L'exécutif a dévoilé, lundi, huit mesures pour répondre à la colère des lycéens. Si ces annonces constituent un premier pas pour les jeunes interrogés, elles restent insuffisantes. Ils appellent à poursuivre la mobilisation.

Radio France

Publié le 27/10/2026 11:24 Mis à jour le 27/10/2026 11:36

Temps de lecture : 2min

Edouard Geffray, le ministre de l'Education nationale annonçant les mesures du gouvernement pour calmer la colère lycéenne le 26 octobre 2026. (DIMITAR DILKOFF / AFP)
Edouard Geffray, le ministre de l'Education nationale annonçant les mesures du gouvernement pour calmer la colère lycéenne le 26 octobre 2026. (DIMITAR DILKOFF / AFP)

Parcoursup remplacé, pas plus de 28 élèves en classe de seconde et créations de postes. Après un mois de mobilisation, le gouvernement a présenté lundi 26 octobre quelques mesures pour apaiser la colère lycéenne. Ces annonces sont estimées à "56 milliards d'euros", d'après le ministre l'Education nationale, Edouard Geffray. Les mesures, très attendues, n'ont pas satisfait les organisations lycéennes et étudiantes qui appellent toujours à se mobiliser le 31 octobre et le 5 novembre. Qu'en pensent les principaux concernés ? franceinfo a suivi les annonces avec deux lycéennes de première à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis.

Chez Jihane, le mégaphone qui a servi au blocus est toujours dans un coin du salon. Mais l'heure est à écouter les réponses du ministre avec son amie Nour. Première annonce : de l'argent pour rénover et adapter le bâti aux canicules. C'est un sujet sensible pour ces ados. Leur lycée neuf est une bouilloire thermique. Nour compte juger sur pièce : "Comment il va être réparti, cet argent ?", lance la jeune femme.

"On espère que, pour une fois, ce seront vraiment les lycées les plus défavorisés qui pourront toucher cette somme."

Nour, lycéenne de Seine-Saint-Denis (93)

à franceinfo

À la télévision, Edouard Geffray poursuit : "Les 826 suppressions de postes prévues seront annulées." Un premier bon point pour les amies, cela fait plus de professeurs. C'est "déjà une avancée, jugent-elles. C'était vraiment n'importe quoi de retirer des profs alors qu'on en manque déjà", poursuit Jihane.

Mais pas sûr que ça suffise pour limiter les non-remplacements : l'an dernier, elles n'ont pas eu cours de maths, ni d'espagnol pendant deux mois. "Cette année, on se retrouve à avoir des lacunes et devoir passer une épreuve", regrette-t-elle, avouant rencontrer des "difficultés en maths".

Et enfin, un sujet sensible, le ministre de l'Education nationale affirme "qu'une forte évolution de Parcoursup" aura lieu "dès cette année". Le gouvernement promet des critères de sélection plus clairs. "Une bonne chose quand on vient de Seine-Saint-Denis, dit Jihane. On est forcément discriminées par rapport à l'endroit d'où l'on vient. Donc c'est important qu'il y ait une transparence par rapport à ça." Les lycéennes sont en revanche déçues des 15 000 places créées dans le supérieur, quand les organisations de la jeunesse en voulaient 250 000. "C'est assez dérisoire, de nous proposer aussi peu de places. J'ai presque l'impression de ne pas avoir été écoutée, en fait", regrette Nour. Bilan ?

"Face à toutes nos revendications, c'est déjà une réponse."

Jihane, lycéenne en première en Seine-Saint-Denis (93)

à franceinfo

Pour Nour, "c'est déjà hyper important d'avoir des réponses. Je trouve que ça encourage encore plus à continuer à se mobiliser parce que ce qu'on a reçu, comparé à ce qu'on a demandé, ce n’est vraiment pas assez." Mais pas de blocus à la rentrée, ça devenait déjà compliqué de convaincre les camarades avant les vacances. "Les blocus vont forcément prendre fin à un moment donné, aussi à cause du fait qu'on a le bac pour beaucoup d'entre nous. C'est quand même assez stressant. Je trouve que le fait de bloquer, c'est aussi manquer beaucoup de cours et c'est prendre du retard", reconnaît Nour, qui compte bien continuer à manifester, dès samedi 31 octobre.

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Source: Franceinfo · franceinfo

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