L'organisation du rallye-raid a dévoilé le parcours de l'édition 2027, qui quitte temporairement l'Arabie saoudite dans un contexte de guerre au Moyen-Orient.

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 30/10/2026 16:22 Mis à jour le 30/10/2026 16:24

Temps de lecture : 4min

Le logo du Dakar sur le parcours de l'édition 2026, à Yanbu (Arabie saoudite), le 16 janvier 2026. (GIUSEPPE CACACE / AFP)
Le logo du Dakar sur le parcours de l'édition 2026, à Yanbu (Arabie saoudite), le 16 janvier 2026. (GIUSEPPE CACACE / AFP)

Un Dakar qui s'éloigne temporairement d'Arabie saoudite, son terrain de jeu depuis 2020. L'organisateur du rallye-raid le plus célèbre du monde a officialisé, vendredi 30 octobre, un parcours du Portugal au Maroc pour son édition 2027. Le directeur de l'épreuve, David Castera, a fait le point sur les coulisses de cette délocalisation imposée par les "récents événements dans le Royaume d'Arabie saoudite" (l'intensification des attaques des combattants houthis du Yémen soutenus par l'Iran), et les défis posés par ce parcours tracé en un temps express, composé d'un prologue et de 12 étapes entre Faro et le sud du Maroc.

De quand date la décision d'aller au Maroc et au Portugal ?

David Castera : Elle n'est pas très vieille. Les récents événements en Arabie saoudite ont évidemment précipité l'idée que nous ne pourrions pas y aller. Donc là, je me suis mis tout de suite à travailler. Il y a un gros avantage, c'est que je connais excessivement bien le Maroc, puisque j'ai eu la chance, pendant huit ans, d'être à la tête du rallye du Maroc. Donc je crois que c'est aussi ce qui va permettre de faire que ça puisse fonctionner, parce que la connaissance du Maroc me permet tout de suite de faire des parcours valables. Notre intention, c'était vraiment de pouvoir livrer ce Dakar. Et c'était important pour les concurrents aussi. Donc on se voulait d'être au rendez-vous. Ce ne sera pas un Dakar au rabais. Ça, c'est super important. Ce n'est pas parce qu'on va le faire en deux mois qu'il sera au rabais.

Y avait-il un plan B au cas où, ou la décision s’est-elle faite ces dernières semaines ?

Non, on n'avait pas de plan B. On voulait vraiment aller en Arabie saoudite. Jusqu'à début septembre, il n'y avait pas de doute, c'était encore totalement faisable. Et ça s’est accéléré ensuite, c'est au début du mois de septembre qu'il y a eu une dégradation. Mais jusque-là, on n'avait pas de plan B. Notre seule volonté était d'aller en Arabie saoudite. On a un intérêt extraordinaire et on voulait continuer à aller là-bas.

Pourquoi ce choix du Portugal et du Maroc pour le parcours ?

Je trouvais bien que le Dakar revienne un peu à ses origines, c'est-à-dire repartir d'Europe et aller vers le continent africain. On ne voulait pas que ce soit non plus un gros rallye du Maroc, puisqu'il existe quand même le rallye du Maroc. Et on voulait que ça ait une dimension un peu plus internationale. Donc voilà, c'est pour ça aussi qu'on part du Portugal, plutôt que l'Espagne, parce qu'on a un partenaire fort déjà au Portugal depuis plusieurs années, c'est l'ACP (Automovel club de Portugal), l'organisateur du rallye du WRC, de toutes les manches du championnat du monde que nous faisons depuis trois ans là-bas.

👇 Dakar 2027 official route 🗓️ 9th - 23rd January 2027 🚩 Loulé/Faro - Marrakech 🏁 🗺️ 7,824 km (4,341 km of SS) 🔜 #Dakar2027 https://t.co/gi4Ltw9luv

— DAKAR RALLY (@dakar) October 30, 2026

Concernant le Maroc, je connais, je sais ce qu'ils savent faire. Et puis parce que je sais que les Marocains sont des gens réactifs, qui vont apporter leur soutien. Ils sont très heureux et ils nous ont fait savoir toutes les discussions qu'on a eues depuis une semaine avec eux, d'accueillir ce Dakar. Et surtout, ils vont mettre en face de ça tout leur savoir-faire.

En termes de participants, pensez-vous que cette édition réussira à rassembler autant de monde que ces dernières années ?

Ça sera un peu plus difficile parce qu'il y a eu de l'incertitude autour de la tenue ou non de ce Dakar. On aura un petit peu moins de monde, c'est sûr. On a ouvert les inscriptions, comme d'habitude, depuis le mois de mai. Mais on voyait bien que certains se posaient des questions de savoir s'il la course allait pouvoir aller ou pas en Arabie saoudite.

🚀 Dakar 2027 in Figures Race Director David Castera promises an "uncompromising" Dakar. Here's what it looks like in numbers! ➡️ THREAD 1/3 🔜 #Dakar2027 https://t.co/z8lp411cR8

— DAKAR RALLY (@dakar) October 30, 2026

En moto, on est complet, les motards ne se sont jamais désistés. En voiture, les budgets ne sont pas les mêmes, donc, c'est un peu plus compliqué. Là où on aura le plus de pertes, c'est sûrement sur la catégorie voiture. En camion, ça devrait très peu bouger. Maintenant que l'annonce définitive est faite, on attend les dix jours qui arrivent, on aura les chiffres approximatifs des voitures. Mais voilà, on aura une quarantaine de voitures de moins que ce qu'on avait d'habitude.

Quel défi va représenter ce Dakar pour les concurrents ?

Pour les concurrents, c'est un vrai Dakar. Il y a des spéciales à 500 kilomètres, il y a des spéciales entre 350 et 450. On ne peut pas faire beaucoup non plus. Il faut être un peu moins gourmand qu'en Arabie saoudite. Les terrains sont un peu plus cassants. Donc, j'ai allégé un peu le kilométrage (7 824 km contre 8 000 en 2026), mais j'ai trois spéciales autour de 500 kilomètres. Il y aura des gros, gros morceaux. On a gardé le principe de l'étape marathon-refuge. Ils vont dormir au milieu du désert avec les rations, en bord de mer. On a gardé les pit-stops. On a gardé tout ce qui fait l'histoire du Dakar et sa difficulté. Tous les ingrédients sont là.

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Source: Franceinfo · Maÿlice Lavorel

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