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Fabrice Luchini lit Victor Hugo sur la scène du Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris. Stéphanie Guertin

Alors qu’il triomphe avec un spectacle sur Hugo et un autre sur Cioran, Fabrice Luchini consacre depuis le 1er novembre une lecture à Charles Baudelaire. Une trinité d’écrivains qui trace en creux le portrait d’un comédien, héraut de la langue française, devenu un patrimoine national.

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Ça ressemble à une conspiration. Une petite salle en contrebas du grand Théâtre de la Porte Saint-Martin, une heure d’automne entre chien et loup, les rares participants qui se reconnaissent discrètement comme membres de la même confrérie. Nous sommes dimanche et il y a quelque chose dans cet empressement des premiers chrétiens qui se rendent aux catacombes. Dehors, la France se déchire, les politiques s’insultent, les médias s’invectivent. Comme une vitrine brisée, un magasin pillé, le pays est en lambeaux. Ici résonnent quelques notes d’un nocturne. Dans l’ombre d’un clair-obscur une silhouette monte lentement vers la scène : « Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches (…) chaque jour dans l’Enfer nous descendons d’un pas ». Baudelaire succède à Chopin et, comme s’il rentrait en son salon, Fabrice Luchini s’assied face à nous.

Un paravent, une table, quelques fauteuils, lumières chaudes : le décor imaginé par Emmanuelle Garassino allie l’élégance et l’intimité. Luchini…

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Source: Le Figaro · Vincent Trémolet de Villers

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