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Mobilisés depuis un mois par le mouvement lycéen, policiers et gendarmes racontent leur fatigue et leur angoisse concernant le niveau de violence constaté le 17 octobre.
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Alors que la fatigue s’accumule, le temps du repos n’est pas encore venu pour les forces de l’ordre. Si le dispositif de sécurité prévu pour les imprévisibles mobilisations du samedi 24 octobre n’a pas encore été présenté par les autorités, la philosophie en a, elle, filtré : tout le monde sur le pont.
« C’est simple, pour ce week-end, on mobilise toutes les CRS [compagnie républicaine de sécurité], toutes les sections des moyens spéciaux et leurs canons à eau, et même les fonctionnaires de centres de formation, énumère Jessy Castane, brigadier-chef de la CRS 44 et délégué UNSA-Police. Personne n’est laissé au repos. » Après un 17 octobre émaillé de violences et de dégradations inédites, qu’un dispositif de sécurité sous-dimensionné n’a que péniblement contenues, les autorités ne devraient prendre aucun risque ce week-end. Mais pour les effectifs, entre fatigue et blessés, l’addition commence à s’alourdir.
Car le 17 octobre a pris place après un mois d’une mobilisation lycéenne qui a inégalement éprouvé les forces de sécurité intérieure à travers le territoire. Si certaines zones sont restées peu concernées par les actions de blocage d’établissements, d’autres ont, au contraire, connu une mobilisation quasi quotidienne depuis la mi-septembre. « Les violences urbaines, on connaît, on est habitué, mais la difficulté cette fois, c’est de tenir dans la durée, concède Stéphane (les fonctionnaires qui ont préféré s’exprimer sous le couvert de l’anonymat sont désignés par un prénom d’emprunt), un commissaire de Seine-Saint-Denis. Ça fait quatre semaines qu’avec les officiers on enchaîne des journées de treize heures, parce qu’il faut être sur le pont avant l’aube pour anticiper les actions. »
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Source: Le Monde · Arthur Carpentier
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