Pour garantir la sécurité de chefs d'État invités à deux évènements, les autorités russes ont annoncé limiter Internet à Moscou pour trois jours, à partir de mardi. La décision touche fortement le quotidien des Moscovites, contraints d'exprimer leur colère avec la plus grande prudence.

Radio France

Publié le 28/10/2026 11:39

Temps de lecture : 1min

Sur la place Rouge à Moscou, le 17 septembre 2026. (IGOR IVANKO / AFP)
Sur la place Rouge à Moscou, le 17 septembre 2026. (IGOR IVANKO / AFP)

Les coupures d'Internet sont de retour à Moscou. Le centre de la capitale est frappé par une restriction d'Internet sur les téléphones portables depuis mardi 27 octobre, jusqu'à jeudi. La raison officielle invoquée par le ministère russe des Communications et des Médias est de garantir la sécurité des dizaines de chefs d'État invités au sommet des pays exportateurs de gaz et au sommet Russie-Afrique.

De quoi rappeler les mauvais souvenirs des coupures d'Internet à répétition en mars. Dans les rues de la capitale, il n'y a pas ou peu d'accès aux réseaux sociaux comme WhatsApp. Il est difficile ou impossible de payer un achat ou de commander un taxi par téléphone. Les restrictions d'Internet imposées mardi par le gouvernement russe au nom de la sécurité ont parfois tourné au casse-tête pour les Moscovites habitués à une société très digitalisée.

Telegram a enregistré 1 400 signalements de panne dans la journée contre un seul en temps normal selon Viedomosti, un journal pro-Kremlin. Les sites autorisés par l'État étaient les seuls accessibles. Mais les passants sont peu nombreux à accepter de témoigner et les rares qui parlent le font à voix basse comme cette jeune femme qui s'est perdue en ville parce qu'elle n'a pas pu télécharger de GPS sur son portable ou encore un trentenaire qui n'a pas pu suivre sa séance de gym sur son application.

Seul un entrepreneur au chômage ose laisser éclater son exaspération : "Globalement, les messageries classiques ne fonctionnent pas. J'espère que ça s'arrêtera le plus vite possible. Mais presque tout le monde comprend que c'est peu probable." "Bien sûr que j'en ai marre", souffle l'entrepreneur et son ras-le-bol ne s'arrête pas là. "Mais quand on examine de plus près l'économie, la politique et tout le reste malheureusement, ça ne fonctionne pas. Vous savez dans certains pays, les gens descendent dans la rue. Malheureusement, en Russie, la situation n'est pas la même."

Ce constat sur l'état de la Russie peut varier d'une région à l'autre, toujours selon cet homme. "Ça dépend des régions, dans celle de Nijni Novgorod, où vit ma mère, il y a des problèmes en permanence, en plus des bombardements et de tout le reste… C'est difficile partout", dénonce-t-il. Cette lassitude s'exprime parfois sur les réseaux sociaux, mais quand ils sont accessibles.

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Source: Franceinfo · franceinfo

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