italiennes jusqu'à Matignon, qui a prévenu le contrôle aérien français, a rapporté une source proche de l'enquête à France Inter.

Lors d'une audition fin octobre devant les députés, un haut responsable français de la sécurité, le secrétaire général à la défense et à la sécurité nationale Nicolas Roche, évoquait "la matérialisation, la massification du volume d'attaques hybrides dans toute leur diversité – sabotage, cyber, drones, espionnage évidemment – que nous voyons se matérialiser en Europe". "Je ne vois aujourd'hui aucune raison pour que ce type d'attaques s'arrête à la frontière de notre pays et ne continue pas, dans les quelques mois qui viennent, de nous toucher", ajoutait-il.

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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