Le candidat Horizons a officiellement balayé dimanche la proposition d'une primaire de la droite initiée par son adversaire Gabriel Attal, espérant s'imposer comme "candidat naturel" au sein du bloc central.

Radio France

Publié le 02/11/2026 08:52

Temps de lecture : 2min

Edouard Philippe le 5 janvier 2024 (LUDOVIC MARIN / AFP)
Edouard Philippe le 5 janvier 2024 (LUDOVIC MARIN / AFP)

Ses soutiens avaient annoncé la couleur, cette fois-ci, la réponse est claire : le candidat Horizons à la présidentielle a dit non à une primaire de la droite sur TF1 dimanche 1er novembre. Source de division et de confusion selon lui, elle vise à rassembler des candidats comme Gabriel Attal "continuateur du macronisme" tacle-t-il ou à d'autres qui tendent la main à l'union des droites, en allusion au maire de Cannes, David Lisnard.

Stéphane Zumsteeg, directeur du département politique et opinion de l'institut de sondage Ipsos-BVA et invité de franceinfo lundi 2 novembre, estime que ce refus "n'est pas une surprise". Selon le sondeur, le "pari" d'Edouard Philippe "est de se dire qu'à la fin, même s'il y a trop de candidats dans cet espace du centre et de la droite, il s'imposera comme le candidat naturel".

"Sa stratégie depuis le début, c'est de se dire que 'pour les électeurs de droite ou LR Gabriel Attal est jugé trop à gauche, Bruno Retailleau, de la même manière, est jugé trop à droite pour les électeurs centristes proches de l'ancienne République en marche de Renaissance'. Et lui [Edouard Philippe est], dans cette position centrale", analyse Stéphane Zumsteeg.

Le sondeur rappelle que l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron au début de son premier quinquennat "est en campagne depuis qu'il a quitté Matignon" et que cet ancien statut a pu lui conférer une stature d'homme d'Etat. Si cette stratégie a permis au candidat Horizons de s'imposer au sein du bloc central dans les sondages depuis le début de la campagne présidentielle, "le fait nouveau c'est finalement que s'il baisse, c'est tout ce socle commun qui baisse, qui subit notamment les conséquences de la crise sociale actuelle", détaille Stéphane Zumsteeg.

Selon le directeur du département politique et opinion de l'institut d'Ipsos-BVA, le pari lancé par l'ancien Premier ministre semble rencontrer quelques difficultés : "Le bloc central est de plus en plus en perdition. On voit bien que le fait d'avoir été Premier ministre d'Emmanuel Macron n'est plus un avantage, analyse Stéphane Zumsteeg. Cela a été à un moment donné, il est resté quatre ans. Aujourd'hui, le fait d'être resté de nombreuses années à côté du président de la République. C'est plus considéré comme un gros désavantage".

Même si selon le sondeur "tout reste possible dans cette campagne, il reste encore de nombreux mois". Avant de préciser qu'a priori, "à la fin, il ne devrait y en rester qu'un. Édouard Philippe ou Gabriel Attal ou éventuellement un autre candidat". Ce refus de s'engager dans une primaire à droite a également été mal reçu au sein des troupes de Gabriel Attal. Un député macroniste a partagé à franceinfo une plaisanterie d'un militant qui estime que l'on "est passé de Edouard Philippe à Edouard qui flippe". Dans l'entourage du candidat LR Bruno Retailleau, le sort de la primaire est lui aussi scellé : "Sans Edouard Philippe "ça n'a aucun sens."

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Source: Franceinfo · franceinfo

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